Vainqueur à deux reprises et tenant du titre, Bert Longin connaît les secrets des 24 Heures de Zolder qui s'élanceront ce samedi à 17 h 30. Il endosse sans sourciller le rôle de favori d'une édition 2004 qui s'annonce très fatigante.
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Vainqueur à deux reprises et tenant du titre, Bert Longin connaît les secrets des 24 Heures de Zolder qui s'élanceront ce samedi à 17 h 30. Il endosse sans sourciller le rôle de favori d'une édition 2004 qui s'annonce très fatigante. Bert Longin : C'est effectivement une course éprouvante au plan physique. D'abord, il fait souvent chaud et les habitacles sont transformés en fournaise, plus de 60 degrés. Et puis le tracé limbourgeois impose une succession de gros freinages, il ne laisse aucun répit. Rien à voir avec Spa-Francorchamps où, si les vitesses sont plus élevées, les lignes droites permettent de récupérer. C'est le moins qu'on puisse dire : une cinquantaine de concurrents concentrés sur quatre kilomètres, ça fait du monde. Et comme dans toutes les épreuves d'endurance, la différence de vitesse entre les voitures et le manque d'expérience de certains concurrents ajoutent encore à la difficulté. Durant la nuit surtout, la prudence s'impose dans les dépassements. Les pilotes participant aux 24 Heures pour la première fois roulent sur la défensive sans trop savoir si les phares qu'ils voient dans le rétro sont ceux d'une Chrysler Viper ou d'une berline tournant à un rythme moins soutenu. Bref, comme dans la circulation au quotidien, il importe de toujours prévoir les réactions des autres... Les freins sont soumis à rude épreuve, de même que les transmissions en raison des nombreux changements de vitesses. Mais ce sont surtout les suspensions qui prennent des coups contre les bordures. Pour avoir des chances de vaincre, il est essentiel de piloter proprement en évitant d'escalader les vibreurs délimitant les virages. L'an dernier, j'ai failli perdre la victoire à moins d'une heure de l'arrivée, quand un roulement a rendu l'âme. Et deux ans plus tôt, c'est un cardan cassé en fin de parcours qui a tout remis en question, me forçant à hausser le rythme pour reprendre le commandement. Pourtant, tous les membres de l'équipage avaient bien joué le jeu mais il n'est pas toujours possible d'éviter de monter sur les bordures tant il y a du monde à dépasser... La recette est celle de toutes les épreuves de longue haleine : attaquer mais pas trop, se montrer très prudent dans les man£uvres avec les autres concurrents afin d'éviter les accrochages, ne pas trop solliciter la mécanique sans pour autant traîner en chemin, aller vite lors des rares moments où le chemin est libre. On ne peut pas dire que la chance ait été mon alliée cette année à Spa, mais soit, je peux quand même établir un parallèle... La piste ardennaise offre de nombreuses possibilités de dépassements ; le trafic y est moins dense avec 40 voitures réparties en sept kilomètres contre une grosse cinquantaine concentrée sur quatre bornes. Globalement, le niveau général de pilotage est également plus élevé à Spa. Absolument pas, pour une raison très simple : la bagarre dans le groupe de tête du Belcar est intense et le rythme soutenu. Je rappelle que lors des essais de la course disputée au Nürburgring, la Chrysler Viper du team GLPK menée par Anthony Kumpen a tourné plus vite que la meilleure Saleen engagée le même week-end dans les 1000 km comptant pour les Le Mans Endurance Séries. Cette performance situe le niveau du Belcar. Et je m'en félicite. J'ai l'habitude de dire que je suis son grand frère, en sport automobile du moins. J'ai 38 ans, il en a 13 de moins mais le courant passe impeccablement entre nous. Nous allons souvent en vacances ensemble, nous faisons du sport, nous restons toujours en contact. C'est à mon avis indispensable pour créer ce véritable esprit d'équipe qui fait la force du team GLPK, tout le monde s'y sent comme en famille. C'est très pro mais moins familial. Les Français apprécient les briefings, les échanges de vue entre pilotes et ingénieurs. Il faut dire aussi que les enjeux sont plus grands. Absolument pas ! Karl est parfaitement intégré à l'équipe, il y joue son rôle sans chercher à se mettre en vedette. Je m'entends super bien avec lui, à tel point que je travaille sur un projet auquel il serait associé pour 2005. Ce serait toujours en FIA-GT car mon sponsor principal veut participer à un championnat d'envergure mondiale, et avec le team JMB. Sur quelle auto ? Une Ferrari ou autre chose. Ce n'est pas moi qui le dis... Je suis toujours sidéré par ce constat car il signifie que des gens dont c'est le métier, qui vivent de la compétition, estiment qu'un gars qui dirige une société de nettoyage industriel adopte une approche plus efficace que la leur. J'ai débuté en sport auto à l'âge de 29 ans mais d'emblée, je me suis donné les moyens de réussir en m'entourant de véritables spécialistes. J'ai recours au service d'un manager, Evert Maeschalk, qui travaille pour la société SEM à laquelle plus de 120 sportifs de haut niveau font appel. Je m'astreins aussi à une préparation physique spécifique établie par un spécialiste qui m'établit un plan de travail très précis û vélo, fitness, jogging û et je passe régulièrement des tests médicaux au sein d'une cellule spécialisée de la KUL. Mais bien entendu ! C'est à ce prix que je peux tenir ma place au volant d'une Ferrari 575 ou d'une Chrysler Viper. J'essaie d'ailleurs d'inculquer la même méthode de travail au jeune Nico Verdonck qui dispute le championnat international de Formule 3000. Mes conseils commencent à porter leurs fruits puisqu'il a marqué ses premiers points à Hockenheim. C'est clair. Le team connaît cette course sur le bout des doigts et prépare l'auto dans les moindres détails, sans rechigner à la dépense pour ne pas louper ce qui demeure le rendez-vous majeur de sa saison. Rayon pilotes, je suis partant certain, de même que mon pote Anthony Kumpen. Pour nous épauler, nous songeons au Hollandais Mike Hezemans, voire au Portugais Pedro Lamy. Mais la concurrence sera affûtée, je pense à l'autre Viper du Finlandais Pertti Kuismanen, à la Chevrolet Corvette menée par Marc Goossens et aux nombreuses Porsche toujours redoutables dans les efforts de longue haleine. Eric FaureL'explication : UNE PRéPARATION TOTALE d'une finesse absolue