"Il ne sert à rien de se plaindre mais j'espérais un autre groupe que celui-ci. Nous affronterons l'Argentine et l'Angleterre, deux favorites à la victoire finale.
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"Il ne sert à rien de se plaindre mais j'espérais un autre groupe que celui-ci. Nous affronterons l'Argentine et l'Angleterre, deux favorites à la victoire finale.L'Argentine est sans doute l'équipe la plus susceptible d'empêcher la France de reconduire son titre. Je crois beaucoup dans les chances des Français. Ils ont tellement d'expérience qu'ils ont l'art de gagner même les matches dans lesquels ils sont en dessous de leur niveau. C'est un atout important dans une épreuve comme le Mondial.Mais bon, il y a l'Argentine, sans aucun doute une des meilleures nations du tournoi, avec son mélange de flair sud-américain et de discipline et de rage de vaincre européennes. Nous ne l'avons rencontrée qu'une seule fois en Coupe du Monde. C'était en 1934 et nous l'avions battue 3-2. Je signerais à deux mains pour ce résultat, comme vous le comprendrez.Puis, il y a l'Angleterre. Ce match est un peu spécial puisque mon compatriote Sven Goran Eriksson en est le sélectionneur. Eriksson connaît le football suédois et les joueurs suédois mais l'inverse est vrai aussi. Il y a tellement de footballeurs suédois en Angleterre que le football britannique n'a plus de secrets pour nous. Il ne faut pas non plus exagérer l'importance de l'ambiance. L'Angleterre et la Suède ont disputé un match amical, l'automne dernier, et ce match ressemblait à n'importe quelle autre joute internationale. Et comme si l'Argentine et l'Angleterre ne suffisaient pas, voilà qu'on nous ajoute le Nigeria. Il a montré ce qu'il valait lors de l'édition précédente. Il possède un potentiel suffisant pour devenir la révélation du Mondial, bien qu'il vaille mieux être prudent dans ce genre de pronostics. De toute façon, le premier match donne généralement le ton du tournoi. On en saura plus après la première journée. Qui se serait attendu à ce que la Croatie termine troisième il y a quatre ans? Ou que la Suède prenne la médaille de bronze en 1994?Henrik Larsson est notre joueur le plus important. C'est un des meilleurs buteurs d'Europe : il est donc décisif pour la Suède. Mais ce qui compte, c'est l'équipe et la manière dont elle fonctionne. Je ne veux pas accabler Larsson en plaçant la barre trop haut. S'il joue ses matches et que le reste de l'équipe évolue à son niveau, je serai plus que satisfait. Tous les joueurs sont importants. Si nous voulons passer cet horrible premier tour, nos joueurs devront évoluer à leur meilleur niveau. D'ailleurs, le football suédois s'appuie traditionnellement sur le travail de l'équipe et pas sur quelques individualités. Ce que les journalistes et les supporters suédois peuvent espérer? Honnêtement, je n'en sais rien. En 1994, le pays a été dévoré par une poussée de fièvre, mais cette édition-ci ne semble pas soulever l'enthousiasme des Suédois. Ça peut vite changer, évidemment. Quelques bons résultats, et qui sait ce qui se produirait? Mais pour l'instant, nous ne subissons vraiment aucune pression".