"J'offenserais mes joueurs en prétendant que nous ne sommes pas les favoris de notre groupe mais notre réputation ne suffit pas à nous qualifier. Lors de l'édition précédente, nous avons concédé un nul blanc face au Paraguay, ce qui nous a éliminés. Et à l'EURO 2000, la Slovénie nous a fait souffrir.
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"J'offenserais mes joueurs en prétendant que nous ne sommes pas les favoris de notre groupe mais notre réputation ne suffit pas à nous qualifier. Lors de l'édition précédente, nous avons concédé un nul blanc face au Paraguay, ce qui nous a éliminés. Et à l'EURO 2000, la Slovénie nous a fait souffrir.Le championnat espagnol a la cote. Ce n'est pas nécessairement une bonne chose pour l'équipe nationale. Nos clubs importent trop de vedettes étrangères. Des garçons comme Rivaldo, Zidane, Figo et Roberto Carlos sont coutumiers des terrains espagnols mais ils sont maintenant dans l'autre camp. La force incroyable des clubs ibériques a un autre effet pervers: aux yeux de beaucoup de joueurs, l'équipe nationale n'a plus beaucoup d'importance. En Argentine et en France, par exemple, l'équipe nationale représente quelque chose. En Espagne, personne n'y prête la moindre attention. Jusqu'à ce que le Mondial débute. Là, tout le monde s'attend à ce que nous gagnions. Le Deportivo et le Real Madrid alignent davantage d'Espagnols qu'avant. C'est une tendance positive, qui a aussi des effets négatifs. En 2000, la moitié de mon noyau venait de disputer la finale de la Ligue des Champions, qui opposait le Real à Valence. J'ai été confronté d'emblée à un problème: ramener les joueurs du Real les pieds sur terre, après leur triomphe. Et d'un autre côté, j'ai dû remonter le moral des joueurs de Valence, qui avaient perdu cette finale. En conséquence de quoi, nous avons perdu notre premier match, face à la Norvège. Et puis, comment préparer en 20 jours un joueur qui a disputé 60 matches en un an et qui doit encore affronter un EURO ou un Mondial?Evidemment, je pourrais aligner davantage de jeunes. Ceux-ci ont davantage de forces en réserve. Dans le passé, j'ai prouvé à suffisance que je n'hésite jamais à offrir sa chance à un jeune. Quand il s'agit d'une sélection, j'ai une devise: indépendamment de leur âge, ce sont les joueurs qui se sélectionnent. Je ne fais que coucher leur nom sur ma liste. L'entraîneur doit évidemment veiller à avoir une équipe équilibrée. Je dispose de fort peu de temps pour travailler l'aspect tactique. Donc, je dois encadrer les jeunes par des éléments plus chevronnés, qui peuvent leur offrir des points de référence.Selon moi, la France et l'Argentine sont les principales candidates, suivies de près par le Brésil, l'Allemagne et l'Italie. Ces équipes semblent traverser une crise ces temps-ci, elles connaissent des problèmes de forme mais elles vont terminer là où elles en ont l'habitude: parmi les meilleures.Il faut une sacrée dose de chance pour remporter une Coupe du Monde. La France a eu beaucoup de bol durant l'EURO quand elle nous a battus et il lui a fallu un penalty tardif pour évincer le Portugal et affronter l'Italie en finale. Elle a été sacrée championne du monde après avoir eu recours aux tirs au but, en quarts de finale, pour se défaire de l'Italie".