"Affûter en deux mois une équipe en proie au doute n'est pas une sinécure. Nous avons dû recommencer à zéro. Cette préparation catastrophique recèle quand même un avantage. On attend tellement peu de la Tunisie que nous ne pouvons plus décevoir personne. Tout ce que nous obtiendrons de mieux qu'une élimination au premier tour après trois défaites, sera considéré comme un petit miracle.
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"Affûter en deux mois une équipe en proie au doute n'est pas une sinécure. Nous avons dû recommencer à zéro. Cette préparation catastrophique recèle quand même un avantage. On attend tellement peu de la Tunisie que nous ne pouvons plus décevoir personne. Tout ce que nous obtiendrons de mieux qu'une élimination au premier tour après trois défaites, sera considéré comme un petit miracle.J'espère que cette position nous permettra de jouer sans crispation. Cette équipe n'a certainement pas perdu ses qualités, pas plus qu'elle ne s'est qualifiée par hasard. Un certain nombre de joueurs évoluent dans des clubs européens. Si Khaled Trabelsi est digne de l'Ajax, ça veut dire quelque chose, non? Et on connaît les qualités de Zubeir Beya: à Besiktas, on le porte aux nues. Evidemment, disputer deux grands tournois en une seule saison est lourd. Si on rate le premier tournoi, on risque d'être démoralisé à l'entame du second. Or, la CAN a été une catastrophe : pas un seul but en trois matches. Mais j'ai insisté sur ce point auprès des joueurs: au Mali, ils n'ont perdu qu'un seul de leurs trois matches, 1-0 contre l'Egypte. Les autres matches se sont achevés sur des nuls blancs. D'accord, on peut considérer que c'est insuffisant contre la Zambie, mais faire 0-0 contre le Sénégal, ce n'est pas un scandale.Nous étions privés de plusieurs joueurs. A ce moment, Ali Zitouni était en rééducation, suite à une blessure au genou. Nous le récupérons et il doit apporter un plus à l'équipe. Nous retrouvons aussi Zied Jaziri, que je compare volontiers à Marc Overmars: il est vif sur son flanc. Ajoutez-y Adel Sellimi, qui avait été suspendu par la fédération pour avoir refusé de participer à un match amical mais qui a retrouvé les grâces des dirigeants, et nous pouvons résoudre notre problème offensif. On parle en fait d'une tout autre équipe et d'une attaque complètement remaniée. En revanche, le forfait de dernière minute de notre gardien et capitaine, Chokri El Ouaer, blessé, est un coup dur. Depuis que j'ai repris la sélection, fin mars, j'ai tâché de rendre confiance aux joueurs tout en les préparant physiquement. Ils sont prêts pour le tournoi et l'esprit de groupe s'est amélioré. L'équipe a de nouveau le moral.Lors du tirage au sort, mon prédécesseur, Henri Michel, s'était montré très optimiste. La Russie, le Japon et la Belgique ne sont pas plus forts que la Tunisie, avait-il déclaré, avant de se raviser et de nous considérer comme un nain par rapport à ces trois nations. Je ne veux pas croire ce qu'il dit. Je pense que sa première déclaration était plus proche de la vérité. Il arrive qu'une équipe qui n'a connu que des tourments pendant sa préparation éclate durant le tournoi, trouve son élan. Peut-être sera-ce le cas de la Tunisie".