Lorsque Bree s'est séparé de Paul Vervaeck, le mois passé, les dirigeants limbourgeois ont décidé de prendre leur temps pour désigner leur nouveau coach. Pour l'instant, ils n'ont aucune raison de se précipiter, puisque le Néerlandais Johan Rooijakkers, l'ancien joueur du club qui a repris les rênes de l'équipe, s'en tire plutôt bien. Particularité : il n'a que 23 ans !
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Lorsque Bree s'est séparé de Paul Vervaeck, le mois passé, les dirigeants limbourgeois ont décidé de prendre leur temps pour désigner leur nouveau coach. Pour l'instant, ils n'ont aucune raison de se précipiter, puisque le Néerlandais Johan Rooijakkers, l'ancien joueur du club qui a repris les rênes de l'équipe, s'en tire plutôt bien. Particularité : il n'a que 23 ans ! JohanRooijakkers : J'avais l'intention d'encore apprendre quelques années en qualité d'assistant-coach. L'occasion de monter en grade s'est présentée, grâce à un concours de circonstances, mais ce n'était pas du tout programmé. Oui. Je n'étais pas assez bon pour jouer comme meneur car mon maniement de ballon était loin d'être parfait. Pour jouer à l'aile, j'étais trop petit. Mais j'avais l'avantage de retenir très facilement les systèmes et à l'entraînement, lorsqu'on répétait les phases, je pouvais parfaitement prendre la place de n'importe qui. Que ce soit celle de Melvin Watson comme distributeur ou d'Yves Dupont comme pivot. Je suis arrivé en tant que Junior. Je suis néerlandais et j'habitais à 50 kilomètres de Bree. A l'époque, je jouais à Eindhoven, et je pouvais être transféré à Breda, mais pour moi, c'était... plus loin que le Limbourg belge. Je suis venu m'entraîner avec les Juniors de Bree et on m'a autorisé à rester. Après deux saisons, j'ai été repris comme onzième homme de l'équipe Première. Parfois, lorsqu'il y avait un blessé, je devenais dixième homme. Cette saison-là, Bree a terminé 3e : un grand souvenir. Lors du lever de rideau de la Supercoupe, à Knokke contre Anvers, j'ai inscrit six points. C'est mon record de carrière ! ( ilrit) En match officiel, j'ai aussi inscrit deux points contre Charleroi : un autre grand moment ! Je n'étais pas assez bon pour faire carrière en D1. La saison dernière, je suis redevenu onzième homme, et au début de ce championat-ci, j'ai été promu assistant-coach de Paul Vervaeck. Il m'a avoué que, comme joueur, il ne pourrait rien tirer de moi, mais qu'en tant que coach, j'avais peut-être des dispositions.... Non. Aussi longtemps que l'on m'autorisait à m'entraîner avec l'équipe Première, et donc à apprendre au contact d'un coach expérimenté, j'étais très content. Tactiquement, Vervaeck est très fort. Sa préparation d'un match était toujours très minutieuse. Après les entraînements, il me parlait souvent de sa période malinoise, ou des clinics qu'il avait suivis en Italie. J'ai aussi côtoyé Eddy Casteels lors des camps de basket organisés par Lucien Van Kersschaever. J'y ai participé trois fois comme entraîneur, déjà. J'ai d'ailleurs déjà organisé mes propres stages à Bree. Casteels m'a impressionné par sa méticulosité et son souci du détail. Ce n'est peut-être pas un hasard si Vervaeck et lui sont deux anciens assistants de Van Kersschaever à Malines. Ils ont des principes différents mais ils ont été formés à la même école. J'apprécie aussi beaucoup Yves Defraigne, particulièrement pour ses structures offensives. J'ai eu l'occasion d'analyser tout cela car, jusqu'ici, j'étais aussi chargé de visionner les futurs adversaires de Bree. Je décortiquais les systèmes de jeu à l'aide de la vidéo. Aux Pays-Bas, lors de camps d'été pour jeunes, je me suis souvent entraîné sous la direction de Ton Boot, un adepte de la défense, et j'en ai aussi retenu beaucoup de points utiles. On le ressentait. Lui-même, le reconnaît. Au début, le courant passait encore bien, mais lorsque les défaites sont arrivées, c'est devenu difficile. Son message ne passait plus. J'ai surtout essayé de modifier l'attitude des joueurs et de placer davantage l'accent sur la défense. Désormais, nous essayons de limiter chaque adversaire à moins de 80 points. Chacun exerce une pression sur le porteur du ballon et ce n'était pas le cas précédemment. L'état d'esprit s'est aussi modifié. Il y a plus d'enthousiasme. J'ai également instauré un décrassage le dimanche matin. C'est l'occasion pour les joueurs de se retrouver entre eux en pratiquant d'autres activités que le basket. On a fait du mountainbike û aussi parce que c'était meilleur que la course à pied pour certains joueurs ayant des problèmes de genoux û ou un sauna. Par les résultats. Lorsqu'on a gagné le premier match à Anvers, j'ai déjà senti un déclic chez certains : - Ah ? Aveclui, celamarche ! Lorsque, ensuite, on a battu Charleroi, ils se sont encore davantage pris au jeu. Puis, on a encore battu Pepinster. Cela m'a fait une drôle d'impression, de me retrouver sur le banc opposé à celui de Savo Vucevic ou Niksa Bavcevic, et de battre ces coaches réputés. La belle série s'est arrêtée à Wevelgem, voici dix jours, là où on s'y attendait peut-être le moins. Alton Mason a encore joué ce match-là, mais il avait la tête ailleurs. Je ne peux pas lui en vouloir : il venait d'apprendre que son frère avait été abattu aux Etats-Unis alors qu'il n'avait que 31 ans. Il est rentré au pays pour assister à son enterrement, vendredi passé. Les playoffs sont quasiment inaccessibles, à moins d'un miracle, et on n'est plus concerné par la descente, à moins d'une catastrophe. L'accession au Final Four de la Coupe de Belgique permettra de sauver la fin de saison et d'avoir encore un objectif pour motiver les troupes. Contre Ostende, en demi-finales, on ne partira pas favori mais j'espère que l'on fera meilleure figure que l'an passé, lorsqu'on avait été battu de façon pénible par Gilly. Daniel Devos