Tous les conseillers matrimoniaux disent qu'il y a deux critères essentiels pour qu'un couple fonctionne en harmonie : un passé similaire et des objectifs communs. Les conditions sont donc réunies pour que le binôme Shaq- LeBron tienne la route. Les deux hommes ont tous deux connu une enfance difficile, avec un père très tôt absent, une jeune mère adolescente peinant à joindre les deux bouts, un physique exceptionnel, des talents sportifs au-dessus de la moyenne qui leur ont permis de se distinguer de la masse, une personnalité sympathique et un sens inné du spectacle. Et surtout une ambition identique : la gagne !
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Tous les conseillers matrimoniaux disent qu'il y a deux critères essentiels pour qu'un couple fonctionne en harmonie : un passé similaire et des objectifs communs. Les conditions sont donc réunies pour que le binôme Shaq- LeBron tienne la route. Les deux hommes ont tous deux connu une enfance difficile, avec un père très tôt absent, une jeune mère adolescente peinant à joindre les deux bouts, un physique exceptionnel, des talents sportifs au-dessus de la moyenne qui leur ont permis de se distinguer de la masse, une personnalité sympathique et un sens inné du spectacle. Et surtout une ambition identique : la gagne ! Shaquille O'Neal (37 ans) a connu à quatre reprises le bonheur de la consécration suprême avec Los Angeles (3) et Miami (1). Depuis ses débuts chez les grands en 2003, à l'âge de 18 ans, LeBronJames court désespérément derrière un titre. Big Daddy aidera-t-il The Kid à réaliser son rêve et à offrir à Cleveland le premier sacre national depuis...1948, année où, en football américain, les Browns avaient vécu la saison parfaite : 15 victoires et 0 défaite ? Pour Cleveland, It's now or never, comme le chante le King en personne, Elvis Presley. C'est maintenant ou jamais aussi pour l'autre roi incontesté de la ville, LeBron James qui y preste sa dernière saison avant de rejoindre plus que probablement les New York Knicks qui l'attendent comme le messie. Après six saisons passées sur les bords du Lac Erié, le temps est venu d'enfin conquérir le titre national. Ses patrons en tout cas n'ont pas hésité à utiliser les grands moyens pour atteindre cet objectif en transférant de très bons joueurs dont surtout Anthony Parker (en provenance de Toronto), Jamario Moon (Miami), Leon Powe (Boston) et bien entendu O'Neal (Phoenix). La pression est donc immense pour les Cavaliers et principalement pour leur jeune coach Mike Brown (39 ans), élu entraîneur de l'année au terme du dernier championnat. Un honneur qui ne porte pas vraiment bonheur. Un seul des quatre récipiendaires qui l'ont précédé, Byron Scott, dirige toujours un club. Des dix derniers COYs ( Coaches of the Year), seul Gregg Popovich est toujours employé dans le club (San Antonio) qu'il dirigeait au moment de leur désignation au faîte de la corporation. Brown prétend que la pression n'est pas plus grande qu'avant. Personne ne le croit. Accusé de se plier aux quatre volontés de James, le leader naturel de l'équipe... (qui la fait et la dirige disent les mauvaises langues), le voici affublé d'un autre caractère fort en la personne d'O'Neal, connu pour son franc-parler et ses critiques envers ses coaches. Il a fustigé Del Haris, Stan Van Gundy, Pat Riley et a même osé s'attaquer au plus honorés de tous Phil Jackson (10 titres NBA), En cas de contre-performances, Brown résistera-t-il au rouleau compresseur venu d'Arizona ? Parviendra-t-il à garder la tête froide ? Mieux encore, à la sauver ? Morbide, l'intéressé se veut aussi zen : " Une seule chose est absolument certaine en ce bas monde : la mort ! " Comme on pouvait s'y attendre, l'arrivée du Shaq à Cleveland y a provoqué un véritable raz-de-marée. La boutique du club rapporte une augmentation de 350 % des ventes des maillots par rapport à la saison dernière avec une nette prédominance de ceux frappés du 23 (James) et du 33 (O'Neal). 94 % des détenteurs de l'abonnement 2008-2009 ont renouvelé leur sésame. On enregistre trois fois plus d'abonnés (11.385) que l'an dernier. Des chiffres qui permettent de conclure sans risque d'erreur que les 41 matches à domicile de la saison régulière dans la Quicken Loans Arena se dérouleront à bureaux fermés, devant 20.000 spectateurs. Le basketteur le plus médiatisé des USA, voire du monde, a rejoint celui qui le sera à coup sûr pour les dix prochaines années. Même si leur union ne dure qu'une seule saison, on devine déjà qu'elle sera absolument exceptionnelle au niveau populaire. Tant sur le terrain qu'en dehors, les deux font la paire. Avec un avantage pour Shaquille Rashaun O'Neal. Le Petit guerrier, comme le précisent ironiquement ses deux prénoms officiels, multiplie les genres avec égal bonheur. Inaugurée en 94 déjà avec Blue Chips aux côtés de Nick Nolte, sa filmographie riche de 11 longs métrages s'est régulièrement enrichie de films divertissants populaires auprès des jeunes : Kazaam (96), Steel (97), The Kid and I (2005), The House Bunny (2008)... Ils lui ont conféré une image terriblement cool. Parallèlement à sa deuxième carrière d'acteur, il s'est essayé, avec bonheur, à celle de chanteur. Un de ses quatre albums Shaq Diesel (1994) s'est couvert de platine. On ne compte plus ses apparitions dans les shows télévisés : Saturday Night Live, Motorcycle Mania (Discovery Channel). Les concepteurs de jeux vidéo en raffolent, tout comme les réalisateurs de spots publicitaires. Shaq - et ses larges épaules - est porteur ! Tant pour les marques commerciales telles Pepsi, Burger King, Taco Bell, Reebok, Nestlé ou - immanquablement - Radio... Shack, que pour les bonnes causes : Army, Air Force... Des relents de son adolescence sans doute, passée aux côtés d'un père adoptif militaire de carrière. Comparé au CV extra-sportif d'O'Neal, celui de James fait toujours pâle figure. Mais ce n'est sans doute qu'une question de mois avant qu'il ne puisse s'y comparer. Qualitativement en tout cas, il n'a rien à envier à celui que l'on qualifie déjà chez les Cavaliers de Big Brother. Pour les responsables marketing de la NBA, LeBron James n'est rien de moins que le Chosen One. L'élu. Un surnom qui lui a été donné il y a six ans déjà par le magazine Sports Illustrated. Il est le digne successeur de Michael Jordan. Celui qui pendant de longues années, va déplacer les foules, faire tinter les caisses enregistreuses, faire vendre tout et son contraire et bien entendu porter haut et loin la renommée de la ligue professionnelle américaine. Selon la Harvard Business School, James est le troisième sportif le plus connu au monde après Tiger Woods et David Beckham. " Et pourtant, je suis juste un gars de 2,03 m et de 113 kg qui a la chance de savoir bien jouer au basket ! ", confiait-il dernièrement à Steve Kroft reporter de l'émission 60 Minutes. Et qui, ce faisant, grâce à un salaire confortable et des grands noms comme Nike et Sprite, engrange tout de même un total de quelque 40 millions de dollars par an. Pour les forts en maths, c'est 73.000 euros par jour ! Tout le monde se l'arrache : la jet set, les publicitaires, les philanthropes, les banquiers, les éditeurs. Surtout les éditeurs pour qui une photo exclusive de King James vaut - littéralement - de l'or. En mars 2008, il fut le troisième, après les sex-symbolsRichard Geere et George Clooney, à apparaître en couverture de Vogue. Aux côtés de Gisèle Bündchen, dans une pose qui alimenta la controverse. Beaucoup y virent un remake légèrement teinté de racisme de King Kong enlevant la jolie Ann. En février dernier, en guise de rédemption, on l'a retrouvé, classiquement cravaté, clean et rasé de près sur la jaquette du mensuel GQ. Il y a un mois le nouveau roi sortait son autobiographie Shooting Stars. Un titre fait d'un double jeu de mots (étoiles filantes + des vedettes qui tirent au panier) étrangement et humblement mis au pluriel... Depuis quelques jours, grâce à un superbe documentaire (102') intitulé More than a Game (plus qu'un jeu), signé Kristopher Belman, les cinéphiles américains peuvent découvrir LeBron James tel qu'il fréquentait la High School privée de St Vincent - St. Mary d'Akron dans l'Ohio. Un film mosaïque composé pêle-mêle de phases de matches, de clips télévisés, de vidéos familiales et de longues interviews candides de James et de ses coéquipiers devenus champions nationaux ainsi que du coach Dru Joyce dont ces sages paroles ont l'honneur d'introduire le document : " Le basketball est un véhicule, pas une fin en soi. Utilisez-le. Ne le laissez pas vous utiliser ". De toute évidence, LeBron James a bien retenu la leçon... par bernard geenen, à washington dc - photo: getty"LeBron James gagne 73.000 euros par jour !"