Wolverhampton n'est pas une oeuvre philanthropique. Le club des West Midlands suit évidemment la progression de Cédric Roussel à Mons d'un oeil intéressé. Les Anglais savent que le jeune homme incertain, qui entendait mettre un terme à sa carrière, est désormais la deuxième gâchette de Belgique avec, en prime, une place dans le groupe des Diables Rouges: cela vaut son pesant d'or. Et Roussel est encore sous contrat avec les Anglais pour deux saisons après celle-ci.
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Wolverhampton n'est pas une oeuvre philanthropique. Le club des West Midlands suit évidemment la progression de Cédric Roussel à Mons d'un oeil intéressé. Les Anglais savent que le jeune homme incertain, qui entendait mettre un terme à sa carrière, est désormais la deuxième gâchette de Belgique avec, en prime, une place dans le groupe des Diables Rouges: cela vaut son pesant d'or. Et Roussel est encore sous contrat avec les Anglais pour deux saisons après celle-ci. Le colosse (1m90) du Stade Tondreau doit tout cela à Mons, à ses équipiers, au coach Marc Grosjean et au manager des Dragons, Jean-Claude Verbist mais d'abord à lui même et à sa force de travail. Son désir est de rester dans son club actuel même si des nuances sont apparues depuis peu dans son discours. L'homme n'est pas bête. Il a noté ses statistiques: 17 des 36 buts de Mons sont à mettre à son actif. Cédric Roussel est le "Monsieur 50 %" de Mons. Inutile de dire que les adversaires prennent de plus en plus de mesures à son égard. A Genk, dernièrement, Roussel a eu l'immense Seyfo Soley (1m95) sur le dos durant 90 minutes. S'il est toujours Montois la saison prochaine, d'autres geôliers tenteront de le garder en prison. "Tout deviendra de plus en plus dur", dit-il. "On ne m'accordera plus un centimètre de liberté. Je suis trop seul en pointe et, à la longue, cela peut casser. Je ne suis pas inusable. C'est surtout éprouvant en déplacement. La solitude en pointe me pèse. A Genk, nous avons rapidement encaissé un but mais l'équipe n'a pas changé son fusil d'épaule. Le désir d'égaliser ne se lisait pas du tout dans notre occupation du terrain. Il était impossible de revenir à la marque dans de telles conditions. J'aimerais que Mons soit plus offensif en déplacement. Ne rien essayer et rentrer avec zéro point, c'est assez désagréable. Au Tondreau, c'est différent mais cette indigence offensive loin de nos bases commence à m'irriter. J'en ai parlé avec le coach. Je veux des garanties sportives pour la saison prochaine car j'ai besoin d'être soutenu. On ne peut pas continuer comme cela sous peine d'avoir un jour des pépins. Je ne suis à l'abri d'une blessure et Mons regretterait alors d'avoir mis tous ses oeufs dans le même panier.Je ne pourrai pas répéter sans problème une telle saison sans problèmes".2.250.000 eurosCédric Roussel souligne son désir de rester à Mons mais il avance tout de même ses conditions. C'est nouveau. Son discours est donc désormais légèrement plus nuancé. Il fait construire dans la région et sa nouvelle copine est montoise. Cela peut compter. Il faudra toutefois analyser les désirs de Wolverhampton. "Ce n'est pas un secret, les Anglais espèrent obtenir 2.250.000 euros pour un transfert définitif.", avance le bélier de Mons. "Je crois que Wolverhampton se contenterait de la moitié. Même ça, ce serait trop pour Mons et la plupart des clubs belges. La situation est délicate. Je n'ai pas envie de retourner en Angleterre". Cédric Roussel n'est visiblement pas maître du jeu. La clé est anglaise. A Mons, la confiance est réelle. Les Dragons ont cependant enregistré deux éléments de réflexion: son envie de rester et son désir d'être mieux soutenu en pointe. Jean-Claude Verbist, le manager du club, connaît le dossier sur le bout des doigts: "Le président de Mons, Dominique Leone, rentre de l'étranger cette semaine et nous demanderons un rendez-vous aux dirigeants de Wolverhampton. Ce sera difficile. Nous partons cependant avec un atout: Cédric a envie de rester chez nous. Sans cette certitude, il ne servirait à rien de traverser la Manche. Je connais Cédricet il apprécie ce que Mons signifie pour lui. Un gros million d'euros, c'est énorme pour un club de notre taille mais il faut voir ce que des investisseurs privés ont envie de faire pour nous aider. La présence d'un Cédric Roussel peut leur donner des idées. Je ne m'avancerai pas plus car nous ne savons pas ce que les Anglais demanderont. Le brio d'un tel joueur attire le regard. Il y a quelques semaines, en lisant votre magazine, j'ai appris que personne ne l'avait contacté. Je lui ai immédiatement téléphoné afin d'entamer des négociations. Entre nous, il y a un accord verbal. Pas besoin de papier. L'argent n'est pas le plus important dans son cas. Les Anglais le savent aussi. C'est notre chance. Mais s'il m'avait dit que son avenir se situait ailleurs après une telle saison, je l'aurais compris aussi". Un ou deux attaquants en plus?Jean-Claude Verbist est serein mais il a aussi entendu les petites remarques sportives de Cédric Roussel. Il ne veut plus être le seul artificier montois. "Cela ne m'étonne pas du tout", avance Jean-Claude Verbist. "Je connais bien le problème de Cédric Roussel. Au début de ma carrière, j'étais un attaquant doté des mêmes caractéristiques que lui. Un pivot ne plonge pas facilement aux quatre coins du terrain. La zone d'action d'une tour, c'est le grand rectangle adverse. Il y fait la différence par sa taille, son poids, sa présence, sa force de frappe. Quand on a un tel élément sous la main, il faut le fournir en bons ballons. Mons y parvient à domicile mais c'est plus délicat loin de nos bases. La Placa est moins à l'aise à l'extérieur, Londo n'a pas réalisé la saison qu'on était en droit d'attendre de sa part, Kelly n'est pas à l'aise sur l'aile, etc. Marc Grosjean sait tout cela, moi aussi. Dès lors, Mons renforcera sa division offensive la saison prochaine. Si Cédric Roussel reste chez nous, ce que tout le monde souhaite, notre club engagera un attaquant de pointe pour l'aider. Par contre, en cas de problème avec Wolverhampton et d'impossibilité de garder notre bombardier, Mons transfèrera deux attaquants. Nous devons beaucoup à Cédric. Sans lui, Mons ne serait pas classé dans la colonne de gauche pour sa première saison en D1. Mais il sait aussi que je me suis mouillé pour lui. En début de championnat, il n'était pas totalement prêt sur le plan physiquement et nous ne lui avons jamais mesuré notre confiance. J'ai même dû affronter des critiques assez sévères. Tout le monde récolte les fruits de cette patience. Nous aurions déjà voulu l'entourer plus efficacement cette saison mais c'était impossible. Mons avait tellement de choses à découvrir en D1". Pierre Bilic"La solitude en pointe me pèse"