Pourquoi continuez-vous à patiner ?

Claudia Pechstein : Parce que j'ai besoin de ce stress. J'adore la compétition et mon âge n'y change rien. Si je jouais au tennis ou au golf, ce serait sans doute pour l'argent mais dans ma discipline, on concourt avant tout pour l'honneur. En plus, je veux continuer à me battre. La Fédération de patinage n'aura pas ma peau.
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Claudia Pechstein : Parce que j'ai besoin de ce stress. J'adore la compétition et mon âge n'y change rien. Si je jouais au tennis ou au golf, ce serait sans doute pour l'argent mais dans ma discipline, on concourt avant tout pour l'honneur. En plus, je veux continuer à me battre. La Fédération de patinage n'aura pas ma peau. Certainement. Avant, je patinais contre le chrono et contre mes rivales, maintenant, c'est contre l'injustice. Je veux rétablir mon honneur. Je sais que je ne me suis pas dopée. La façon dont on m'a traitée me poursuivra toujours, même si l'association des hématologues et oncologues allemand a démontré que je souffrais de sphérocytose, une affection héréditaire qui explique mes valeurs sanguines bizarres. Certaines restent plus élevées que la normale mais cette fois, l'ISU et l'AMA n'ont plus ouvert de dossier. Je trouve toutefois scandaleux qu'elles n'aient jamais présenté d'excuses pour les deux années de suspension qu'elles m'ont injustement infligé. Peu après les accusations de dopage, en 2009, j'ai pensé au suicide. Je voulais me jeter d'un pont. Mon manager, Ralf Grengel, et Matthias Grosse, mon nouveau compagnon, m'ont aidée à surmonter ces pensées noires. Sans eux, je ne serais plus de ce monde. C'est une fameuse somme mais nous pensons que le juge va déclarer ma demande recevable. On m'a dit que ça menacerait l'existence de l'ISU. Mais elle a démoli mon image ! Je veux qu'on rétablisse mon honneur. Ce combat domine toute mon existence. Mon ami et moi souhaitons avoir un enfant mais nous attendons le jugement et notre ultime victoire. Je le dis depuis des années : implantez-moi une puce comme à un chien pour savoir où je me trouve. Pas de problème. PAR MICHAEL EDER" J'ai pensé au suicide. "