PAR LOES GEUENS
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PAR LOES GEUENSIl y a un an, Björn Leukemans n'aurait osé rêver prendre le départ du Prix E3. Il était alors sans équipe et était en pleine bataille juridique afin de prouver son innocence, après avoir été contrôlé positif à une hormone exogène. Ce test avait été provoqué par un médicament, le Prasteron, que lui avait prescrit le médecin de l'équipe. Le médecin a été acquitté, Leukemans a finalement été condamné à six mois de suspension effective mais rétroactive en août. Maintenant, il a retrouvé le peloton, sous le maillot de l'équipe néerlandaise Vacansoleil, et il attend avec impatience les classiques flamandes. Björn Leukemans : Mon regard sur la course a changé. Je relativise le mauvais temps, la souffrance. Avant, je rageais. Dorénavant, je pense que je vais simplement souffrir quelques heures. Quand je m'éveille, le matin d'une course à étapes, dans les montagnes, et que le soleil brille, je pense que sans le cyclisme, je n'aurais jamais vu ça. J'ai appris à apprécier mon métier. Qu'espérez-vous des prochaines classiques printanières ?Au moins ce que je réussissais avant : participer à la finale. Je pense en être capable. Non, j'en suis capable. Iljo Keisse se trouve dans la même situation que vous l'année dernière : il n'a plus de revenus et doit attendre le verdict du jury. Je ne l'ai pas contacté mais je suis son affaire. (Il s'énerve). Les contrôles restent difficiles. Lors d'un contrôle sanguin pour le passeport biologique de l'UCI, notre médecin d'équipe a demandé au contrôleur quelle procédure il fallait employer pour acheminer les échantillons au laboratoire : à quelle température les conserver, combien de temps il fallait pour que l'échantillon arrive. L'homme n'a pas su répondre. Or, nous dépendons de ces résultats ! Ensuite, c'est à nous de prouver notre innocence. On ne peut faire analyser des produits dans les laboratoires accrédités. Et puis, Riccò pourra revenir dans le peloton en 2010, soit plus tôt que prévu, parce qu'il a dévoilé les noms d'autres coureurs. Cela me dégoûte. Que conseilleriez-vous à Keisse ? De continuer à s'entraîner, à se battre. Il reviendra plus fort. Il va devenir un autre homme, un autre coureur. J'ai également changé. Quand je me trouve en situation de gagner, je suis certain de conclure la course plus facilement. Pour moi, seule la première place compte encore.