Lorsqu'il arbore son sourire d'ange, on a du mal à imaginer que l'on se trouve en face de l'un des défenseurs les plus intransigeants du pays. Les attaquants le craignent. Les journalistes, en revanche, s'y collent volontiers. Car, si ses tacles sont tranchants, sa disponibilité est éternelle. A 30 ans, depuis le 9 juin, Olivier Doll vient d'entamer sa dixième saison au Parc Astrid. Si l'on excepte Pär Zetterberg, qui s'est cependant autorisé des escapades à Charleroi et au Pirée durant ce laps de temps, il est le plus ancien membre du noyau A. Glen De Boeck est arrivé un an après lui. Qui aurait osé parier sur une telle longévité lorsqu'il a débarqué de Seraing, durant l'été 1994 ? A l'époque, il était certes un international Espoirs très prometteur, mais son registre se limitait au rôle de sangsue. C'est peut-être, justement, la connaissance de ces limites et le besoin d'un équilibre dans l'équipe, qui lui ont permis de s'imposer dans le temple de la technique, et de toujours revenir au premier plan malgré de nombreuses blessures musculaires qui ont surtout hypothéqué sa carrière internationale.
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Lorsqu'il arbore son sourire d'ange, on a du mal à imaginer que l'on se trouve en face de l'un des défenseurs les plus intransigeants du pays. Les attaquants le craignent. Les journalistes, en revanche, s'y collent volontiers. Car, si ses tacles sont tranchants, sa disponibilité est éternelle. A 30 ans, depuis le 9 juin, Olivier Doll vient d'entamer sa dixième saison au Parc Astrid. Si l'on excepte Pär Zetterberg, qui s'est cependant autorisé des escapades à Charleroi et au Pirée durant ce laps de temps, il est le plus ancien membre du noyau A. Glen De Boeck est arrivé un an après lui. Qui aurait osé parier sur une telle longévité lorsqu'il a débarqué de Seraing, durant l'été 1994 ? A l'époque, il était certes un international Espoirs très prometteur, mais son registre se limitait au rôle de sangsue. C'est peut-être, justement, la connaissance de ces limites et le besoin d'un équilibre dans l'équipe, qui lui ont permis de s'imposer dans le temple de la technique, et de toujours revenir au premier plan malgré de nombreuses blessures musculaires qui ont surtout hypothéqué sa carrière internationale. OlivierDoll : Pas pour moi. J'ai franchi un cap symbolique, mais cela se limite à cela. Le bilan, je le dresserai au terme de ma carrière. Si l'on m'avait dit, à mon arrivée, en 1994, que je serais toujours là pour entamer la saison 2003-2004, je ne l'aurais sans doute pas cru. Le contexte, et certaines circonstances, ont fait en sorte que j'atteigne une telle longévité. J'ai réalisé ce parcours en plusieurs étapes : un premier contrat de trois ans, puis un autre de trois ans et enfin le contrat actuel, de quatre ans celui-là, qui arrivera à échéance au terme de la saison. Oui, dans mon cas, elle a longtemps fonctionné. Je verrai bientôt comment il faudra aborder l'avenir. Cette dixième saison à Anderlecht s'annonce très importante, puisque au bout de celle-ci, j'aurai 31 ans et je devrai négocier l'un des derniers virages de ma carrière. Actuellement, je n'ai pas la moindre idée de ce qui m'attend et je n'y ai pas encore trop réfléchi. Nous ne sommes qu'au moins d'août, et d'autres échéances très importantes se présentaient dans l'immédiat, à commencer par celle d'hier à Cracovie. La seule chose que je puisse dire, c'est que je n'ai pas envie d'attendre le mois de mai pour être fixé. A un moment donné, j'aimerais avoir une discussion franche avec la direction. Qu'elle soit positive ou négative, peu importe, mais je n'ai pas envie d'entendre éternellement des " peut-être " et des " peut-être pas ". Je préfère la première hypothèse. Rester dix ans à Anderlecht, ce n'est pas donné à tout le monde, et j'en ressens une certaine fierté. Par ailleurs, je suis un défenseur, et les arrières sont généralement moins courtisés que des attaquants ou des éléments créatifs comme Aruna Dindane ou Walter Baseggio. Enfin, et c'est ici qu'interviennent les circonstances dont j'avais parlé précédemment : j'ai souvent été blessé lorsque j'abordais ma dernière année de contrat et, donc, lorsque d'autres clubs auraient pu s'intéresser à moi. J'espère en être débarrassé, à présent. La saison dernière, on a enfin pris le taureau par les cornes. J'avais effectué la préparation, puis des problèmes ont surgi. J'ai été soigné, mais à peine étais-je revenu dans le parcours que les mêmes problèmes ont ressurgi. Toujours les ischios. Parfois à gauche, parfois à droite, mais toujours le même muscle. Une décision a été prise, en concertation avec le staff technique, les médecins et moi-même. Un programme a long terme a été établi. Je savais qu'en procédant de la sorte, je ne resterais pas des semaines, mais des mois sur la touche. J'ai pris mon courage à deux mains, car je ne pouvais pas continuer éternellement à enchaîner les blessures, les reprises, les blessures, les reprises. J'ai suivi plusieurs types de traitements, que ce soit à l'hôpital Erasme, à la VUB ou au stade : un traitement médicamenteux, des exercices sur cybex, des exercices de musculation et de stabilisation du bassin. On a fait le nécessaire au niveau de la prévention, alors que les saisons précédentes, on se contentait uniquement de soigner la blessure, sans trop s'étendre sur les causes de celles-ci. Le risque zéro n'existe pas, et je ne peux pas être assuré à 100 % d'être débarrassé définitivement de ces tracas, mais le risque d'une rechute a été nettement diminué malgré tout. Lorsque je suis revenu dans le parcours, lors du match retour contre le Panathinaikos, Bertrand Crasson était suspendu. Depuis lors, je n'ai plus quitté cette place d'arrière droit. Au départ, j'avais été surpris de me retrouver là, mais comme je sortais de cinq ou six mois de galère, je n'allais pas faire la fine bouche : j'étais déjà très content d'avoir une place dans l'équipe, même si celle-ci était inédite pour moi. Non. On pratique très peu les entraînements individuels, ici. Dans d'autres pays, cela se fait. Rarement en Belgique. Au contact de tous les joueurs que je côtoie à l'entraînement, j'ai certainement appris certaines choses, mais je ne me suis pas métamorphosé. Et ce n'est pas parce que j'évolue désormais sur le flanc que je vais subitement me découvrir des qualités ignorées depuis des années. Je reste d'abord, et avant tout, un défenseur, et je ne me sens pas pousser des ailes pour arpenter le couloir à longueur de match. D'autres joueurs sont plus aptes que moi à apporter un plus sur le plan offensif. Peut-être, mais il faut de tout pour faire une équipe. Quelqu'un a déclaré, un jour, qu'on ne devenait pas champion du monde avec dix Maradona. Je ne suis certainement pas le plus fin technicien de la compétition belge, mais si j'avais joué à Bruges ou au Standard, on n'aurait pas autant mis l'accent sur mes soi-disant lacunes techniques. Certains m'apprécient, d'autres pas. C'est le jeu : chacun a le droit d'avoir un avis. Personnellement, je connais mes qualités et mes défauts, et je joue en fonction de ceux-ci, c'est-à-dire sobrement. Je ne suis pas un tricheur, et c'est sans doute aussi l'un des aspects qui m'ont permis d'entrer dans les grâces des différents entraîneurs qui se sont succédés au Parc Astrid. Pas spécialement, non. Je sais me faire respecter sur le terrain, mais dans le vestiaire, je ne ressens pas le besoin de prendre la parole. Des groupes, il y en a toujours eu et il y en aura toujours à Anderlecht. On évoque surtout ce phénomène comme un problème lorsque les résultats sont décevants. En d'autres périodes, on ne s'en soucie pas. Pourtant, lorsque nous avons réussi notre brillante campagne en Ligue des Champions, voici trois ans, il y avait les mêmes groupes que lorsque nous avons été éliminés par Denderleeuw en Coupe de Belgique. Personnellement, je ne vois pas d'inconvénient à ce que les francophones, les néerlandophones, les Européens de l'Est ou les Africains se retrouvent ensemble pour converser, à partir du moment où tout le monde poursuit un même objectif sur le terrain. C'est simplement une question d'affinités. Il n'y a pas davantage de problèmes relationnels au Sporting qu'ailleurs. Au contraire, peut-être. Par rapport à mes débuts, il y a dix ans, je trouve même que le vestiaire s'est assagi. Aujourd'hui, il est très calme. Je l'ai lu, oui. C'est ainsi, que puis-je ajouter à cela ? Ce mélange de races et de cultures permet aussi de découvrir d'autres mentalités. C'est enrichissant, quoi qu'en pensent certains. Certaines personnes, à un moment donné, ont peut-être cessé de croire en moi, mais je n'ai jamais prêté la moindre attention à ce que l'on raconte à mon sujet. A la limite, le fait d'être enterré me motive et m'incite à travailler encore davantage pour remonter à la surface. Je suis optimiste de nature. J'ai ma fierté et mon caractère. Et j'aime trop ce que je fais pour me laisser aller. Je n'y attache guère d'importance. Lorsqu'on a commencé à attribuer des numéros fixes, on m'a demandé si le 12 me convenait. Je n'y ai vu aucune objection et, depuis lors, je l'ai toujours gardé. J'ai l'impression que le 12... à l'envers se vend beaucoup mieux. C'est celui de Pär Zetterberg. Le 10, de Walter Baseggio, doit aussi être beaucoup plus prisé, mais je ne m'en formalise pas. Si je ne devais en retenir qu'un, je citerais le match de Ligue des Champions contre la Lazio, voici trois ans. Je n'avais pas joué pendant des mois et, à la suite d'une cascade de blessés et de suspendus, j'avais été appelé à former la paire de défenseurs centraux avec Aleksandar Ilic. En guise de répétition générale, j'avais juste eu droit à un match de championnat contre La Louvière, remporté 2-0 trois jours plus tôt. Nous avions, Ilic et moi, 90 minutes d'automatismes dans les jambes. Mais nous nous sommes trouvés : contre la Lazio, nous n'avons pas encaissé et nous avons gagné 1-0. J'adore ce genre de contexte, lorsque je sais que des gens m'attendent au tournant en espérant, peut-être, que je trébuche. Peut-être la finale de la Coupe de Belgique 1997 contre le Germinal Ekeren. Nous avons mené 2-0 avant d'être battus 2-4. Inexcusable. Mais cela fait partie de la vie d'un sportif : il y a des moments de joie et des moments de déception. Si je peux prendre un joueur actuel, je citerais Aruna Dindane. Lorsque je le vois à l'£uvre, je me dis qu'aucun championnat ne doit lui faire peur. Il a déjà bien simplifié son jeu, par rapport à ses premiers matches sous le maillot anderlechtois, et affiche une très bonne mentalité. Pas spécialement. Je suis né à Bruxelles, c'est vrai, mais je n'y suis pas resté longtemps. J'ai grandi à Eben-Emael, dans la région de Visé, et je compte bien retourner dans ce coin au terme de ma carrière. Je viens d'acheter une maison dans le Pays de Herve. Je suis tombé amoureux de cette région. " Ce n'est pas parce que j'évolue sur le flanc que je vais me découvrir des qualités ignorées depuis des années "