DIMANCHE 24 AVRIL : le président pète les plombs

Sa première gueulante du week-end, Johan Vermeersch l'a poussée la veille, dans le vestiaire, après l'importantissime déplacement à Ostende soldé par une défaite de 1-0 : " Bravo pour votre prestation d'ensemble, messieurs. Désolé, mais après cette parodie de match, il ne faut plus rien me demander cette semaine. Vous avez tout juste le droit de vous taire. Par contre, vous, vous allez m'entendre, croyez-moi ".
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Sa première gueulante du week-end, Johan Vermeersch l'a poussée la veille, dans le vestiaire, après l'importantissime déplacement à Ostende soldé par une défaite de 1-0 : " Bravo pour votre prestation d'ensemble, messieurs. Désolé, mais après cette parodie de match, il ne faut plus rien me demander cette semaine. Vous avez tout juste le droit de vous taire. Par contre, vous, vous allez m'entendre, croyez-moi ". Quelques heures plus tard, dans ses bureaux à Ternat, le courroux du président ne s'est toujours pas estompé, que du contraire. Morceaux choisis : " J'aurais dû jeter dix hommes à la mer (... ) L'année prochaine, ils n'auront qu'à se déplacer à Eupen ou Virton à vélo (...) Je vais commander 1.000 sifflets à distribuer aux fans pour qu'ils conspuent les joueurs contre le Lierse (... ) Vendredi soir, à minuit, je donnerai ma composition d'équipe. Des têtes vont tomber (... ) J'ai franchement envie de tout plaquer. Les joueurs d'aujourd'hui n'ont plus le moindre respect pour des gars comme Filippo Gaone, Dominique Leoneou moi (...) Des footballeurs pros ? Non, ce sont des enfants en culotte courte qu'il faut toujours gronder (... ) Pour leur salaire, ils devront attendre. Je ne suis pas disposé à le leur payer dans ces circonstances ". " C'est le boss, il a le droit de donner son opinion ", dit le gardien Patrick Nys. " Mais je ne pense pas que sa manière soit la bonne. Beaucoup se sentaient déjà fragilisés par les méthodes d' Emilio Ferrera. Mais ses paroles n'étaient que du petit lait par rapport à celles de l'homme fort du club. J'ai 36 ans et j'en ai vu d'autres. Mais je ne sais trop si tous vont s'en remettre car ses mots sont quand même très durs ". Remplacé en cours de partie chez les Côtiers, Wery Sels n'avait que modérément apprécié sa sortie prématurée du terrain. Une attitude négative qui lui valut les foudres directoriales et une sanction sous forme d'une participation obligée à la rencontre des Réserves face à Ostende (1-3 pour le KV). En cours d'après-midi, au même titre que ses partenaires, l'ancien Lierrois avait été partie prenante d'un debriefing où l'entraîneur, Robert Waseige, avait posé la question de confiance à ses joueurs suite à leur non match à l'Albertpark. " Peu importe l'identité de la personne en charge de l'équipe ", observe le médian. " L'essentiel, c'est d'assurer la pérennité du club en D1, le reste c'est des futilités. Je ne comprends pas ceux qui disent que certains joueurs sabotent le club à dessein. Je suis peut-être visé mais je ne me sens nullement concerné. J'ai un prêt coquet à rembourser et une femme et deux enfants à nourrir. Dans ces conditions, je ne vois pas pourquoi je prendrais mon rôle à la légère. Au contraire, je veux me battre jusqu'au bout pour mes couleurs. Même si j'attendais quand même autre chose de mon passage chez les Coalisés lors du mercato de janvier. J'avais quitté le Lierse guidé par la double envie de retrouver Emilio Ferrera, qui fut mon mentor là-bas, et surtout de baigner dans la capitale au sein d'un club sans problèmes financiers, ce qui n'avait guère été le cas à la Chaussée du Lisp. Mon bonheur n'aura été que de courte durée puisqu'il y a un nouveau coach entre-temps et que l'argent se fait attendre. En principe, nous sommes payés ici entre le 20 et le 25 du mois. Aujourd'hui, je n'ai toujours rien eu sur mon compte. Vu les griefs du Président, je ne pense pas avoir mon dû de sitôt. Honnêtement, je n'ai pas le sentiment que c'est la meilleure façon pour motiver les joueurs. Tout le monde est-il prêt à se faire violence sur le terrain dans ces conditions ? Je me le demande ". Pour ne pas avoir acquitté une facture de 153.000 euros à Sibelga, pourvoyeur de gaz et d'électricité au stade Edmond Machtens, le seul et unique compteur de la place est bloqué depuis la fin de semaine précédente. Résultat des courses : il fait aussi noir qu'à l'intérieur d'un cachalot tant dans les entrailles de l'enceinte molenbeekoise qu'au sein du club tennis voisin. Privés de courant et de la source d'énergie qui fournit l'eau chaude, les joueurs du noyau A sont contraints et forcés de s'entraîner ailleurs. Pour la même raison, pas moins de dix équipes de jeunes, censées se produire sur les terrains attenants durant le week-end, ont dû déclarer forfait. Les pros trouvent refuge à Scheut, à quelques encablures de là, où ils peuvent profiter de l'infrastructure d'un internat ainsi que d'une douche réparatrice après l'effort. Une solution doit être trouvée pour nettoyer les équipements, étant donné que les machines à laver habituelles sont au chômage technique, faute d'alimentation. Heureusement, le club peut toujours compter en ces temps difficiles sur ses bénévoles au c£ur grand comme ça. Comme l'attaché de presse, Alexandre Charlier, dont l'épouse, Sophie, gère un salon lavoir rue Casterlinden, à Berchem-Sainte-Agathe. Le couple offre les jetons et la poudre à lessiver. Le correspondant qualifié du club, Frans Hauwaerts, est démissionnaire. Il n'a guère apprécié que le président Johan Vermeersch lui ait fait un énième enfant dans le dos avec la nomination au poste de coach de Robert Waseige en lieu et place d' Emilio Ferrera. Non pas qu'il n'apprécie nullement le nouvel entraîneur mais, à ses yeux, la solution du bon sens était, une fois encore, ailleurs. " Chacun s'accorde à dire que nous disposions de l'un des meilleurs techniciens de D1 en la personne du cadet de la famille Ferrera ", observe-t-il. " Et c'est vrai qu'il en va là d'un coach hors pair à qui je souhaite de rebondir au plus vite. Le hic, c'est qu'il n'a pas su exploiter toutes ses qualités, en raison de la complexité ambiante. Au lieu de le destituer, alors qu'à chaque rencontre il ne manquait que l'un ou l'autre cents pour faire un euro, il aurait mieux valu le flanquer d'une personne appelée à solutionner les problèmes au quotidien. Hélas, on l'a toujours laissé macérer dans son jus. Journellement, une partie de son énergie était consacrée à la détermination d'un lieu adéquat pour dispenser ses séances de préparation. Un jour, alors qu'en désespoir de cause il avait décidé d'utiliser la pelouse principale pour les besoins d'une répétition générale, c'est à peine si les employés communaux ne l'ont pas emmené manu militari du terrain. Tout ça parce qu'il aurait pu abîmer la pelouse. Mais mettez-vous donc à sa place : un match se profile à l'horizon et on le prive de faire ses gammes ! C'est ahurissant. Si j'en ai marre, c'est pour une multitude de détails analogues que j'ai vécus ici tout au long de cette saison. Le grand problème du FC Brussels, ce n'est pas une mauvaise organisation. C'est le manque total d'organisation. Ici, personne ne sait qui fait quoi. Un organigramme ? Cela n'existe pas. La plupart des nouvelles, on les apprend par voie de presse. De cette manière, il est difficile voire impossible de travailler. Je préfère dès lors m'effacer ". Il y a exactement 30 ans, jour pour jour, le RWDM remportait le seul titre de son histoire. Devant 25.000 personnes et face à l'AS Ostende : 5-3. Depuis lors, les Côtiers sont devenus le Kavé et le RWDM, ou ce qu'il en reste après sa mise en liquidation il y a deux ans, se retrouve au plus bas échelon des Provinciales du Brabant. Après avoir juré leurs grands dieux de ne plus remettre les pieds au stade Edmond Machtens, sous prétexte qu'ils ne juraient que par le RWDM et rien d'autre, les Brussels Boys sont revenus en nombre dès la saison passée, scellée par le titre en D2. Pas question cependant, pour eux, de se mêler à la frange venue du FC Strombeek, les Brussels Casuals Molenbeek 47, chacun vivant de son côté. Sauf en cette période de crise où, pour la première fois, les sympathisants des deux camps, réunis au café Jomba, à proximité du stade, décident d'une action commune : pendant les dix premières minutes du match contre le Lierse, ils ne prendront pas place dans les gradins en signe de protestation contre les agissements de la direction et le manque de répondant des joueurs sur le terrain. La veille du match de la dernière chance face au Lierse, on ne sait toujours pas à quoi s'en tenir avec exactitude dans le clan des Coalisés. Le matin, le courant n'est toujours pas rétabli malgré une promesse faite en ce sens par Philippe Mouraux, le bourgmestre et président de l'intercommunale de Molenbeek. Du coup, les footballeurs en sont réduits à émigrer à nouveau à Scheut. Pour les bénévoles du secrétariat, la situation est plus surréaliste encore : le Lierse, par l'entremise de sa fédération de supporters, a demandé un contingent de 500 places. Mais faute d'électricité, la machine destinée à imprimer les tickets refuse obstinément tout service. Une brave dame, qui a manifestement foi en l'organisation du match, se voit conseillée de revenir le lendemain pour acheter son précieux sésame. A condition, bien sûr, que Sibelga se manifeste. En fin de journée, c'est chose faite : le compteur est débloqué. Mais jusqu'au lundi seulement. Car les 10.000 euros versés par le président Johan Vermeersch en signe de bonne volonté ne constituent jamais qu'une goutte d'eau dans l'océan des redevances. Les seuls à avoir mis leurs menaces à exécution, finalement, ce sont les supporters des deux noyaux durs qui ont effectivement pris place dans les gradins à 20 h 10 précises. Sans sifflets puisque Johan Vermeersch s'est assagi entre-temps. Au lieu d'utiliser la force, le grand manitou du Brussels a, au contraire, choisi la voie du c£ur en précisant aux joueurs, le jour même du rendez-vous face au Lierse, que la banque avait reçu l'ordre, la veille, de procéder à leur paiement. Sa seule véritable intervention, finalement, en concertation avec Robert Waseige, c'est un petit aménagement apporté à l'équipe avec le retour en grâce, dans le onze de base, de Kristof Snelders en lieu et place de Venance Zézé Zezeto. Un coup dans le mille puisque l'Anversois, avec deux assists, aura été l'un des tout grands bonshommes du match à l'instar de son coéquipier Björn Helge Riise, auteur de deux buts. " C'est ma petite revanche personnelle par rapport à notre dernier match à domicile, contre Saint-Trond, où j'avais dû me rhabiller avant terme ", souligne le fils d' Eddy. " Mais au-delà de ma satisfaction, le plus important n'en reste pas moins la quête des trois points contre les Lierrois. Un résultat qui, conjugué au match nul des Ostendais à Genk ainsi qu'à la défaite de Mons chez mon ancien club, le Germinal Beerschot, nous permet à nouveau d'occuper une position de non reléguable. En l'espace de 90 minutes, nous sommes passés de l'ombre à la lumière. C'est important pour le moral ". Le week-end prochain, c'est un déplacement à Charleroi qui attend les Coalisés. Encore du noir et blanc en perspective ! Bruno Govers" JE PENSAIS AVOIR TOUT tout vu et connu au Lierse " (Wery Sels)