" Je suis assez impressionné par l'intelligence de Jelle Vossen sur un terrain de football. Sans être une armoire à glace, le buteur de Genk a choisi le rectangle adverse comme zone de travail. Jelle a du feeling, se place remarquablement pour être le premier sur le ballon, comme il l'a encore fait dernièrement à Anderlecht. Le Limbourgeois intervient alors avec une précision chirurgicale. Malin, il exploite parfaitement sa facilité à tourner autour d'un attaquant de pointe comme ce fut le cas avec Marvin Ogunjimi et Christian Benteke. En duo, il a l'...

" Je suis assez impressionné par l'intelligence de Jelle Vossen sur un terrain de football. Sans être une armoire à glace, le buteur de Genk a choisi le rectangle adverse comme zone de travail. Jelle a du feeling, se place remarquablement pour être le premier sur le ballon, comme il l'a encore fait dernièrement à Anderlecht. Le Limbourgeois intervient alors avec une précision chirurgicale. Malin, il exploite parfaitement sa facilité à tourner autour d'un attaquant de pointe comme ce fut le cas avec Marvin Ogunjimi et Christian Benteke. En duo, il a l'art de se faire oublier et c'est alors que ce bonhomme est le plus dangereux. Vossen est le meilleur attaquant belge de D1 et je suis persuadé, sans être titulaire, qu'il rendra des services à l'équipe nationale. A son désavantage, on peut noter que les Diables Rouges évoluent avec un attaquant de pointe et pas en 4-4-2, l'occupation de terrain qui lui convient le mieux. Par certains aspects de son jeu, Vossen me fait penser à Nico Claesen (50 ans déjà) que j'ai eu la chance d'entraîner à Seraing. Comme Nico autrefois, Jelle adore croiser la trajectoire de l'autre attaquant de pointe. Vossen joue avec la tête alors que Claesen était plus un buteur à sang chaud, si je peux dire. Tout ce que Nico réalisait sur un terrain venait d'abord du coeur. On le voyait tout le temps et il complétait parfaitement Jules Bocandé qui était, en quelque sorte, son Benteke. Une caractéristique m'autorise à affirmer qu'il était plus complet que Vossen : sa pointe de vitesse qui lui permettait aussi de mener de longues contre-attaques. L'ancien Sérésien a eu un beau parcours qui ne se limite pas à ses 36 caps en équipe nationale et une... demi-finale de Coupe du Monde en 1986. Après la faillite de Seraing en 1984, ce fut la grande lessive au stade du Pairay cher à Yves Baré et à la famille Plateus : Carlos Oblitas reprit le chemin du Pérou, Bocandé émigra à Metz, Claesen à Stuttgart, j'ai signé à Lille, etc. Un an plus tard, il signait à Sclessin où son séjour fut trop bref. Claesen critiqua vertement le coach de l'époque, Michel Pavic, et le Standard lui donna son C4 et un transfert à Tottenham. Après cela on l'a vu à l'Antwerp, Ekeren, Ostende, Saint-Nicolas et Beringen. Même s'il a déjà été approché par de bons clubs étrangers, Vossen n'a pas ce côté aventurier. Et cela se ressent un peu dans son jeu. Genk lui va comme un gant et il est peut-être aussi casanier que Jan Ceulemans. Un jour pourtant, pour reculer ses limites, il sera obligé de quitter son univers limbourgeois. Il devra changer de pays. A la place d'Anderlecht, je m'intéresserais à ce buteur très collectif, qui peut rendre des services à la maison mauve. Je sais d'ailleurs que John van den Brom a un faible pour lui. " PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC