" Saint-Trond a pu acquérir Jean Claes de l'Union Saint-Gilloise pour une croûte de pain. Dans mon équipe, je n'avais pas besoin de virtuoses du ballon ou d'artistes de cirque, mais de gars solides, capables d'appliquer ma tactique avec un minimum de jugeote. On riait aux quatre coins du pays de ma petite équipe de paysans, mais dans cette formation, il y avait plus de la moitié des joueurs qui étaient professeurs ou régents. Le QI moyen était trois fois supérieur à celui des vedettes d' Ande...

" Saint-Trond a pu acquérir Jean Claes de l'Union Saint-Gilloise pour une croûte de pain. Dans mon équipe, je n'avais pas besoin de virtuoses du ballon ou d'artistes de cirque, mais de gars solides, capables d'appliquer ma tactique avec un minimum de jugeote. On riait aux quatre coins du pays de ma petite équipe de paysans, mais dans cette formation, il y avait plus de la moitié des joueurs qui étaient professeurs ou régents. Le QI moyen était trois fois supérieur à celui des vedettes d' Anderlecht... " Mais qui a pu prononcer un jour ces propos retrouvés dans un livre consacré en 1997 par Rudy Ecrepont au Centenaire de l'Union Saint-Gilloise ? Raymond Goethals. Même si les Jaune et Bleu n'ont pas fait le poids face à Genk en 16es de finale de la Coupe de Belgique (0-6), Raymond-la-Science aurait beaucoup apprécié le " retour " de l'USG dans les médias avant et après cette rencontre au Parc Duden. On a oublié que le magnifique stade JosephMariën a été le théâtre de matches européens au début des années 60. L'Union a même gagné en Coupe d'Europe avant... Anderlecht : 6-1 contre Leipzig en 1958. Les Mauves ont dû attendre 1962 et le célèbre 1-0 contre le Real Madrid. Au fil des années, les Saint-Gillois se sont mesurés, entre autres, à l'AS Rome, Birmingham City, Hearts of Midlothian, Marseille et même la Juventus du légendaire Omar Sivori en 1964-1965. C'est fou, non ? Au milieu des années 60, Claes était un des arrières centraux d'une équipe qui pouvait aussi compter sur les André Vanderstappen, Fernand Verleysen, Julien Kialunda, Paul Vandenberg, Tomislav Kaloperovic, etc. Régent en mathématiques, le Tirlemontois était un solide arrière et Constant Vanden Stock le sélectionna même en équipe nationale pour un Pays-Bas-Belgique qui en 1959 tourna à la catastrophe à Rotterdam : 9-1. Claes paya injustement la note et fut le seul Diable à ne plus jamais être repris par la suite. Vandenberg, grande vedette de l'Union et du football belge, technicien hors pair, l'estimait insuffisant balle au pied. VDB était très influent au Parc Duden et Claes fut relégué une saison en équipe réserve. Cela n'échappa pas à Goethals, alors T1 à Saint-Trond. Le Sorcier suivait discrètement les doublures de l'Union en se disant que " ce Claes n'avait pas perdu toutes ses qualités. " Goethals voulait construire une défense en ligne capable de tendre le piège du hors-jeu. Claes l'a beaucoup aidé dans cet exercice difficile. L'Union n'a pas fait la force de Claes, les Canaris bien. Cet homme cultivé et très gentil mettait toujours le paquet en championnat, surtout quand il affrontait des équipes... bruxelloises. "PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC