Francis Cisse Severeyns : " Je ne dois pas réfléchir longtemps quant à l'échange de maillot qui m'a laissé un souvenir impérissable. Il remonte à la saison 1988-1989, la seule que j'ai disputée dans le Calcio, avec Pise. A l'occasion de notre match à domicile contre l'AC Milan, j'avais demandé avant la rencontre, à Marco van Basten, si à la fin du temps réglementaire, il accepterait de procéder au rituel traditionnel avec moi. Et l'attaquant néerlandais, qui en avait pourtant vu d'autres au cours de sa prestigieuse carrière, ne vit absolument aucune objection à céder sa précieuse vareuse à un jeunot comme moi, qui avait encore tout à démontrer. Il ne faut quand même...

Francis Cisse Severeyns : " Je ne dois pas réfléchir longtemps quant à l'échange de maillot qui m'a laissé un souvenir impérissable. Il remonte à la saison 1988-1989, la seule que j'ai disputée dans le Calcio, avec Pise. A l'occasion de notre match à domicile contre l'AC Milan, j'avais demandé avant la rencontre, à Marco van Basten, si à la fin du temps réglementaire, il accepterait de procéder au rituel traditionnel avec moi. Et l'attaquant néerlandais, qui en avait pourtant vu d'autres au cours de sa prestigieuse carrière, ne vit absolument aucune objection à céder sa précieuse vareuse à un jeunot comme moi, qui avait encore tout à démontrer. Il ne faut quand même pas oublier que j'avais 19 ans à peine lorsque j'ai quitté l'Antwerp à destination du championnat d'Italie. En ma qualité de joueur de pointe, il va sans dire que l'ancien Ajacide, considéré à juste titre comme le digne héritier du célébrissime Johan Cruijff, constituait la référence absolue pour moi. Son maillot demeurera à tout jamais le bien le plus précieux que j'ai récolté sur un terrain dans la Botte. Un autre troc qui m'a marqué, toujours au cours du même exercice 1988-1889, est celui auquel je me suis livré avec Ciro Ferrara, le défenseur napolitain qui vient de mettre un terme à sa prodigieuse trajectoire sportive, récemment, en invitant notamment Diego Maradona au stade San Paolo pour ses adieux. Au moment où je lui avais donné la réplique, dans le cadre des quarts de finale de la Coupe d'Italie, il était déjà un nom, entendu qu'il était international. Rien qu'à ce titre, c'était déjà un honneur, pour moi, de réceptionner sa tenue. Avec le temps, je me rends compte aujourd'hui que mon choix d'alors ne s'était pas porté sur n'importe qui, vu son extraordinaire longévité au plus haut niveau de la compétition transalpine. Pour y avoir goûté moi-même durant un an à peine, je mesure combien il faut être fort pour durer près de 20 ans là-bas, à l'image de ce que l'intéressé a fait. Seuls Gianfranco Zola, qui vient de tirer sa révérence à Cagliari, et Paolo Maldini, qui compte plus de matches encore avec les Rossoneri, peuvent se targuer d'avoir fait mieux que lui. Mais d'eux, malheureusement, je n'ai pas la moindre relique. Une troisième scène italienne qui me demeure à l'esprit, c'est l'échange auquel j'ai procédé après la finale de la Coupe des Coupes, à Wembley, entre l'Antwerp et Parme, avec Stefano Cuoghi. Celui-ci avait été mon coéquipier à Pise, cinq ans plus tôt, et il était logique que je me tourne vers lui pour lui remettre mon maillot et vice-versa. Mais il est évident que ce nom-là n'offre pas les mêmes consonances que celles de tous les joueurs évoqués plus haut. Aussi, si je mentionnerai un autre nom dans mon top-3, c'est celui de Rio Ferdinand. Je l'ai rencontré pas plus tard que le 3 août dernier à l'occasion du match de gala que l'Antwerp avait organisé dans le cadre de son 125e anniversaire contre Manchester United. A 37 ans, c'était absolument fantastique, pour moi, de grossir une dernière fois les rangs des Rouge et Blanc de Deurne, dont j'avais défendu les intérêts durant tant d'années. Et il tombe sous le sens que je ne suis pas près d'oublier non plus mon mano a mano avec le brillant défenseur anglais ce soir-là. Même s'il n'y avait pas photo entre nous, en raison des trop nombreuses années qui nous séparent ".Bruno Govers