Jusqu'à Roland Garros, Xavier Malisse n'avait gagné que six matches en neuf tournois, se faisant battre par d'illustres inconnus comme Julien Varlet ou Cecil Mamiit. Le numéro 25 a perdu son assurance mais avec l'aide de son nouveau coach Steve Martens, il tente de redresser la barque. A Paris, où il a atteint le troisième tour (32es de finale), il a fait moins bien qu'il y a un an (quatrième tour, 16es de finale) mais a retrouvé son tennis. Depuis quelques semaines, à l'entraînement, il avait déjà de bonnes sensations. Il est parvenu à maintenir ce cap en compétition. Son match contre Agassi a été une première confirmation de son regain de forme, de quoi lui rendre confiance avant Wimbledon où il était demi-finaliste l'an passé.
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Jusqu'à Roland Garros, Xavier Malisse n'avait gagné que six matches en neuf tournois, se faisant battre par d'illustres inconnus comme Julien Varlet ou Cecil Mamiit. Le numéro 25 a perdu son assurance mais avec l'aide de son nouveau coach Steve Martens, il tente de redresser la barque. A Paris, où il a atteint le troisième tour (32es de finale), il a fait moins bien qu'il y a un an (quatrième tour, 16es de finale) mais a retrouvé son tennis. Depuis quelques semaines, à l'entraînement, il avait déjà de bonnes sensations. Il est parvenu à maintenir ce cap en compétition. Son match contre Agassi a été une première confirmation de son regain de forme, de quoi lui rendre confiance avant Wimbledon où il était demi-finaliste l'an passé. Xavier Malisse : J'en suis satisfait. Depuis un mois, je sentais que je me reprenais, notamment grâce au travail avec Steve Martens et Johan Van Herck. Ma confiance est progressivement revenue, ce qui est capital, évidemment. A l'entraînement, je n'ai jamais eu de problème mais je ne parvenais pas à m'exprimer en match. J'ai franchi ce cap. L'année dernière a été très chargée et très longue. Normalement, je prends quelques semaines de vacances en novembre et en décembre, pour recharger les accus. Cette fois, nous avons jugé bon de travailler immédiatement la condition, pour l'Australie. Comme j'avais été fort au printemps précédent, j'y tenais. Je me suis entraîné tous les jours, sans doute trop. J'ai souffert de petites blessures au bras et à la cheville. Ajoutez-y quelques matches très durs, mais perdus de justesse et ma confiance a disparu. J'aime le tournoi londonien. J'y ai des points à défendre mais chacun est confronté à ce problème. Rééditer la même performance que l'année dernière sera difficile mais sait-on jamais ? Je m'y rends avec l'intention de réaliser une bonne préparation. Avec un brin de chance, je peux avoir du succès. Je suis prêt, en tout cas. J'ai pris les premiers tours comme ils venaient. Galo Blanco, mon premier rival, n'était pas un spécialiste du gazon. Vince Spadea n'était pas encore à son niveau actuel. Il était donc à ma portée aussi. Ensuite, il y a eu Kafelnikov et mon premier match sur le sacrosaint centre court de Wimbledon. Une magnifique expérience. Je restais sur quelques matches positifs et j'ai continué, à ma grande surprise. Evidemment, je me suis surpris à fantasmer sur une victoire. Si je peux gagner un set, pourquoi pas trois ? Il y a eu beaucoup d'échanges contre Kafelnikov. Ça m'a insufflé confiance pour la suite. Les matches contre Rusedski et Krajicek ont été superbes. J'aime les joueurs qui pratiquent le serve and volley. L'ambiance était fantastique contre le Britannique naturalisé. J'en ai toujours la chair de poule. Ce fut une expérience inoubliable. Le circuit est bizarre. Je m'y plais quand mon amie espagnole Carmen ou des amis m'y accompagnent. On peut rire, jouer aux cartes. Mais souvent, j'ai l'impression qu'on parle dans votre dos. Les Sud-Américains forment un clan inaccessible. Je ne dirais pas que ce sont des paysans mais quand même... Nalbandian, par exemple, n'est pas de ceux avec qui je bavarderais. Si. J'ai commencé avec l'Italien Umberto Rianna, du groupe Bollettieri. Nous nous entendions bien, trop même. Nous étions devenus amis, ce qui n'est pas l'idéal. Il n'osait plus rien me dire sur le court. David Felgate lui a succédé. Le courant est magnifiquement passé et nous avons fait du bon boulot. Malheureusement, nous avions convenu qu'il ne resterait qu'un an. Il cherchait un autre travail, pour consacrer plus de temps à sa famille. -NDLA : la femme de Felgate est le manager international de Malisse. Puis, il y a eu Dean Goldfine. Il était convenu qu'il investirait moins de temps en Todd Martin, son pupille depuis des années, pour m'accorder la priorité. Il ne s'est pas exécuté et j'en ai eu marre de claquer tant d'argent pour passer au second rang. Le dernier a été Craig Kardon. Il était brillant sur le court mais nos relations étaient sans doute trop professionnelles. Des résultats moins positifs ont sans doute compromis définitivement notre relation. Quand on perd confiance, on cherche des solutions. Ses entraînements étaient un peu trop changeants à mon goût. Je sais que je ne suis pas facile. Il faut sentir comment je suis et trouver l'approche adéquate. C'est pour ça que je suis revenu à l'écurie. J'ai retrouvé avec Steve Martens et Johan Vanherck deux hommes qui me connaissent depuis longtemps et avec lesquels j'ai de bonnes relations. Je ne peux rien en dire pour le moment. Nous allons discuter pendant le tournoi du Queens, pour la première fois. Je ne sais pas s'il m'est financièrement accessible. Il est évidemment un grand entraîneur et il semble aussi sympathique. Je l'ai demandé. Je le connais depuis mon passage à l'Academy. Nous discutions une fois par semaine, de manière informelle. Je lui ai demandé de m'accompagner à Roland Garros et Wimbledon. Ce n'était pas évident car il suit d'autres joueurs de Bollettieri et il chapeaute aussi quelques joueurs de football, mais il a pu se libérer. Je vais essayer de me l'attacher pour tous les Grands Chelems. Il tente d'affûter ma motivation, d'améliorer mon attitude par rapport à mon métier. Il me montre des vidéos des bons moments du passé. Il tente de m'aider à positiver. Je vais certainement revoir avec lui les images de Wimbledon, bientôt. Il faut que j'aie envie de m'entraîner, de gagner et, surtout, que je reste relax. Tout coule de source quand je me sens bien. Le mental est ma priorité numéro un. Quand je suis bien dans ma tête, je me livre à fond en tennis. C'était ma meilleure saison depuis des années. Jamais je n'avais été aussi régulier. J'étais rarement fatigué. Je suis resté bien dans ma tête et les résultats ont suivi. Cette année, j'étais moins frais, ce qui a eu un impact sur ma mentalité. Je suis tombé dans un cercle vicieux. C'est pour ça que je me fais suivre par un coach mental. Je suis content de mes coups, même si je peux progresser tactiquement. Je devrais monter plus souvent au filet. Je le fais à l'entraînement mais en match, je ne me sens pas assez sûr de moi pour ça. Ça me permettrait d'économiser mon énergie et de varier mon jeu. Je peux aussi améliorer ma condition. Un meilleur jeu de jambes, plus rapide, me permettrait de mieux me placer. Par contre, je ne dois pas gagner en puissance. Mon tennis est souple. Si je prenais de la force, je me crisperais. Mon jeu n'est pas mal, dans l'ensemble, même s'il est perfectible. Je n'ai pas d'objectif spécifique. Je ne vise pas le top-20 cette année. Je veux simplement être le mieux possible, tout donner à chaque match, me battre sur chaque balle. Dans ces conditions, je n'ai rien à me reprocher en fin de saison. Soyons réalistes : le top-dix m'est sans doute inaccessible. Il faut être trop régulier, prester à chaque Grand Chelem. Le second peloton n'est déjà pas mal. Je serai satisfait si j'achève la saison entre le rang 25 et le 30. Cest évidemment un but en soi. Tout le monde rêve d'être parmi les quatre meilleurs. Mais pour l'instant, je veux surtout retrouver une certaine régularité, mon jeu et mon plaisir. Ça ne me tracasse pas. Grâce à elles, les Belges s'intéressent davantage au tennis. La presse parle plus de nous, ce qui est bien pour les sponsors. C'est même mieux ainsi. Comme les filles accaparent les colonnes des journaux, nous sommes généralement délivrés de toute pression. Un peu quand même. L'année passée à Wimbledon, je pensais que les joueurs belges pouvaient aussi signer des exploits. Les filles ne doivent pas s'accaparer toute la gloire. Mais ça ne me perturbe vraiment pas. L'attention qu'on leur porte est normale. Elles la méritent, par leurs performances, et je leur tire mon chapeau. Ils changent chaque semaine. Il y en a quand même un : dans mon premier jeu de service, je fais venir les premières balles de la gauche puis je m'adresse en alternance aux ramasseurs. A Roland Garros, j'ai utilisé la même douche pendant une semaine. A Wimbledon, il y a un an, c'était pire. A partir de mon match contre Kafelnikov, j'ai effectué le même rituel, chaque jour. Me lever, me brosser les dents, déjeuner au même endroit, avec les mêmes ingrédients, utiliser le même court à la même heure, etc. J'ai été content quand ça a été fini ! Je ne dirai jamais adieu à la Belgique. J'y ai grandi et j'y reviendrai toujours. Je vis chez mes parents, à Courtrai, pendant les tournées européennes. Ma résidence en Amérique est agréable et fonctionnelle. J'y ai beaucoup de sparring-partners, le temps est généralement bon. Je m'entraîne souvent avec Tommy Haas et Max Mirniy. Les Tchèques Novak et Rikl y vivent aussi. Même quand il n'y a pas de joueurs d'élite, je peux retrouver deux joueurs universitaires. La vie est plus facile là mais mes racines sont en Belgique et je ne les renierai jamais. L'analyse par Filip Dewulf" Il faut que j'aie envie de m'entraîner, de gagner et, surtout, que je reste relax "