Samedi, les dirigeants de l'Union belge ont tout fait pour faire oublier la déception du mois d'octobre: ils ont boosté l'ambiance avec un DJ avant et ont fleuri quelques légendes après le match (dont Jean-Marie Pfaff, Eric Gerets et Maurice Martens), sans oublier de remettre un cadeau à Dries Mertens pour sa centième sélection. Les fans se sont montrés enthousiastes, même si les tribunes sont restées vides assez longtemps à cause des travaux autour du stade et des files causées par le contrôle du Covid Safe Ticket. Il n'y a pas eu de feu d'artifice, mais des confettis dorés lancés par des canons à air. On est gâtés: une qualification pour un EURO ou une Coupe du monde n'est même plus un événement. Parce que cette génération dorée aborde les matches de qualification avec sérieux et parce que le nombre de participants a augmenté. Des nations comme les Pays-Bas et l'Italie ont montré qu'il était encore possible de passer à côté, mais il faut presque le faire exprès. Ou être en phase de transition. Ce qui risque d'arriver à ce noyau: le sélectionneur a aligné 33 joueurs différents en sept matches, mais les résultats n'en ont pas souffert.
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Samedi, les dirigeants de l'Union belge ont tout fait pour faire oublier la déception du mois d'octobre: ils ont boosté l'ambiance avec un DJ avant et ont fleuri quelques légendes après le match (dont Jean-Marie Pfaff, Eric Gerets et Maurice Martens), sans oublier de remettre un cadeau à Dries Mertens pour sa centième sélection. Les fans se sont montrés enthousiastes, même si les tribunes sont restées vides assez longtemps à cause des travaux autour du stade et des files causées par le contrôle du Covid Safe Ticket. Il n'y a pas eu de feu d'artifice, mais des confettis dorés lancés par des canons à air. On est gâtés: une qualification pour un EURO ou une Coupe du monde n'est même plus un événement. Parce que cette génération dorée aborde les matches de qualification avec sérieux et parce que le nombre de participants a augmenté. Des nations comme les Pays-Bas et l'Italie ont montré qu'il était encore possible de passer à côté, mais il faut presque le faire exprès. Ou être en phase de transition. Ce qui risque d'arriver à ce noyau: le sélectionneur a aligné 33 joueurs différents en sept matches, mais les résultats n'en ont pas souffert. Pour Manu Leroy, directeur de la communication et du marketing, la qualification est rassurante. Ex-sportif de haut niveau (en hockey), il relativise la déception du mois d'octobre. À l'époque, on a remarqué que la Fédération a beaucoup communiqué avant le match contre la France, mais pratiquement plus après. "Les gens de l'équipe ont dit qu'ils ne voulaient embêter personne", dit Leroy. "Tout le monde était effondré. Au niveau de la communication, on pourrait dire qu'il faut être au-dessus de la mêlée, mais j'ai aussi été sportif de haut niveau et j'ai connu des moments où je voulais qu'on me laisse tranquille." Il n'y aura pas de documentaire sur les coulisses de la préparation pour la Coupe du monde. "Le coach a été très clair", dit Leroy. "Nous sommes là pour gagner, pas pour faire des films. Il autorise beaucoup de choses, mais ce qu'il dit dans le vestiaire reste sacré. On a remarqué en Russie que dans l'euphorie des victoires, la limite était sans cesse repoussée. Espérons qu'on en arrive encore là (Il rit)." D'un point de vue sportif, la qualification est évidemment une bonne chose: la préparation peut débuter dès maintenant, il n'y aura pas de barrages en mars. Il ne faut pas s'attendre à des matches amicaux contre l'Argentine ou le Brésil. Le sélectionneur estime qu'en mars, les joueurs sont surchargés et risquent des blessures. La Belgique affrontera donc des adversaires qui permettront aux nouveaux de se montrer. Sur le plan financier, l'Union belge fait une excellente affaire. Certains contrats de sponsoring prévoyaient des primes en cas de qualification et, comparativement à 2014 ou 2018, le prize money de la FIFA est plus important. À Tubize, on dit merci à l'équipe, car cet argent a permis de financer de nombreux projets comme la construction d'un nouveau campus et de soutenir les clubs ainsi que la formation. Le Qatar permettra à nouveau d'élargir les budgets pour les deux prochaines années. Investira-t-on à nouveau dans la brique? Moins, sans doute. Il faut néanmoins un nouveau stade, de façon à pouvoir organiser la Coupe du monde féminine 2027 avec les Pays-Bas et l'Allemagne. Il est temps de constituer le dossier de candidature et plus personne ne croira la Belgique sur parole en matière de construction d'une nouvelle enceinte. La Fédération s'adresse dès lors au pouvoir politique, car même une victoire au Qatar ne pourrait financer le coût de la construction (200 millions). L'Union belge est très reconnaissante envers les Diables rouges et elle veut les mettre en valeur. Actuellement, les joueurs sont honorés à l'occasion de leur 25e, 50e, 75e ou 100e sélection. Bientôt, leurs noms apparaîtront sur de grands totems: tous ceux qui contribuent à l'héritage de l'équipe nationale seront immortalisés quelque part à Tubize. La Coupe du monde au Qatar sera un tournoi plein de défis: un petit pays pétrolier et une logistique difficile à mettre en place, car il y a peu d'hôtels. L'avantage, c'est que les distances seront courtes. "En phase de poules, grâce au métro, il sera possible d'assister à deux ou trois matches par jour", dit Leroy. Sur le plan politique, on peut s'attendre à du mouvement également. Samedi, dans le stade, on pouvait lire un message d'Amnesty International. Après concertation avec les diverses organisations de défense des droits humains, le monde du football estime qu'il lui appartient de maintenir la pression pour que les choses changent. "On nous a demandé une première fois notre point de vue au début de la phase de qualification", dit Leroy. "À l'époque, on a parlé à beaucoup de gens: Human Rights Watch, Amnesty International, des spécialiste des droits humains. Il est facile de crier, mais le mieux est de connaître la situation, de savoir comment les choses étaient et comment elles ont évolué." L'Union belge a discuté avec les ONG et les syndicats, mais aussi avec d'autres pays. L'UEFA et la FIFA ont fourni régulièrement des mises à jour de la situation et l'Union belge a informé les joueurs. Personne n'était favorable à un boycott. "D'un point de vue historique, on sait qu'il n'y a que des perdants", dit Leroy. "Je ne pense pas non plus qu'on pouvait demander cela aux joueurs, ce sont des pros qui veulent évoluer au plus haut niveau. Ce n'est pas à eux ou à la Fédération de changer une situation politique. La décision a été prise il y a dix ans et tout le monde dit qu'elle était mauvaise, d'autant qu'il y a eu corruption. Nous ne pouvons plus changer cela. La seule chose que nous pouvons faire, c'est exiger des choses grâce au football, à notre présence sur place et à la puissance de la FIFA."