Notre foot belge n'entend pas profiter de l'occasion pour tenter des choses, dommage et jammer... Mais les fédés qui le souhaitent peuvent temporairement effectuer cinq remplacements par rencontre (1), et c'est très bien : les Lois du Jeu doivent évoluer parce que le jeu évolue, et c'est trop peu souvent le cas. Ceci dit, que le Covid-19 en ait été l'occasion, sous prétexte que les joueurs allaient devoir beaucoup prester en un temps condensé, et que cela pourrait " avoir des répercussions sur leur bien-être ", dixit l'IFAB, cela me semble une fameuse faux-culterie de dévot !
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Notre foot belge n'entend pas profiter de l'occasion pour tenter des choses, dommage et jammer... Mais les fédés qui le souhaitent peuvent temporairement effectuer cinq remplacements par rencontre (1), et c'est très bien : les Lois du Jeu doivent évoluer parce que le jeu évolue, et c'est trop peu souvent le cas. Ceci dit, que le Covid-19 en ait été l'occasion, sous prétexte que les joueurs allaient devoir beaucoup prester en un temps condensé, et que cela pourrait " avoir des répercussions sur leur bien-être ", dixit l'IFAB, cela me semble une fameuse faux-culterie de dévot ! Les instances du foot se la jouent concernées, hypersensibles au drame du virus. Alors qu'elles ont comme bien d'autres tenté de le dribbler pour préserver leur microcosme. Le coup de la santé en danger, c'est de la poudre aux yeux. D'ailleurs, si c'est pour craindre cela, n'autoriser que cinq changements, c'est menacer la santé des six autres gars, ceux qui devront jouer nonante minutes... Coïncidence, le jour de mars où débuta le confinement, ma bafouille du jour dans Foot Mag vous disait justement qu'étant donné les noyaux plantureux actuels, les pros footballaient moins qu'avant : nombre d'entre eux glandaient même tristement en attente de temps de jeu ! Au besoin, pour boucler la saison en jouant à présent trois fois par semaine, il aurait suffi de les titulariser, de faire tourner le noyau : de briser pour ces glandeurs le confinement...du banc ! Ceci dit, cinq remplacements, ce ne sera chouette que si ça bonifie le spectacle. Mais si c'est pour que l'équipe menant au score nous emmerde encore un peu plus à cinq minutes du terme, en faisant trois changements au lieu d'un dans le but de gagner du temps, ce sera une nouvelle mesurette pour des prunes (2). Ce qui semble le cas pour l'instant : en Champions League et en Europa League, les coaches semblent plus préoccupés par leurs habitudes que par la santé de leurs ouailles (3) ! Alors qu'au contraire, si cela impliquait qu'à chaque match, seize mecs plutôt que douze ou treize contribuaient réellement à la performance (ou contre-performance ! ) de leur collectif, cela pourrait amener du rythme et des trouvailles tactiques. Ainsi qu'une solidarité accrue entre les gars d'un noyau, car le fossé entre titulaires et remplaçants, entre stars et sous-fifres, s'en trouverait moins profond. Ce serait alors aux coaches d'être malins, d'innover, de réfléchir en termes de temps de jeu plutôt que d'équipe type. De mettre un bémol à leur conviction qu'existe un onze idéal alors qu'ils ont vingt mecs à disposition. Faudra voir. Pour le moment, ils font plutôt la moue. Évidemment, je m'attendais à ce que les moins riches prétendent que la modification allait profiter aux plus riches qu'eux : " Dans les grandes équipes, la plupart des joueurs du banc sont internationaux ", a gémi Oscar Garcia, entraîneur du Celta Vigo. Mouais. C'est oublier que le foot est un sport où l'on est toujours, sauf en dernière provinciale, à la fois le miséreux des uns et le rupin des autres... Par contre, l'inverse m'a surpris : Quique Setién, le désormais ex-coach du Barça, a redouté le sang neuf à disposition des adversaires. Selon lui, nombre de matches du Barça se décantaient en fin de partie, quand l'adversaire était sur les genoux ! Comme quoi, le foot, c'est davantage la trouille de perdre que le désir de l'emporter... Cinq changements bien utilisés ne permettraient-ils pas de hausser le rythme, en spécialisant sept ou huit joueurs du noyau : de plus en plus pointue, la prépa physique les programmerait pour qu'ils se vident (pour que leurs tripes soient vidées de chez vidées ! ) en 45 minutes plutôt qu'en nonante ! Si par exemple, sur un match complet, un joueur costaud va jusqu'à bouffer douze kilomètre dont 25 courses à haute intensité, peut-être que deux joueurs costauds de talent égal qui se relaient seraient chacun capables, en 45 minutes, de bouffer huit kilomètres dont 18 courses... quatre des cinq remplaçants prestant au moins trente minutes, ça ne pourrait pas booster la débauche d'énergie du collectif ?