Mons a débuté en mode mineur et contrairement au premier tour de l'année passée, la malchance et le manque de réalisme ne peuvent plus être invoqués. Ce sont les piliers de l'effectif qui sont pointés du doigt : ils sont bien loin de leur niveau optimal. Parfois, le mental n'a pas suivi. Parfois, c'est la concentration. D'autres sont tracassés par des pépins physiques. Et la victoire à Dender a déjà montré des signes encourageants.
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Mons a débuté en mode mineur et contrairement au premier tour de l'année passée, la malchance et le manque de réalisme ne peuvent plus être invoqués. Ce sont les piliers de l'effectif qui sont pointés du doigt : ils sont bien loin de leur niveau optimal. Parfois, le mental n'a pas suivi. Parfois, c'est la concentration. D'autres sont tracassés par des pépins physiques. Et la victoire à Dender a déjà montré des signes encourageants. Le capitaine et gardien de Mons a alterné le bon et le moins bon depuis le début de la saison. Il n'a certes jamais commis de graves erreurs mais on ne le sent plus aussi souverain. Et s'il n'a pas perdu de points pour sa formation, il n'en a pas gagné jusqu'à son éviction. Son manque de confiance est flagrant, à tel point qu'il avouait après la victoire contre le Brussels qu'il s'était demandé s'il savait encore arrêter un ballon. Son éviction et le remplacement malheureux de Charly Konstantinidis l'ont relancé. Contre le Brussels, il n'a pas eu beaucoup de boulot mais son arrêt capital, en toute fin de rencontre, permit à Mons de sauver les trois points. Mais pourquoi Berthelin ne s'est-il pas montré souverain alors que son deuxième tour de la saison dernière avait rassuré la direction sur ses capacités ? Non plus en raison du décès de son père mais sans doute à cause de l'ombre pesante de Frédéric Herpoel dans les travées du stade Tondreau. A tel point qu'on s'est même demandé si la volonté première des dirigeants n'était pas de fragiliser le portier français en vue de faire venir, sans remords, l'ancien gardien gantois. Cédric Berthelin : Je ne veux plus évoquer ce sujet. Cela se passe de la sorte dans tous les clubs et il faut apprendre à vivre avec. C'est une situation que j'ai mal gérée. Je me suis retrouvé sur le banc car mes performances n'étaient pas à la hauteur de ce que l'on peut attendre de moi et que Konstantinidis avait effectué du bon travail. Depuis quelques semaines, je m'y attendais. Je le sentais venir. C'était le tour de Charly. On attendait de moi que je sois déterminant et que je fasse les arrêts nécessaires pour remporter les trois points. Or, ce n'était plus le cas. Pourquoi cette relative méforme ? C'est difficilement explicable mais ce retour sur le banc m'a fait le plus grand bien. Maintenant, je me sens libéré et mieux dans ma tête car j'ai bien bossé. J'ai pu me concentrer et faire le vide durant la petite trêve. Tout le travail a fini par payer et à partir du moment où j'ai mis mes problèmes extra sportifs de côté et que je me suis concentré sur les matches à venir, la forme est revenue. Cependant, il n'a jamais été question de me retirer mon brassard. J'ai toujours continué à avoir la même attitude dans les vestiaires. Durant toute la saison dernière, le médian défensif franco-tunisien s'était fait remarquer par sa régularité. Même quand Mons sombrait, Ragued surnageait. On ne peut donc pas dire qu'il fasse partie de la catégorie des joueurs qui ne sont bons que lorsque leur équipe joue bien. José Riga a voulu construire sa formation autour de lui, bien conscient qu'au milieu d'éléments techniques, Mons avait bien besoin d'un taulard. Si mettre le pied demeure sa marque de fabrique comme en témoignent ses nombreuses cartes jaunes (trois en six journées), sa technique est loin d'être mauvaise. Le nombre de passes ratées de Ragued peut se compter sur les doigts d'une main. Pourtant, depuis le début de championnat, il n'est plus aussi présent. Que ce soit pour arracher le ballon ou pour relancer la machine. Quand on souligne le mystère de la méforme de la ligne centrale, le président Dominique Leone n'hésite pas à répondre sur le ton de la boutade - Je leur ai donné un trop bon contrat. Il y a certainement une once de vérité dans cette phrase. Durant un an, Ragued a montré toute sa rage de vaincre. Il voulait clairement prendre sa revanche sur le PSG qu'il n'avait pas réussi à convaincre. On ne peut pas jouer sur ce sentiment ad vitam aeternam. Hocine Ragued ( il rit) : Non, mon niveau actuel n'a rien à voir avec mon contrat. Je n'ai pas connu de baisse de niveau l'année passée. Puis, j'ai enchaîné avec la sélection tunisienne et je suis revenu plus tard aux entraînements. J'ai vécu une saison pleine qui suivait une pendant laquelle je n'avais pratiquement pas joué. Je connais sans doute aujourd'hui le contrecoup. J'ai dû pomper énormément et je manque de jus. Or, je suis du genre à ne pas me satisfaire de matches normaux. Je veux qu'ils soient bons. Et pour le moment, ils sont normaux. Je ne suis donc pas content. Cependant, l'autocritique est une de mes qualités. Je n'attends pas que les journalistes m'appellent pour me dire que je ne suis pas à mon niveau de l'année dernière pour m'en rendre compte ( il rit). C'est d'ailleurs pour cette raison que je demande les DVD de chaque rencontre. Pour analyser ce qui n'a pas été. D'autres paramètres expliquent également notre début de saison moyen. L'année passée, cela arrivait qu'un ou deux joueurs connaissent un jour sans. Cette fois-ci, ce sont parfois cinq ou six piliers qui font défaut. Et puis, tout le monde nous a vus trop beaux et trop grands. Maintenant, tout le monde nous descend. Mais cela change. On est en train de resolidariser le groupe. Quant à mon contrat, le club m'a témoigné sa confiance en revalorisant mon salaire et je vais tout faire pour être à la hauteur. Moi aussi, j'ai montré que je croyais au projet puisque j'ai choisi de rester quatre ans. Le grognard est rentré dans sa guérite. Certes, son bilan est moins catastrophique que celui des autres puisqu'il a raté deux rencontres pour cause de suspension. Il est rentré dans une équipe qui n'avait déjà plus le moral puisque son bilan comptable ne se résumait qu'à un point sur six. Mais depuis lors, celui qui séduisait tous les observateurs par le génie de ses passes tranchantes et que l'on avait même cité à Sclessin durant l'entre saison n'a pas vraiment brillé. Sauf durant la deuxième mi-temps contre le Brussels où il avait retrouvé toute son énergie. Celle positive qui doit lui permettre de tirer le groupe vers le haut. Avant cela, on avait plutôt vu un joueur qui baissait les bras à chaque action annihilée. Benjamin Nicaise : Je vais vous répondre simplement : contre le Brussels, j'ai pu disputer un match en entier. J'avais dû me contenter de mi-temps durant la préparation et j'avais ensuite été suspendu pour les deux premières rencontres du championnat. Je suis le genre de joueur qui a besoin de rythme et d'enchaîner les matches pour me sentir bien. Et puis, les résultats ne sont pas au rendez-vous et la confiance en prend un coup. Tous les joueurs marchent à la confiance. Ceux qui vous disent qu'ils ne doutent pas sont des menteurs. C'est sûr que je douterais moins si je faisais partie d'une équipe qui disputait la Ligue des Champions. Contre le Brussels, j'ai alterné le bon et le moins bon. Je ne suis pas un élément rapide, ni un dribbleur. Ma qualité première, c'est la passe. Si je commence à les rater, où va-t-on ? Je suis donc revenu à des fondamentaux. Si je constate que mes passes sont ratées, c'est qu'elles étaient compliquées. En deuxième mi-temps contre le Brussels et à Dender, j'ai donc opté pour la simplicité. Je suis conscient de faire partie des joueurs qui se doivent de montrer la voie. Il y a une grosse attente et je vais essayer d'y répondre. Cependant, je n'aime pas qu'on me force à faire les choses et à agir contre-nature. L'inspiration a manqué dans les travées du stade Tondreau. Or quand on cite ce terme, on pense souvent aux deux ailiers : Wilfried Dalmat et Fadel Brahami. Au deuxième tour, Dalmat avait explosé les flancs de Bruges, de Genk et d'Anderlecht. Par sa vitesse, par ses dribles déroutants et surtout par sa capacité à coller au ballon. Il savait démarrer, faire la différence et céder le cuir au bon moment. Aujourd'hui, le TGV Dalmat ne passe plus. Il tente mais il est vite résigné, comme si les défenseurs adverses avaient appris à cerner son jeu. Ce n'est pourtant pas la première fois que Dalmat connaît une baisse de forme. Après avoir débuté le défunt championnat en force, il avait dû effectuer un crochet par le banc à la fin du premier tour. Et il était revenu plus fort encore. Riga n'a pas l'intention de le ménager comme en témoigne son remplacement à la mi-temps, contre le Brussels, où il était pourtant opposé au plus faible défenseur bruxellois, ce soir-là, Dieudonné Owona. Cette fois encore, Dalmat a montré sa force mentale en revenant très fort à Dender. Wilfried Dalmat : Un TGV se remarque quand il arrive à l'heure. Dans mon cas, cela signifie quand l'équipe gagne. Pendant cinq matches, on a enfilé les mauvais résultats. Dans de telles conditions, c'est difficile de sortir des joueurs du lot. Nous avons tous un rendement moins important que l'année passée. Moi le premier. Pourtant, Mons avait bien débuté à Bruges. Après, on s'est endormi, les mauvais résultats sont arrivés et le manque de confiance aussi. L'année passée, Mons évoluait dans un rôle d'outsider. Maintenant, on nous attend davantage même si je n'ai pas remarqué subir un traitement particulier de la part des défenseurs adverses. Vous savez si mes dribbles passent moins, c'est aussi en fonction des événements. Le cours d'un match nous amène à entreprendre quelque chose. Quand on se sent bien, on est sûr que tout va réussir à 100 %. Aujourd'hui, je ne tente pas à 100 %. Mais je ne considère pas être dans une spirale négative. On pointe du doigt les joueurs-vedettes mais c'est l'ensemble qui n'est pas à 100 %. Et ce n'est pas parce que je n'arrive pas à reproduire les prestations de la saison passée que je vais m'effondrer mentalement. Il était arrivé de St-Trond avec le moral dans la chaussette. Là-bas, on l'avait accusé de tous les maux et il s'était retrouvé sur le banc après une bonne première saison. A Mons, il a dû prendre ses marques. Son manque de réalisme a même fait sourire. Pourtant, une fois son rythme de croisière trouvé, il forma avec Mohamed Dahmane une des paires les plus complémentaires de la D1. Lui le pivot et Dahmane le fonceur. Il ouvrait des brèches dans lesquelles ne manquait pas de s'engouffrer l'actuel sociétaire de Genk. Aujourd'hui, depuis le match à Bruges, le Serbe n'est plus que l'ombre de lui-même. A tel point que l'on se demande s'il n'est pas revenu à son niveau trudonnaire. Pas celui de sa première saison. Mais celui de la deuxième ! Ilja Stolica : Moi ? Noooon ( il est tout surpris). Saint-Trond ? Mais j'ai prouvé ma valeur depuis que je suis à Mons . Pourquoi vous me reparlez de Saint-Trond ? Je n'ai pas été gâté par la chance depuis l'entame de la saison. Je n'ai pas pu faire la préparation à 100 % et depuis le match contre Bruges, je souffre d'une petite blessure. J'ai donc besoin de temps pour retrouver toutes mes sensations. Et puis, il y a quinze jours, j'ai eu un virus intestinal. J'ai perdu quatre kilos en quelques jours. C'est pour cette raison que je n'ai pas été retenu contre le Brussels. Mais je ne m'en fais pas même si la concurrence est de plus en plus forte en attaque. Tout le monde à Mons connaît ma valeur et sait que j'ai déjà inscrit des buts importants. Et l'entraîneur affirme sans cesse que c'est dans le secteur offensif que le noyau tourne le mieux. Tout change très vite en foot. Regardez notre équipe ! On réalise des mauvais résultats avec la même formation qui développait du beau football. Le plus important, c'est de garder le moral et pour le moment, le mien est bon. Je veux garder confiance. par stéphane vande velde