FRANCE Pourquoi ils sont éliminés

En grande partie, parce qu'ils ont bâclé le match contre la Suède. Après deux bonnes prestations, les Français ont fait preuve de suffisance et n'ont pas offert le même visage conquérant face à une équipe déjà éliminée. Ce match leur a offert l'Espagne (au lieu de l'Italie) comme adversaire et a changé la dynamique (23 matches sans défaites).

De plus, les démons de Knysna sont réapparus à plusieurs reprises. Les Tricolores sont au centre de trois polémiques. Samir Nasri s'en est pris deux fois aux médias (lors de son but contre l'Angleterre et après le quart de finale) et des échanges verbaux ont eu lieu dans le vestiaire après le match contre la Suède. Nasri, qui n'a réalisé qu'une seule grosse prestation, a cramé son image. Mais il n'est pas le seul. Deux ans après l'Afrique du Sud, l'équipe de France a clairement montré qu'elle est aux mains de joueurs à la mentalité exécrable.

" En équipe de France, le quotient intellectuel est catastrophique et le talent tout aussi catastrophique. On est nuls et bêtes !", a d'ailleurs réagi Jean-Michel Larqué. Les clans (les médias français parlent des " riches " et des " autres ", avec d'un côté ceux qui évoluent dans des grands clubs, et de l'autre les plus modestes comme Yohan Cabaye, Hugo Lloris, Mathieu Debuchy, Alou Diarra et Adil Rami) ont miné cette équipe et le travail de reconstruction établi par Laurent Blanc depuis deux ans.

Sur le terrain, Karim Benzema sort de son EURO satisfait. Pourtant, l'attaquant du Real Madrid n'a pas inscrit un but, s'est montré très peu dangereux et on lui a sans cesse reproché de dézoner et de redescendre. Un peu comme Nicolas Anelka en 2010.

Autre cible : Nasri, accusé de porter trop le ballon contre la Suède. L'apport d' Hatem Ben Arfa contre les Nordiques fut jugé insuffisant, comme la rentrée de Jérémy Menez, pourtant étincelant une semaine plus tôt contre l'Ukraine, face à l'Espagne. Alors qu'on a espéré la génération 87 au pouvoir, elle est retombée dans ses travers.

Par contre, les médias français sont assez tendres avec la tactique de Laurent Blanc. En changeant ses batteries à plusieurs reprises, le coach a parfois fait des choix gagnants mais aussi parfois des erreurs. Comme la titularisation de Ben Arfa contre la Suède ou la présence d' Anthony Réveillère au back droit et celle de Debuchy au poste de médian droit face à l'Espagne pour contrer Jordi Alba. L'idée est belle mais c'est de là que part le premier but espagnol.

Ce qu'on a aimé

La France a été confrontée à l'inconstance de Philippe Mexès. Avec la paire Rami- Laurent Koscielny, Blanc a peut-être définitivement trouvé sa charnière centrale. Autre satisfaction, le retour au premier plan de Franck Ribéry. Cloué au pilori après la Coupe du Monde, Kaiser Franck a réalisé un très bon EURO. Mais la révélation du tournoi demeure Cabaye. Le médian de Newcastle qui sort d'une excellente première saison anglaise, a vraiment montré qu'il est l'homme à tout faire de cette équipe de France (buteur, passeur, infiltreur, marathonien). A ses côtés, Diarra a également agréablement surpris.

Lloris a été très constant, tout comme Gaël Clichy qui a gagné son duel face à Patrice Evra.

ANGLETERRE Pourquoi ils sont éliminés

La première séance de tirs au but de l'EURO, les Anglais ont donné l'impression de l'attendre pendant 120 minutes. Deux heures de résistance face à la furia italienne. Petit football ? Roy Hodgson n'est pas d'accord : " Nous n'avons pas misé sur les tirs au but. Simplement, nous avons fait de notre mieux, nous avons bien défendu dans cette bataille très tactique et nous n'aurions pas eu à rougir si nous étions passés en demi-finales. Nous rentrons à la maison sans avoir perdu un seul match, c'est le foot. " Pas à rougir, c'est un jugement qui lui appartient. Une fois de plus, son équipe n'a rien montré après avoir été dominée par la France, contrariée par la Suède et surclassée régulièrement par l'Ukraine.

" Défendre ", " ligne arrière ", " résistance " : des mots qui ont été des fils rouges des commentaires sur le jeu anglais pendant tout le tournoi. On a l'impression que, pris par le temps puisqu'il n'a été nommé qu'à la veille de l'EURO, Hodgson s'est surtout basé sur le travail de Fabio Capello, l'héritage de son passé dans le championnat italien et éventuellement la philosophie gagnante de Chelsea. Ce chiffre restera dans l'histoire : en quatre matches, les Anglais n'ont mis que deux fois leurs adversaires en position hors-jeu : une illustration du positionnement de leur défense, en permanence sur les orteils du gardien Joe Hart.

Contre l'Italie, on a vu fréquemment Wayne Rooney rôder aux abords de son propre rectangle. Sur la plupart des actions ayant amené les 35 tentatives de la Squadra, il n'y avait plus au maximum qu'un Anglais à proximité du camp adverse. Un noyau aussi doué mérite mieux que cela. Des cracks comme Andy Carroll, Danny Welbeck et Rooney ont le droit qu'on joue davantage pour eux. Hodgson traîne une étiquette d'entraîneur old school, peu imaginatif et il est allé encore plus loin avec ses deux lignes de quatre et un duo d'attaquants qui doivent autant penser à défendre qu'à percuter. Cet EURO n'a pas arrangé son cas. Il n'a pas non plus bonifié les actions de Rooney qui a marqué contre l'Ukraine dès son retour de suspension mais n'a pas réussi à faire oublier ses carences dans les tournois (un seul but depuis 2004) et les statistiques (l'Angleterre prend 68 % des points sans lui, 60 % quand il joue). Il a été associé à Welbeck contre l'Ukraine et l'Italie mais ils n'ont pas montré la même efficacité qu'à Man Utd (33 buts lors de leurs 22 titularisations communes). A leur décharge, ils n'ont pas reçu des camions de bonnes occasions.

Ce qu'on a aimé

The satisfaction, c'est CaptainSteven Gerrard. C'est clair, l'absence sur blessure de Frank Lampard l'a libéré. Deux géants dans l'entrejeu, c'est un de trop. A 32 ans, il vient de disputer le meilleur tournoi de sa carrière. Sur les cinq buts anglais, il a donné trois assists. La question du brassard est réglée pour un bon moment. Autre sujet de contentement : Joe Hart. Devant lui, ça a surtout pilonné lors des quatre matches de l'Angleterre mais il a toujours fait le taf. Seulement trois buts encaissés alors que les adversaires ont passé leur temps à frapper, c'est remarquable.

On retient encore la solidité du duo défensif John Terry- Joleon Lescott et le fait qu'on n'ait parlé que de foot dans le camp anglais pendant cet EURO. Sexe, mensonges, démissions et beuveries, c'était hier.

GRÈCE Pourquoi ils sont éliminés

" L'équipe de merde " ne pouvait rêver plus haut que les quarts. L'expression vient de Fulvio Collovati, champion du monde avec l'Italie en 1982 et consultant pour la RAI sur l'EURO. C'était à la mi-temps du match contre la Russie, il pensait que son micro était coupé mais était toujours sur antenne. Il n'a fait qu'exprimer ce que tout le monde pense de la machine à casser de Fernando Santos. Quatre défenseurs, deux médians exclusivement défensifs : rien de choquant. Mais aussi la presque majorité du reste de l'équipe qui a pour première ambition de garder le marquoir vierge, ensuite éventuellement de placer l'une ou l'autre contre-attaque.

La recette a marché pendant les qualifications : la Grèce n'a pas perdu. Avant le match contre l'Allemagne, Joachim Löw a dit : " C'est leur style, ils ont ça dans le sang, ils construisent un mur, ils ne bâtissent pas grand-chose d'autre. " Quand le coach portugais de la Grèce affirme qu'il veut que ses joueurs " atteignent la perfection ", il ne parle pas de la même chose que les amateurs de beau jeu. La qualification pour les quarts a tenu du miracle. Sans le complexe de supériorité et le manque de concrétisation des attaquants russes, la faillite des gars de Santos aurait été proclamée après trois matches. Les chiffres des semblants de duels contre la Russie et l'Allemagne sont édifiants : les Grecs ont eu respectivement 38 et 34 % de possession de ballon. Mais ils ont éliminé l'équipe de DickAdvocaat et fait douter celle de Löw pendant quelques secondes, quand ils ont égalisé. Dans ces deux rendez-vous, ils ont tenté 14 fois leur chance au but et leurs adversaires ont frappé à 49 reprises.

On retient deux noms. Giorgios Karagounis, médian capitaine, vieux de la vieille (près de 120 matches internationaux), champion d'Europe 2004. Il a marqué le but décisif contre la Russie mais était suspendu face à l'Allemagne et Santos estime qu'il n'était pas possible de compenser son absence. Autre grand nom du quart : Mesut Özil... Les Grecs savaient qu'il pouvait être la clé et avaient imaginé un dispositif anti-Özil mais le maestro du Real s'est baladé entre les lignes et a été élu homme du match.

Ce qu'on a aimé

Dans tous les journaux sportifs, on a parlé autant des problèmes économiques de la Grèce que de son équipe de foot. Avant chaque match, on a rappelé que le pays était au bord de la banqueroute. Il y a encore eu plusieurs titres ironiques avant le quart de finale, du style " Bye bye les Grecs, aujourd'hui l'Allemagne ne peut pas vous sauver ". Les joueurs ont souvent évité la question de la dette et se sont rebellés quand on les croyait noyés ; dans le match d'ouverture contre la Pologne et face à la Russie.

On retient aussi le lien père-fils très marqué entre les joueurs et le coach, et la fierté des Grecs quand ils ont quitté le terrain pour la dernière fois. Sur le plan individuel, Karagounis a été bon, ainsi que l'autre cerveau médian Kostas Katsouranis et le duo d'attaquants Fanis Gekas- Giorgios Samaras.

TCHÉQUIE Pourquoi ils sont éliminés

Ils manquent de talent. En République tchèque, personne n'attendait quelque chose de cette équipe. Dépendante beaucoup du génie de Tomas Rosicky, elle l'est également de ses blessures, beaucoup trop fréquentes. En talent pur, cette génération en a beaucoup moins que celle de 1996 ou de 2004. Pour les Tchèques, se qualifier pour les quarts reste donc un bon résultat. D'autant qu'ils n'ont pas abordé la compétition en pleine sérénité. Le sélectionneur Michal Bilek a été sur la sellette après des matches amicaux médiocres. Le scandale ayant suivi la qualification lors des barrages face au Monténégro (les internationaux avaient insulté un ancien joueur, devenu consultant, déchirant leur costume dans l'avion et débarquant en slip à l'aéroport ; seuls Petr Cech et Petr Jiracek s'étaient abstenus...) a placé les joueurs dans une situation également délicate.

En attaque, on reproche beaucoup à Bilek d'avoir maintenu sa confiance en Milan Baros, jugé trop peu professionnel. Son incapacité à marquer lors de cet EURO a été le gros point noir. Cependant, Bilek n'avait pas d'autres possibilités, tant le choix était limité. Les concurrents de Baros ( Tomas Pekhart ou David Lafata, meilleur buteur du championnat tchèque) n'ont qu'une expérience limitée et leurs différentes entrées au jeu n'ont pas été fameuses.

L'absence de Rosicky face au Portugal a pesé lourdement, ses remplaçants ( Daniel Kolar contre la Grèce et Vladimir Darida contre le Portugal) n'évoluent que dans le championnat tchèque. Jiracek et Jarovslav Plasil ont tenté de remplacer Rosicky mais sans succès.

Ce qu'on a aimé

Une défense solide (la défaite contre la Russie reste inexplicable) avec des contre-attaques rapides, un peu sur le modèle du Viktoria Plzen dont Bilek s'inspire. La défense, articulée autour de Cech, et de Michal Kadlec, le gaucher du Bayer Leverkusen, a rarement été prise en défaut.

On a découvert la force de travail d'un joueur comme Jiracek, véritable leader de cette formation, auteur de deux buts, que les médias voient en remplaçant de Pavel Nedved, comme capitaine. Pourtant, la révélation est à chercher du côté de l'ailier Vaclav Pilar, dont on a appris qu'il a été surnommé le Messi de Plzen, pour sa petite taille, sa vivacité et sa technique. Le joueur de Wolfsburg a véritablement mis le feu aux défenses adverses. C'est lui qui fut également l'homme le plus dangereux face au Portugal. Enfin, au niveau des révélations, on peut également ajouter le back droit, Theodor Gebre Selassie, un vrai back moderne. Le Werder Brême ne s'est pas trompé en le transférant.

PAR PIERRE DANVOYE ET STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTOS: IMAGEGLOBE

" En équipe de France, l'intellectuel et le talent sont catastrophiques. On est nuls et bêtes ! " (Jean-Michel Larqué)

Les Grecs ont eu 38 % de possession contre la Russie mais ils ont éliminé l'équipe de Dick Advocaat.

En grande partie, parce qu'ils ont bâclé le match contre la Suède. Après deux bonnes prestations, les Français ont fait preuve de suffisance et n'ont pas offert le même visage conquérant face à une équipe déjà éliminée. Ce match leur a offert l'Espagne (au lieu de l'Italie) comme adversaire et a changé la dynamique (23 matches sans défaites). De plus, les démons de Knysna sont réapparus à plusieurs reprises. Les Tricolores sont au centre de trois polémiques. Samir Nasri s'en est pris deux fois aux médias (lors de son but contre l'Angleterre et après le quart de finale) et des échanges verbaux ont eu lieu dans le vestiaire après le match contre la Suède. Nasri, qui n'a réalisé qu'une seule grosse prestation, a cramé son image. Mais il n'est pas le seul. Deux ans après l'Afrique du Sud, l'équipe de France a clairement montré qu'elle est aux mains de joueurs à la mentalité exécrable. " En équipe de France, le quotient intellectuel est catastrophique et le talent tout aussi catastrophique. On est nuls et bêtes !", a d'ailleurs réagi Jean-Michel Larqué. Les clans (les médias français parlent des " riches " et des " autres ", avec d'un côté ceux qui évoluent dans des grands clubs, et de l'autre les plus modestes comme Yohan Cabaye, Hugo Lloris, Mathieu Debuchy, Alou Diarra et Adil Rami) ont miné cette équipe et le travail de reconstruction établi par Laurent Blanc depuis deux ans. Sur le terrain, Karim Benzema sort de son EURO satisfait. Pourtant, l'attaquant du Real Madrid n'a pas inscrit un but, s'est montré très peu dangereux et on lui a sans cesse reproché de dézoner et de redescendre. Un peu comme Nicolas Anelka en 2010. Autre cible : Nasri, accusé de porter trop le ballon contre la Suède. L'apport d' Hatem Ben Arfa contre les Nordiques fut jugé insuffisant, comme la rentrée de Jérémy Menez, pourtant étincelant une semaine plus tôt contre l'Ukraine, face à l'Espagne. Alors qu'on a espéré la génération 87 au pouvoir, elle est retombée dans ses travers. Par contre, les médias français sont assez tendres avec la tactique de Laurent Blanc. En changeant ses batteries à plusieurs reprises, le coach a parfois fait des choix gagnants mais aussi parfois des erreurs. Comme la titularisation de Ben Arfa contre la Suède ou la présence d' Anthony Réveillère au back droit et celle de Debuchy au poste de médian droit face à l'Espagne pour contrer Jordi Alba. L'idée est belle mais c'est de là que part le premier but espagnol. La France a été confrontée à l'inconstance de Philippe Mexès. Avec la paire Rami- Laurent Koscielny, Blanc a peut-être définitivement trouvé sa charnière centrale. Autre satisfaction, le retour au premier plan de Franck Ribéry. Cloué au pilori après la Coupe du Monde, Kaiser Franck a réalisé un très bon EURO. Mais la révélation du tournoi demeure Cabaye. Le médian de Newcastle qui sort d'une excellente première saison anglaise, a vraiment montré qu'il est l'homme à tout faire de cette équipe de France (buteur, passeur, infiltreur, marathonien). A ses côtés, Diarra a également agréablement surpris. Lloris a été très constant, tout comme Gaël Clichy qui a gagné son duel face à Patrice Evra. La première séance de tirs au but de l'EURO, les Anglais ont donné l'impression de l'attendre pendant 120 minutes. Deux heures de résistance face à la furia italienne. Petit football ? Roy Hodgson n'est pas d'accord : " Nous n'avons pas misé sur les tirs au but. Simplement, nous avons fait de notre mieux, nous avons bien défendu dans cette bataille très tactique et nous n'aurions pas eu à rougir si nous étions passés en demi-finales. Nous rentrons à la maison sans avoir perdu un seul match, c'est le foot. " Pas à rougir, c'est un jugement qui lui appartient. Une fois de plus, son équipe n'a rien montré après avoir été dominée par la France, contrariée par la Suède et surclassée régulièrement par l'Ukraine. " Défendre ", " ligne arrière ", " résistance " : des mots qui ont été des fils rouges des commentaires sur le jeu anglais pendant tout le tournoi. On a l'impression que, pris par le temps puisqu'il n'a été nommé qu'à la veille de l'EURO, Hodgson s'est surtout basé sur le travail de Fabio Capello, l'héritage de son passé dans le championnat italien et éventuellement la philosophie gagnante de Chelsea. Ce chiffre restera dans l'histoire : en quatre matches, les Anglais n'ont mis que deux fois leurs adversaires en position hors-jeu : une illustration du positionnement de leur défense, en permanence sur les orteils du gardien Joe Hart. Contre l'Italie, on a vu fréquemment Wayne Rooney rôder aux abords de son propre rectangle. Sur la plupart des actions ayant amené les 35 tentatives de la Squadra, il n'y avait plus au maximum qu'un Anglais à proximité du camp adverse. Un noyau aussi doué mérite mieux que cela. Des cracks comme Andy Carroll, Danny Welbeck et Rooney ont le droit qu'on joue davantage pour eux. Hodgson traîne une étiquette d'entraîneur old school, peu imaginatif et il est allé encore plus loin avec ses deux lignes de quatre et un duo d'attaquants qui doivent autant penser à défendre qu'à percuter. Cet EURO n'a pas arrangé son cas. Il n'a pas non plus bonifié les actions de Rooney qui a marqué contre l'Ukraine dès son retour de suspension mais n'a pas réussi à faire oublier ses carences dans les tournois (un seul but depuis 2004) et les statistiques (l'Angleterre prend 68 % des points sans lui, 60 % quand il joue). Il a été associé à Welbeck contre l'Ukraine et l'Italie mais ils n'ont pas montré la même efficacité qu'à Man Utd (33 buts lors de leurs 22 titularisations communes). A leur décharge, ils n'ont pas reçu des camions de bonnes occasions. The satisfaction, c'est CaptainSteven Gerrard. C'est clair, l'absence sur blessure de Frank Lampard l'a libéré. Deux géants dans l'entrejeu, c'est un de trop. A 32 ans, il vient de disputer le meilleur tournoi de sa carrière. Sur les cinq buts anglais, il a donné trois assists. La question du brassard est réglée pour un bon moment. Autre sujet de contentement : Joe Hart. Devant lui, ça a surtout pilonné lors des quatre matches de l'Angleterre mais il a toujours fait le taf. Seulement trois buts encaissés alors que les adversaires ont passé leur temps à frapper, c'est remarquable. On retient encore la solidité du duo défensif John Terry- Joleon Lescott et le fait qu'on n'ait parlé que de foot dans le camp anglais pendant cet EURO. Sexe, mensonges, démissions et beuveries, c'était hier. " L'équipe de merde " ne pouvait rêver plus haut que les quarts. L'expression vient de Fulvio Collovati, champion du monde avec l'Italie en 1982 et consultant pour la RAI sur l'EURO. C'était à la mi-temps du match contre la Russie, il pensait que son micro était coupé mais était toujours sur antenne. Il n'a fait qu'exprimer ce que tout le monde pense de la machine à casser de Fernando Santos. Quatre défenseurs, deux médians exclusivement défensifs : rien de choquant. Mais aussi la presque majorité du reste de l'équipe qui a pour première ambition de garder le marquoir vierge, ensuite éventuellement de placer l'une ou l'autre contre-attaque. La recette a marché pendant les qualifications : la Grèce n'a pas perdu. Avant le match contre l'Allemagne, Joachim Löw a dit : " C'est leur style, ils ont ça dans le sang, ils construisent un mur, ils ne bâtissent pas grand-chose d'autre. " Quand le coach portugais de la Grèce affirme qu'il veut que ses joueurs " atteignent la perfection ", il ne parle pas de la même chose que les amateurs de beau jeu. La qualification pour les quarts a tenu du miracle. Sans le complexe de supériorité et le manque de concrétisation des attaquants russes, la faillite des gars de Santos aurait été proclamée après trois matches. Les chiffres des semblants de duels contre la Russie et l'Allemagne sont édifiants : les Grecs ont eu respectivement 38 et 34 % de possession de ballon. Mais ils ont éliminé l'équipe de DickAdvocaat et fait douter celle de Löw pendant quelques secondes, quand ils ont égalisé. Dans ces deux rendez-vous, ils ont tenté 14 fois leur chance au but et leurs adversaires ont frappé à 49 reprises. On retient deux noms. Giorgios Karagounis, médian capitaine, vieux de la vieille (près de 120 matches internationaux), champion d'Europe 2004. Il a marqué le but décisif contre la Russie mais était suspendu face à l'Allemagne et Santos estime qu'il n'était pas possible de compenser son absence. Autre grand nom du quart : Mesut Özil... Les Grecs savaient qu'il pouvait être la clé et avaient imaginé un dispositif anti-Özil mais le maestro du Real s'est baladé entre les lignes et a été élu homme du match. Dans tous les journaux sportifs, on a parlé autant des problèmes économiques de la Grèce que de son équipe de foot. Avant chaque match, on a rappelé que le pays était au bord de la banqueroute. Il y a encore eu plusieurs titres ironiques avant le quart de finale, du style " Bye bye les Grecs, aujourd'hui l'Allemagne ne peut pas vous sauver ". Les joueurs ont souvent évité la question de la dette et se sont rebellés quand on les croyait noyés ; dans le match d'ouverture contre la Pologne et face à la Russie. On retient aussi le lien père-fils très marqué entre les joueurs et le coach, et la fierté des Grecs quand ils ont quitté le terrain pour la dernière fois. Sur le plan individuel, Karagounis a été bon, ainsi que l'autre cerveau médian Kostas Katsouranis et le duo d'attaquants Fanis Gekas- Giorgios Samaras. Ils manquent de talent. En République tchèque, personne n'attendait quelque chose de cette équipe. Dépendante beaucoup du génie de Tomas Rosicky, elle l'est également de ses blessures, beaucoup trop fréquentes. En talent pur, cette génération en a beaucoup moins que celle de 1996 ou de 2004. Pour les Tchèques, se qualifier pour les quarts reste donc un bon résultat. D'autant qu'ils n'ont pas abordé la compétition en pleine sérénité. Le sélectionneur Michal Bilek a été sur la sellette après des matches amicaux médiocres. Le scandale ayant suivi la qualification lors des barrages face au Monténégro (les internationaux avaient insulté un ancien joueur, devenu consultant, déchirant leur costume dans l'avion et débarquant en slip à l'aéroport ; seuls Petr Cech et Petr Jiracek s'étaient abstenus...) a placé les joueurs dans une situation également délicate. En attaque, on reproche beaucoup à Bilek d'avoir maintenu sa confiance en Milan Baros, jugé trop peu professionnel. Son incapacité à marquer lors de cet EURO a été le gros point noir. Cependant, Bilek n'avait pas d'autres possibilités, tant le choix était limité. Les concurrents de Baros ( Tomas Pekhart ou David Lafata, meilleur buteur du championnat tchèque) n'ont qu'une expérience limitée et leurs différentes entrées au jeu n'ont pas été fameuses. L'absence de Rosicky face au Portugal a pesé lourdement, ses remplaçants ( Daniel Kolar contre la Grèce et Vladimir Darida contre le Portugal) n'évoluent que dans le championnat tchèque. Jiracek et Jarovslav Plasil ont tenté de remplacer Rosicky mais sans succès. Une défense solide (la défaite contre la Russie reste inexplicable) avec des contre-attaques rapides, un peu sur le modèle du Viktoria Plzen dont Bilek s'inspire. La défense, articulée autour de Cech, et de Michal Kadlec, le gaucher du Bayer Leverkusen, a rarement été prise en défaut. On a découvert la force de travail d'un joueur comme Jiracek, véritable leader de cette formation, auteur de deux buts, que les médias voient en remplaçant de Pavel Nedved, comme capitaine. Pourtant, la révélation est à chercher du côté de l'ailier Vaclav Pilar, dont on a appris qu'il a été surnommé le Messi de Plzen, pour sa petite taille, sa vivacité et sa technique. Le joueur de Wolfsburg a véritablement mis le feu aux défenses adverses. C'est lui qui fut également l'homme le plus dangereux face au Portugal. Enfin, au niveau des révélations, on peut également ajouter le back droit, Theodor Gebre Selassie, un vrai back moderne. Le Werder Brême ne s'est pas trompé en le transférant. PAR PIERRE DANVOYE ET STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTOS: IMAGEGLOBE" En équipe de France, l'intellectuel et le talent sont catastrophiques. On est nuls et bêtes ! " (Jean-Michel Larqué) Les Grecs ont eu 38 % de possession contre la Russie mais ils ont éliminé l'équipe de Dick Advocaat.