Un sur six, deux cartes rouges, une volée de doutes et de divisions, voilà ce que les Diables Rouges ont ramené d'Espagne, dans la nuit de samedi. Le doux soleil automnal qui baignait Santander n'a pas eu d'effets sur les Diables, au contraire. L'équipe fanion a continué sur le ton donné vendredi soir en Espoirs par Silvio Proto, un garçon plein de tempérament qui, s'appuyant sur le bon départ de La Louvière, estime pouvoir frapper à la porte de l'équipe Première. Les qualités de Proto sont susceptibles de lui offrir un bel avenir, à condition qu'il allie classe physique et stabilité mentale et physique. Or, vendredi dernier, il a insulté l'arbitre de façon obscène et laissé ses équipiers en plan. Le samedi, les A ont continué...
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Un sur six, deux cartes rouges, une volée de doutes et de divisions, voilà ce que les Diables Rouges ont ramené d'Espagne, dans la nuit de samedi. Le doux soleil automnal qui baignait Santander n'a pas eu d'effets sur les Diables, au contraire. L'équipe fanion a continué sur le ton donné vendredi soir en Espoirs par Silvio Proto, un garçon plein de tempérament qui, s'appuyant sur le bon départ de La Louvière, estime pouvoir frapper à la porte de l'équipe Première. Les qualités de Proto sont susceptibles de lui offrir un bel avenir, à condition qu'il allie classe physique et stabilité mentale et physique. Or, vendredi dernier, il a insulté l'arbitre de façon obscène et laissé ses équipiers en plan. Le samedi, les A ont continué... Cela a commencé avant le match, dans le tunnel, avec une stupide affaire d'anneaux et des échanges inutiles entre arbitres et joueurs. De nos jours, l'autorité a de plus en plus de mal à se faire respecter. Cela a continué sur le terrain, où le capitaine et le vice capitaine de l'équipe nationale, des joueurs qui comptent respectivement 59 et 55 sélections et sont des habitués de la Ligue des Champions, ont disjoncté. Ni la FIFA ni l'UEFA ne plaisantent avec des crachats et on peut craindre que BartGoor soit suspendu quatre ou cinq matches, soit environ un an. Francesco Totti, pour un geste similaire contre les Danois au dernier EURO, a été suspendu pour trois matches. Et il est peut-être heureux que la police ait pu s'interposer rapidement entre EricDeflandre et le quatrième arbitre, faute de quoi il eût écopé d'une sanction plus lourde qu'un match de suspension. Encore faut-il attendre un éventuel rapport supplémentaire... En outre, en première mi-temps, WesleySonck avait décoché un coup de coude inadmissible. Et on sait que la FIFA n'hésite pas à sanctionner sur base des images télé. Voilà qui en dit long sur l'état nerveux d'une équipe à la recherche d'un nouvel élan, une équipe dont divers joueurs sont en crise et s'interrogent quant à leur avenir. Deux exclusions, c'est beaucoup pour une équipe qui a remporté le Prix du Fair Play au dernier Mondial. Ce n'est pas un hasard. Le staff technique a tiré une conclusion des derniers matches, pas seulement ceux des Belges mais de tous les rapports de scouting : nos joueurs étaient trop gentils et il fallait retrouver de toute urgence les normes belges de caractère et d'engagement. Mais les joueurs ont mal interprété le message. Ils n'ont pas fait preuve d'une saine agressivité sportive mais d'une absurdité impardonnable. Vendredi soir, on percevait déjà cette atmosphère électrique. Un bon entraîneur affûte ses joueurs. L'Espagnol Luis Aragones avait d'ailleurs été loin pour motiver Reyes en proférant une insulte raciste à l'égard de son coéquipier d'Arsenal ThierryHenry. Lors du dernier entraînement, Aimé Anthuenis a donné l'impression d'être très nerveux. Et il a joué les Dr Jekyll et Mr Hyde, en apparence décontracté dans ses contacts avec la presse, qu'il charme par une plaisanterie ou une tape amicale. Mais avec les joueurs, il était nerveux et s'est irrité, parfois de manière compréhensible. Comme quand VincentKompany monte sur le terrain plusieurs minutes après ses compagnons, les chaussures délacées... Et la manière dont Anthuenis a incité TristanPeersman à faire preuve de plus d'autorité dans le but... C'était comme si ce match était celui de la dernière chance et qu'il fallait à la première occasion racheter la faute commise contre la Lituanie. Les nerfs de l'entraîneur ont-ils eu une influence sur ceux des footballeurs ou vice-versa ? Qui peut le dire ? Déjà contre la Lituanie, Goor, le capitaine, avait eu des échanges très vifs avec l'arbitre, ce qui lui avait déjà valu un avertissement et avait déconcentré le joueur de Feyenoord. Et maintenant, ce crachat... Goor veut, ce qui l'honore, prendre l'équipe en mains, secouer des éléments qui sont peut-être trop gentils dans les duels, lors des joutes internationales, mais il doit bien constater, comme tout le monde, qu'il est impossible de secouer l'apathie de joueurs de talent comme DanielVan Buyten, Kompany ou Peersman. Van Buyten refuse d'assumer la responsabilité du but contre la Lituanie. En Espagne, il provoque un penalty (non sifflé) suite à un contrôle de balle nonchalant, alors qu'il n'était pas sous pression et en deuxième mi-temps, d'un coup, on le retrouve devant alors qu'il aurait dû soigner sa couverture... Et Peersman, qui n'avait apparemment pas réalisé en début de match que la pelouse venait d'être arrosée et était donc glissante... Ou encore Kompany, brillant, qui gagne tous les duels en défense mais s'empêtre à la relance et peut revendiquer la paternité partielle du premier but... Evidemment, on ne peut que louer Kompany d'être exigeant, de rester lui-même, à tous les niveaux, sur le terrain et en dehors. On ne peut que le louer de toujours chercher une solution footballistique. Il l'a appris à Anderlecht, en équipes d'âge, mais c'est bien sa perte de balle qui est à la base du but. Il a admis que c'était sa faute, ce qui est tout à son honneur, mais il a aussi signalé " que c'était son jeu et que ça le resterait ". Nous sommes curieux de savoir si l'Inter ou Chelsea toléreraient ça. OlivierDeschacht, peu sûr à la relance également, aurait dû être plus attentif et aurait dû pouvoir jouer mieux le hors-jeu. Conserver le zéro au marquoir est illusoire pour le moment. Des détails irritent, à chaque match, il y a de nouveau une erreur individuelle et les Diables ne semblent pas comprendre la différence de niveau ni les leçons à tirer de leurs erreurs. Le match de samedi l'a parfaitement illustré. Après un début de rencontre incroyablement faible sur le plan tactique û comment est-il possible de jouer ainsi quand on sait comment pratique l'adversaire ? û, les Belges se sont repris et le travail défensif a été convenable. Par contre, l'entraîneur aurait dû remplacer Roberto Bisconti, qui battait le beurre depuis le début de la deuxième mi-temps, Le score était fixé à l'heure de jeu. C'est d'autant plus dommage qu'on aurait pu réaliser un exploit. La PrimeraDivision a beau émarger au gotha européen, la phalange espagnole, ultra offensive, avec un seul médian à vocation défensive, a été moyenne, voire faible, après le premier quart d'heure. On regrette donc de n'avoir pas eu, dans l'axe de l'entrejeu, un élément combinant aptitudes défensives et offensives. C'eût été un match pour un Mbo Mpenza, car les espaces ne manquaient pas, mais les ballons ne sont pas arrivés. Thomas Buffel a beaucoup travaillé à une position inhabituelle pour lui, comme Sonck, mais il ne faut pas leur demander de délivrer de bons longs ballons, pas plus qu'à Bisconti ou PhilippeClement. Ils ont d'autres qualités mais ils ne peuvent être alignés de concert en équipe nationale. Là, Anthuenis a commis une erreur de jugement. Quand StefaanTanghe a déclaré forfait, mercredi, il aurait dû appeler un remplaçant. SvenVermant s'il avait gardé ses sentiments pour lui. Et comme WalterBaseggio est en disgrâce depuis la défaite à Cologne... Bref, l'épisode a coûté sa tête à Vermant. Parfois, Anthuenis donne l'impression de faire preuve d'entêtement û en espérant qu'il n'y ait pas de motifs linguistiques sous-jacents. Ce fut brillant à d'autres postes aussi... Prenez AnthonyVanden Borre, l'arrière droit d'Anderlecht. Quand Bisconti, émoussé, a été remplacé, c'est OlivierDoll qui est monté. Un Doll qui ne déçoit jamais tant sa confiance en lui est illimitée. Mais pas Vanden Borre parce qu'il n'est pas en forme d'après le coach. Si c'est le cas, que fait-il dans le noyau ? Idem avec Tom De Mul. Faire la connaissance d'un brillant footballeur plein de possibilités est chouette mais quel sens cela a- t-il, avant pareil match, si même son entraîneur de club estime qu'il est dans le creux de la vague ? La pression croît. Il ne va pas être facile pour Anthuenis, de préparer le match contre la Serbie le 17 novembre. Pas de Goor, pas de Deflandre, peut-être un mois de problèmes dans leurs clubs respectifs pour Sonck (qui s'est démené, voulant à tout prix récompenser la confiance que lui conserve à juste titre Anthuenis) et pour Buffel (en balance avec Koen Daerden pour ce match). Le retour de TimmySimons, le nouveau leader avec Sonck, pourrait arranger bien des choses, en ce sens qu'Anthuenis ne pourrait plus bouder la solution qu'on lui souffle depuis un certain temps : l'aligner dans l'entrejeu avec Kompany. Il n'a pas osé commencer ainsi contre la Lituanie, il ne l'a pu en Espagne parce qu'il voulait un joueur rapide derrière, et que Clement n'était pas une option. Dans l'entrejeu, Kompany peut se permettre impunément une faute et sa classe pourrait offrir plus de possibilités offensives,... pour autant qu'il fasse preuve de discipline. Le renvoi d'Anthuenis (qu'il considère lui-même comme possible si le match contre la Serbie se déroule mal), est-il une solution ? Il brusquerait le monde du football, il rétablirait peut-être la confiance de certains joueurs en rupture, comme Emile Mpenza et Walter Baseggio, mais nous ne pensons pas que pareil geste tirerait automatiquement l'équipe de sa mouise. Depuis l'arrêt Bosman, les Belges se sont éparpillés en Europe, en quête d'argent, mais ça ne leur a guère valu de renommée. Loin de leur propre championnat si familier, ils se sont trop souvent égarés en alibis. L'entraîneur ne les aime pas, etc. Anthuenis fait ce qu'il peut pour les ramener en Belgique et c'est peut-être une solution à terme, même si la réalité sportive s'efface souvent devant l'économique... L'entraîneur a sa part de responsabilités car il n'a pas aligné le meilleur onze mais la fédération doit également se regarder dans le miroir. Nous payons le tribut d'années passées sans réaction aux changements du football. Anthuenis se plaint à juste titre d'avoir peu d'alternatives. Il est temps de protéger nos propres jeunes, les produits de notre propre marché, d'annuler une mesure fiscale ridicule et la permission de jouer sans limite d'étrangers. Espagnols, Italiens, Français, Anglais, tous se protègent, bien que ce ne soit pas une garantie de succès : regardez les nombreuses surprises du week-end. Mais comment freiner notre chute libre ? En septembre 2002, quand Anthuenis reprit les Diables Rouges, ils étaient 19e au classement de la FIFA. Ils sont maintenant 35e... Cela dit, les joueurs sont aussi responsables de ce qui n'a pas marché samedi. Utiliser Kim MiltonNielsen comme alibi est une bien piètre excuse. Il s'agit d'assumer ses responsabilités correctement. Nous parlons de sérieux professionnel et de concentration pendant 90 minutes, ici. Peter T'Kint, envoyé spécial à Santander" Utiliser L'ARBITRE COMME ALIBI est une bien piètre excuse "