Début avril, Sef Vergoossen a volontairement quitté Genk. Jos Daerden a dû suivre le même chemin. Contraint et forcé. Si l'entraîneur est parti avec les honneurs, son adjoint s'est éclipsé sur la pointe des pieds.
...

Début avril, Sef Vergoossen a volontairement quitté Genk. Jos Daerden a dû suivre le même chemin. Contraint et forcé. Si l'entraîneur est parti avec les honneurs, son adjoint s'est éclipsé sur la pointe des pieds. Jos Daerden : J'ai reçu une seule offre de La Louvière. A la demande de Stéphane Pauwels, le manager, j'ai eu un entretien avec le président Filippo Gaone. Nous avons discuté plus de trois heures. Je suis parti animé d'un sentiment positif, même si on m'avait dit, avec franchise, qu'il y avait un autre candidat. Cet homme était d'ailleurs déjà prêt quand je suis arrivé (il rit). Nous avons encore eu un contact ensuite. J'y allais pour signer mais le président n'était pas là et j'ai compris que ça ne mènerait à rien. Je regrette simplement qu'ensuite, le club ne m'ait pas prévenu par téléphone qu'il avait choisi quelqu'un d'autre, par simple politesse. Nous avions quand même eu une conversation de plusieurs heures, nous avions parlé du noyau, car je m'étais préparé. Sinon, ça ne me pose pas de problème. C'est le choix de La Louvière. Non. Cela fait longtemps que je ne prends plus mes rêves pour la réalité. Le fait que, depuis plusieurs années, je ne me sois plus profilé comme entraîneur principal a peut-être joué un rôle. Lors de mon entrée en fonction à Genk, je pensais avoir refermé ce chapitre. Dans mes interviews, j'étais l'homme qui veillait à la vision à long terme du club. Quand l'entraîneur principal est limogé et que vous devez l'accompagner, le monde extérieur vous assimile à lui. Cela a probablement joué un rôle. Il ne faut pas s'estimer trop important pour un poste. L'opinion des autres ne m'intéresse pas. Pourquoi n'entraînerais-je pas un club de D2 ou de D3 ? Je ne suis pas sûr de rester dans le monde du football non plus. En fait, j'y réfléchis pour le moment. J'ai reçu une offre sérieuse du plus important manager espagnol au Bénélux : GZS Properties. Tout est en Espagne, sauf la logistique. C'est par mon intermédiaire qu'il a une loge à Genk depuis un an et demi. Il m'a contacté en apprenant mon renvoi. Son offre est valable jusqu'au 1er juillet. Si je l'accepte, j'ai fort peu de chances de revenir sur un banc. Sur quoi se fondaient de telles déclarations ? Je ne pense pas avoir effectué les mauvais choix mais je le répète : je pensais avoir bien fait en optant pour le long terme à Genk mais ce n'était manifestement pas le cas. L'essentiel pour moi est de retirer satisfaction de ce que je fais. Le poste que je briguais à Genk m'en offrait davantage, oui. Je devais jauger l'évolution du marché. Anderlecht, le Standard, Bruges et Genk sont des certitudes. Pour les autres clubs, avec tout mon respect, tout devient plus difficile. Je pensais donc que si je pouvais travailler à long terme, je prendrais mes distances par rapport à ce que j'aime toujours, le métier d'entraîneur. Si La Louvière l'avait voulu, j'en serais devenu l'entraîneur car je suis convaincu d'avoir les qualités requises. En siégeant à la commission sportive de Genk, j'ai vu comment les choses devaient se passer ou, au contraire, ne le devaient absolument pas. Dans beaucoup de clubs, la communication est épouvantable. Normalement, les présidents ne s'expriment pas dans la presse mais en Belgique, c'est systématique alors que, selon moi, ils doivent diriger le club et non s'épancher sur les événements sportifs du quotidien. Or, parfois, des affaires internes arrivent aux oreilles des journalistes en moins de 24 heures. Les dirigeants disent alors : - Ils racontent n'importe quoi. Or, ce sont souvent des choses exactes. Ce bagage supplémentaire m'aide à ne pas sombrer dans la panique car je connais le mode de fonctionnement interne des clubs. Pas à mes yeux. Ce n'est pas nécessaire à partir du moment où on prend un engagement avec des gens. Si tout avait été couché sur papier, j'aurais peut-être reçu une indemnité mais ce n'est pas important à mes yeux. Ce qui est beaucoup plus difficile à digérer, c'est qu'on a piétiné ma confiance. Genk a déclaré que Vergoossen et moi formions un duo et que je ne pouvais donc pas demeurer au club mais en fait, notre seul point commun était la date de notre entrée en fonction. Il était convenu que je recevrais d'autres fonctions. A part Anderlecht, quel club intègre l'entraîneur adjoint à la commission sportive au bout de quelques mois ? Un moment donné, je ne devais plus dispenser d'entraînements, certains jours, mais assumer d'autres tâches mais le club a trouvé que ça n'allait pas tant que Vergoossen était entraîneur. Car le manager sportif doit être au-dessus de l'entraîneur. Une fois de plus, les choses ne se sont pas déroulées de manière correcte. En fait, certaines personnes n'ont pas accepté le fait que j'aurais affirmé que le staff technique ne voulait pas de Takayuki Suzuki. Au moment où on pouvait m'offrir le poste promis, on m'a sacrifié. A mes yeux, pourtant, tout était clair. Du moins, je le croyais. Un club doit bien faire son travail : si votre sponsor est une société japonaise et que vous voulez un joueur de là-bas, vous devez y envoyer un émissaire avant la Coupe du Monde au lieu de faire prendre la décision après coup à votre staff, en 48 heures et sur base de deux cassettes vidéo. Il faut placer la latte plus haut. Pour rejoindre le noyau A, il suffisait d'être un an en Espoirs. C'était un droit acquis. Il faut le supprimer car, pour beaucoup, il n'y avait plus de pression une fois ce cap franchi. Un club doit aussi pouvoir formuler des objectifs réalistes. Si Genk ne mène pas 2-0 après 20 minutes, ce n'est pas bon. Le club a obtenu ce statut lui-même mais il doit y faire face, tout comme une série de joueurs. La question, c'est : comment se développe quelqu'un ? Kevin Vandenbergh conservera toujours ses qualités mais adjoindra-t-il autre chose à son bagage ? Si on attend que lui ou un autre marque 30 buts, il ne sera plus payable, c'est simple. Donc, il faut le transférer avant et espérer qu'il progresse mais on ne peut pas le deviner. Je l'ai eu au Standard et à Genk : il ne sera jamais un leader, si ce n'est par ses prestations. Le problème de Bernd, c'est que tout a l'air si évident que les observateurs ont une fausse image de lui. Il a l'air flegmatique et quand il se manifeste, c'est d'une mauvaise manière. On le pousse dans un rôle. De ce point de vue, on voyait nettement la différence entre lui et Josip Skoko. Pourquoi est-ce que ça allait si bien entre Wesley Sonck et Moumouni Dagano ? Parce qu'ils jouaient exactement comme Bernd en avait besoin. S'il doit conserver trop longtemps le ballon, il a des problèmes. Il doit agir rapidement. Donc, qu'aime-t-il faire ? Recevoir le ballon, jouer, tourner, ouvrir des brèches. Dans ce registre, il n'a pas son pareil. Non, c'est un raisonnement trop simpliste. Qu'est un médian créatif ? Qui est-ce à Anderlecht ? Walter Baseggio n'était lui-même qu'au moment où Ivica Mornar ou Aruna Dindane se présentaient devant le but. Que vaut Almani Moreira au Standard ? Fort parfois mais aussi faible dans une série de matches. Bruges a bien transféré avec Jonathan Blondel, dont il avait été question chez nous, mais je ne le voyais pas fonctionner dans le 4-4-2 que nous pratiquions. Il perd la majeure partie de ses possibilités dans ce système. Nous avons eu la chance de posséder en Sonck et Dagano deux grands joueurs au niveau belge, c'est cela qui avait fait la différence. Raoul De Groote Une fois de plus, les choses ne se sont PAS DéROULéES DE MANIèRE CORRECTE "