Onzième président de l'histoire du Club Bruges avant sa cession de témoin récente à Bart Verhaeghe, Pol Jonckheere aura eu le règne le plus bref, puisqu'il a dû céder les rênes du pouvoir un an et demi à peine après avoir succédé à Michel D'Hooghe. Le contexte de la reprise n'était sans doute pas idéal : depuis leur titre de champion en 2005, les Bleu et Noir n'avaient plus rien gagné. Pire encore, le Club, qui s'était assimilé pendant bon nombre d'années à un long fleuve tranquille, avait pris des allures de courant ...

Onzième président de l'histoire du Club Bruges avant sa cession de témoin récente à Bart Verhaeghe, Pol Jonckheere aura eu le règne le plus bref, puisqu'il a dû céder les rênes du pouvoir un an et demi à peine après avoir succédé à Michel D'Hooghe. Le contexte de la reprise n'était sans doute pas idéal : depuis leur titre de champion en 2005, les Bleu et Noir n'avaient plus rien gagné. Pire encore, le Club, qui s'était assimilé pendant bon nombre d'années à un long fleuve tranquille, avait pris des allures de courant tortueux depuis lors, emportant en l'espace d'une demi-décennie à peine des noms aussi ronflants que Jan Ceulemans, Emilio Ferrera, Jacky Mathijssen, René Verheyen, Franky Van der Elst et Marc Degryse. Excusez du peu. C'est au pied levé qu'à l'approche de l'été 2009, Jonckheere avait pris la relève de Michel D'Hooghe. Opéré à l'époque d'une tumeur au cerveau, celui-ci désirait alors prendre du recul et laisser son poste à celui qui, quelques mois plus tôt, était sorti pour la toute première fois de l'ombre en posant aux côtés de Momo Dahmane et Vadis Odjidja Ofoe, recrutés en janvier de la même année. Malgré son prétendu retrait de la maison brugeoise et ses implications toujours plus nombreuses auprès de la FIFA, l'ex-président de l'Union belge n'a eu de cesse de jouer les belles-mères au stade Jan Breydel. Et même plus, car les méchantes langues prétendent qu'il aura été à la base de la mise à l'écart de son successeur au profit de Verhaeghe... C'est un secret de Polichinelle, en tout cas, que ce n'était pas le grand amour entre les deux hommes. Partisan farouche de Trond Sollied, Jonckheere n'a jamais admis le remplacement du Norvégien par Ceulemans, chouchou de D'Hooghe, et s'est toujours plu à soutenir que tous les ennuis du Club avaient commencé à ce moment-là. Si D'Hooghe n'a sans doute pas toujours été heureux dans ses choix, au moins parvenait-il à sensibiliser les gens à la cause brugeoise. Ce qui ne pouvait être dit de Jonckheere (et du manager sportif Luc Devroe) qui ont vu pas mal de beau monde leur filer entre les doigts ( Jelle Van Damme, Tom De Sutter, etc.). Dans un premier temps, c'est Devroe qui fut évincé avant que Jonckheere ne subisse le même sort il y a huit jours. Place, dès lors, à un nouveau patron : Verhaeghe (45 ans), fondateur et président de la société Uplace, spécialisée dans l'immobilier international. Un homme qui pèse lourd avec une fortune estimée à 115 millions d'euros. Originaire de Grimbergen, dont il a défendu les couleurs jadis, il joua aussi à HO Merchtem. L'année passée, l'homme avait voulu reprendre le Kavé mais s'était heurté au refus du président Johan Timmermans. Sa deuxième tentative, au Club Bruges cette fois, aura bel et bien été couronnée de succès. BRUNO GOVERS Partisan farouche de Sollied, Jonckheere a toujours soutenu que les ennuis du Club avaient commencé au départ du Norvégien.