On l'a un peu oublié, mais avant d'entamer véritablement une carrière qui l'a mené au FC Liégeois, au Germinal Ekeren, à Strasbourg, à Millwall et maintenant au FC Brussels où il a signé pour une saison, Christophe Kinet a passé cinq années à Anderlecht. " J'avais 10 ans lorsqu'un jour, le téléphone a sonné à la maison ", se souvient-il. " Un scout, qui m'avait vu à l'£uvre, m'avait renseigné au Sporting et le club me proposait d'aller passer un test à Bruxelles. Imaginez-vous : j'étais affilié à Amay, dont l'équipe Première détenait la lanterne rouge en 4e Provinciale, et j'étais invité à rejoindre le club le ...

On l'a un peu oublié, mais avant d'entamer véritablement une carrière qui l'a mené au FC Liégeois, au Germinal Ekeren, à Strasbourg, à Millwall et maintenant au FC Brussels où il a signé pour une saison, Christophe Kinet a passé cinq années à Anderlecht. " J'avais 10 ans lorsqu'un jour, le téléphone a sonné à la maison ", se souvient-il. " Un scout, qui m'avait vu à l'£uvre, m'avait renseigné au Sporting et le club me proposait d'aller passer un test à Bruxelles. Imaginez-vous : j'étais affilié à Amay, dont l'équipe Première détenait la lanterne rouge en 4e Provinciale, et j'étais invité à rejoindre le club le plus prestigieux du pays ! Le test en question, sous la direction du regretté Jean Dockx, s'est révélé concluant et j'ai pu rester. Pendant les quatre premières années, mon père faisait la route pour me conduire. Je lui dois une fière chandelle, car il s'est beaucoup sacrifié pour moi. Mais, en même temps, il était fier de voir son fils là-bas, car il avait toujours été un supporter des Mauves. Lors de ma cinquième saison, j'étais déjà plus âgé et je suis resté loger à Bruxelles. J'occupais un appartement, dans une maison juste en face du stade où étaient hébergés les jeunes du club. Dans la même maison, mais pas au même étage, il y avait des gars comme PärZetterberg et NiiLamptey. Je vois encore le Suédois, avec ses longs cheveux, occupé à ses interminables parties de bingo, dont il raffolait. Je me souviens aussi de la détresse qui l'avait envahi lorsqu'il avait été gravement blessé au genou. Les meilleurs jeunes, dont je faisais partie, étaient soumis à des entraînements individuels, axés sur la technique, en plus des entraînements collectifs. Y participaient, entre autres : JohanWalem, BertrandCrasson, FrédéricPeiremans, KurtVandePaar et je crois, déjà, WalterBaseggio. La voix de MarcelDecorte résonne encore à mes oreilles. Il m'encourageait à travailler mon pied droit, à utiliser mon coup de pied et insistait sur les transversales. û Situn'espascapablederéaliserdestransversales, tuneserasjamaisunbonjoueur ! répétait-il. C'est sans doute à cette période-là que j'ai façonné ma technique. Dans le même temps, je me rendais aussi chaque semaine aux entraînements de l'équipe nationale. Je fréquentais l'Athénée Joseph Bracops, dont un bâtiment û qui a été démoli lors de l'agrandissement du stade Constant Vanden Stock û avait été construit à l'entrée même du Parc Astrid. Mais je faisais surtout l'école buissonnière. Je me souviens d'avoir brossé les cours pour assister à un entraînement du FC Barcelone, qui se produisait le lendemain en Coupe d'Europe. Je n'étais pas le meilleur élève de la classe, pour utiliser un euphémisme. Mes parents recevaient régulièrement un coup de fil du directeur pour leur signaler des écarts de conduite ou une absence de ma part. Mon comportement a irrité les dirigeants d'Anderlecht, qui ont mis fin à mon contrat. Si je le regrette ? Oui et non. A l'époque, j'avais certainement les capacités pour rester au Sporting, mais rien ne dit qu'arrivé en Juniors et en Réserve, j'aurais reçu ma chance en équipe Première. En tout cas, je me réjouis de retrouver des gars comme Pär Zetterberg et Walter Baseggio en face de moi sur le terrain, dimanche prochain ".