Kismet Eris est connu aujourd'hui pour être l'agent de Christian Benteke, ChristianBrüls ou Sinan Bolat. Avant cela, l'homme a enseigné mais fut aussi éducateur à Droixhe, le quartier où il a grandi. Aujourd'hui encore, il connaît tout le monde, ou presque, si on se base sur le nombre de " bonjour " distribué en quelques heures. Une dame d'une quarantaine vient même lui demander de signer un papier d'allocations. " Assistant social un jour, assistant social toujours ", sourit Kismet. " Je suis Turc et elle est Arménienne. On devrait se détester et pou...

Kismet Eris est connu aujourd'hui pour être l'agent de Christian Benteke, ChristianBrüls ou Sinan Bolat. Avant cela, l'homme a enseigné mais fut aussi éducateur à Droixhe, le quartier où il a grandi. Aujourd'hui encore, il connaît tout le monde, ou presque, si on se base sur le nombre de " bonjour " distribué en quelques heures. Une dame d'une quarantaine vient même lui demander de signer un papier d'allocations. " Assistant social un jour, assistant social toujours ", sourit Kismet. " Je suis Turc et elle est Arménienne. On devrait se détester et pourtant, c'est tout le contraire. Droixhe, c'est une famille, peu importe la race. J'ai grandi dans une pauvreté incroyable mais il y avait une telle solidarité. " " Le bonheur se résumait à avoir un ballon, même dégonflé. On jouait tout le temps. Et comme dans un centre de formation, c'est la répétition des actes, le contact avec le cuir, qui te permet de maîtriser un geste. Le PèrePaul nous emmenait au club de Pierreuse, il venait chercher les enfants à neuf heures, on était tellement excités qu'on attendait depuis deux heures.... Que Dieu lui accorde le paradis, le père Paul a tant fait pour les jeunes de Droixhe. Il m'avait offert mes gants de gardien, c'était des Uhlsport, ceux de Toni Schmacher, un geste que tu n'oublies jamais. J'ai aussi essayé de m'impliquer auprès de Pierreuse et j'ai également monté une équipe de futsal, le MFC Droixhe. On a commencé en 3e pro-vinciale et on est monté quatre fois de suite. Uniquement avec des jeunes du quartier. Il y avait tellement de monde qui venait nous voir que je m'étais arrangé avec les TEC pour qu'un bus nous conduise au match. A l'époque où j'étais éducateur, j'avais organisé un tournoi là-bas (ndlr, il nous montre une pelouse, pas des plus plates, entourée de tours). On avait tracé des lignes pour délimiter le terrain, amené des barrières nadar, reçu des gaufres et des canettes du CPAS. Ce tournoi était appelé " la Coupe du Monde " (ndlr, la légende raconte que des scouts du Standard et même d'Anderlecht venaient observer le talent). La Syrie, l'Arménie, la Turquie, le Congo, étaient représentés par des habitants du quartier. D'ailleurs, Christian a déjà gagné une Coupe du Monde, avec le Congo, il avait 12 ans (il rit). Mehdi, lui, venait tout le temps à la plaine, il était moins discipliné que Christian, plus olé-olé, mais c'est quelqu'un qui a un coeur énorme. Bakkali rappliquait moins souvent et, quand c'était le cas, il était toujours accompagné de ses frères car il est très " famille ". Je me rappelle d'une fois, alors qu'il n'avait que 13-14 ans, il avait tourné par ses dribbles un " grand " du quartier qui avait fini par perdre l'équilibre et tomber la tête la première sur le sol. Il l'avait rendu malade. C'était le génie de Droixhe "...