S'il Walter Baseggio vit un conte de fées. A nouveau champion, le voici élu Footballeur Pro de l'Année. C'est la première fois qu'un Jeune Pro (1999 et 2000) obtient cette consécration. A l'avenir, peut-être que Walter sera couronné dans un autre pays. En attendant, le jeune milieu de terrain à la fois bûcheron et artiste entre parfaitement dans les plans de l'expansion anderlechtoise.
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S'il Walter Baseggio vit un conte de fées. A nouveau champion, le voici élu Footballeur Pro de l'Année. C'est la première fois qu'un Jeune Pro (1999 et 2000) obtient cette consécration. A l'avenir, peut-être que Walter sera couronné dans un autre pays. En attendant, le jeune milieu de terrain à la fois bûcheron et artiste entre parfaitement dans les plans de l'expansion anderlechtoise. S'il est garant d'un bon mix entre physique et technique (admirez ses mouvements favoris page 52), Baseggio défend aussi un football d'imagination. Garçon de coeur, il est aussi généreux dans la vie que sur le terrain. Il ne cache jamais sa joie. D'une décontraction désarmante, il change facilement de registre sur le terrain. Un pur produit anderlechtois qu' Aimé Anthuenis (à nouveau Entraîneur de l'Année) a contribué à développer. A la dure. Car le coach ne fait pas de cadeaux, au contraire. Il augmente constamment le degré de difficulté. Il a lancé Vanderhaeghe et Hasi dans les pattes d'un Baseggio d'abord inquiet mais qui s'en est ensuite accomodé. Crasson, après une prise de contact froide, a finalement connu une période très faste lui aussi. Ilic s'est posé des questions avant de s'imposer... grâce à une blessure de Dheedene. Un peu comme Milojevic quand le pied de De Wilde a lâché. Anthuenis ne mâche pas la besogne de ses joueurs. C'est plutôt un pion qui juge le caractère sans s'intéresser en premier lieu au talent. Une façon de travailler qui fait ses preuves depuis Genk mais... Anthuenis n'a pas aligné Alin Stoica d'entrée contre Malines. Le Belgo-Roumain est monté bien plus tard au jeu (parce que le staff anderlechtois n'était pas certain qu'il était à 100% de ses moyens) et si Anderlecht n'a pas brillé, il a tout de même fêté une reconduction amplement méritée de son titre de champion. Deux faits très typiques de la saison anderlechtoise, finalement. Les résultats ont suivi mais la manière n'a pas toujours été brillante, on le sait. Vis-à-vis de sa direction, Anthuenis a en tout cas largement rempli son contrat par rapport au championnat et la Ligue des Champions. La famille Vanden Stock est ravie de la collaboration. Missions accomplies. Evidemment, si d'un côté Anderlecht satisfait ses milliers de supporters, il pourrait faire rêver encore plus. Comment? En étant un peu plus soucieux de ce qui a toujours fait la réputation de la maison mauve : un football plus léché. A ce sujet, si vous ne figurez pas nécessairement parmi les inconditionnels de Stoica, lisez son interview en page 22 et vous comprendrez. C'est édifiant. Entre les lignes aussi. Il ne s'agit pas ici d'une simple querelle vide de sens d'esthètes pinailleurs... Anderlecht ne doit pas mieux jouer pour faire seulement plus joli : le champion sera attendu avec bien plus d'égards, de prudence et d'intransigeance par des ténors européens avertis du potentiel bruxellois la saison prochaine. A lui d'augmenter la qualité de son jeu pour se mettre un peu plus hors d'atteinte.Ça ne passera pas uniquement par des rapports plus clairs entre Anthuenis et Stoica (à condition que ce dernier reste). Le recrutement jouera un rôle énorme dans l'avenir d'un Sporting bruxellois déjà orphelin de l'un ou l'autre de ses joueurs phares. A La Louvière, Daniel Leclercq garantit 34 matches de plaisir pour la saison prochaine. Anthuenis ne parlerait jamais comme ça. Pas parce qu'il a peur de décevoir mais parce que son foot à lui, c'est le travail, le physique, l'organisation, la sacro-sainte tactique. Le plaisir, ce serait plutôt la troisième mi-temps, une fois le résultat décroché. D'abord, il y a les efforts et la volonté. Au risque d'occulter définitivement la marque de fabrique anderlechtoise? Peut-être pas, car les Vanden Stock viennent d'engager une perle rare, le surdoué égyptien Hossam, preuve qu'ils veulent toujours voir danser ce satané ballon. Et ici, on ne parle pas des autres joueurs attirés qu'on connaît moins bien, sauf Thompson. Bref, Anthuenis est gâté : il aura le personnel requis pour jouer aussi en finesse. S'il le désire... John Baete