Tu as joué à un très bon niveau, tu peux retracer rapidement ton parcours footballistique ?

GUILLERMO GUIZ : J'ai commencé au RWDM quand j'avais 7 ans. Je suis resté 4 ans à Molenbeek puis je suis allé au Standard durant trois saisons. Mon père me conduisait à tous les entraînements, je connaissais les sorties de l'E40 par coeur. C'était une époque bénie, il y avait une véritable ambiance chaleureuse et c'est à ce moment-là que je suis tombé amoureux du Standard.
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GUILLERMO GUIZ : J'ai commencé au RWDM quand j'avais 7 ans. Je suis resté 4 ans à Molenbeek puis je suis allé au Standard durant trois saisons. Mon père me conduisait à tous les entraînements, je connaissais les sorties de l'E40 par coeur. C'était une époque bénie, il y avait une véritable ambiance chaleureuse et c'est à ce moment-là que je suis tombé amoureux du Standard. GUIZ : Je suis de la commune d'Anderlecht mais je n'ai jamais été attaché au RSCA. Pour moi qui venais des couches populaires, ça représentait les bourgeois du Brabant flamand. Et puis j'ai joué au RWDM donc forcément je suis anti-Anderlecht. Quand Johan Boskamp a signé comme coach au Parc Astrid, j'ai trouvé ça déchirant de traîtrise. GUIZ : Oui, après le Standard, j'ai fait une saison à l'Union Saint-Gilloise. Anderlecht voulait nous recruter Gaby Mudingayi et moi. J'y suis allé, ça offrait quand même des perspectives de carrière. Et puis, ils offraient des Copa Mundial. Ça peut paraître bête mais ça a pesé dans la balance. Gaby, lui, est resté et deux ans plus tard il jouait en Première. GUIZ : Trois saisons. Après, je suis retourné un an à l'Union, puis j'ai fait trois saisons au White Star avant d'arrêter complètement le foot et de partir vivre en Espagne pendant un an. GUIZ : J'ai été dégoûté pour différentes raisons quand j'étais au White Star. Et puis, il faut bien dire que ma carrière n'a été qu'une suite de désillusions. J'ai un corps en carton-pâte. Je me suis déchiré tous les muscles possibles et imaginables. J'ai été opéré des deux rotules quand j'étais en Junior UEFA avec Manu Ferrera comme coach et ça m'a encore plus fragilisé. Au final, je me suis rendu compte que je n'aurais jamais la carrière que je souhaitais avoir, donc j'ai arrêté. GUIZ : Ouais, au Standard j'étais avec Onder Turaci, Luigi Pieroni ou Jonathan Walasiak. Des mecs qui ont fait un beau petit parcours. Olivier Deschacht aussi : c'était un gars détestable niveau humain mais c'était un excellent joueur de foot. Ça paraît dingue maintenant mais c'était un dribbleur fou, il ne lâchait jamais le ballon. C'est Vercauteren qui l'a fait descendre dans le jeu et devenir ce qu'il est aujourd'hui. GUIZ : Quand je bossais à Knokke, Vadis Odjidja venait souvent, tout comme Nabil Dirar. Un jour, on a eu Georges Leekens aussi et Gert Verheyen. D'ailleurs, à l'époque, on faisait venir des stars comme Bruno Mars par exemple mais une des seules fois où j'ai fait une photo avec quelqu'un, c'était Verheyen. J'étais tout content de ma photo avec lui : ça pue pas le glamour directement mais je l'aimais bien, Gert, c'était un vaillant. GUIZ : Oui, quand je fais le Café Serré sur la Première en radio, je retrouve un peu l'adrénaline du foot. Tu ressens la petite pression d'avant-match. Parfois t'as bien joué, parfois t'es passé à côté. C'est pareil sur scène. Tu te prépares, tu joues : quand c'est bien, les gens te félicitent, et quand c'est pas bien, les gens t'évitent et font semblant qu'ils doivent partir vite. GUIZ : J'aime bien ça parce que je n'ai pas la pression de devoir absolument être drôle à chaque instant. Et plus que n'importe quelle autre émission à laquelle je participe, ça me donne une micro-notoriété. Les gens m'arrêtent, ils viennent me causer le samedi quand je joue en ABSSA. Enfin, quand je peux monter sur le terrain entre deux déchirures. GUIZ : Je parle de choses qui me sont très proches et ce n'était pas le cas du foot au moment où j'ai écrit mon spectacle. Maintenant, il n'est pas impossible que j'écrive sur les vestiaires de l'ABSSA à l'avenir. A Trinquant, je joue avec des gars du BW qui ont des polos Ralph Lauren et des mèches. C'est une tout autre ambiance, où on rit tout autant, mais d'autres choses par rapport à mon époque Unioniste par exemple. Tous les samedis matins, Mudingayi nous racontait ses exploits nocturnes de la veille. On pouvait l'écouter des heures nous raconter n'importe quoi sur ce qu'il faisait au quartier avec sa mobylette, c'était drôle. GUIZ : J'ai longtemps coupé, je préférais un bon film à un match. Mais, maintenant, je vais de temps en temps à Sclessin, même si c'est rare. Par contre, je reprends plaisir à regarder le Barça, qui a toujours été mon équipe de coeur. Je revois les matches des Diables avec plaisir, d'autant que ce sont souvent des moments sociaux agréables. Regarder un match avec des amis, c'est vraiment devenu quelque chose que j'affectionne dans la vie. GUIZ : J'attends toujours ce match référence des Diables Rouges où je me dis : - putain, on est forts ! L'EURO, j'en ai aucune idée, je sais pas vraiment où on se situe mais j'ai quand même l'impression qu'il y a meilleur que nous. Cela dit, je ne suis pas très drapeau, j'en ai un peu rien à foutre de ces histoires de nationalisme mais, l'un dans l'autre, ça reste quand même plus gai quand on gagne que quand on perd. Et j'ai bien conscience que ce que je viens de dire est bouleversant philosophiquement, mais c'est vrai. PAR JULES MONNIER - PHOTO PG-RTBF" J'ai un corps en carton-pâte. Je me suis déchiré tous les muscles possibles et imaginables. " GUILLERMO GUIZ