Six mois séparent les deux scènes. Gérard Linard fait la fête avec les Diables sur la pelouse de Saint-Pétersbourg après la victoire dans la petite finale. Gérard Linard est au bord du terrain de Momignies pour la visite de la JS Froidchapelle, premier club de Daniel Van Buyten. Le président de la fédération, qui habite dans le village voisin, mixe foot de tout en haut et foot de tout en bas. En juillet, il refaisait le monde avec les pontes de la FIFA. Aujourd'hui, à la mi-temps, il remue des vieux souvenirs avec quelques anciens coéquipiers.

© Pierre Danvoye

Parce que, oui, Gérard Linard a joué à Momignies. C'est même le seul club où il a été footballeur, dans les années 60 : " Je jouais centre-avant, je marquais pas mal. " Après ce match de P4 hennuyère, on le surprend en discussion avec ChristianDeshorme, qui jouait avec lui en Première. Ce Christian Deshorme a réussi un coup de malade dans les années 80. Il a amené Gerhard Böhmer, aka Bobby, à Momignies. Il a su convaincre le play-boy autrichien, star de Charleroi dans une autre vie, de s'arrêter l'espace de trois ans dans son club de P3.

Gérard Linard (lunettes foncées), le président de la fédé, dans le kop à quelques kilomètres de chez lui. À l'extrême gauche, avec la veste bleu clair, un ancien coéquipier, Christian Deshorme. L'homme à la casquette bleue, l'actuel président Vincent Deshorme, a joué  à Momignies avec Bobby Böhmer., Pierre Danvoye
Gérard Linard (lunettes foncées), le président de la fédé, dans le kop à quelques kilomètres de chez lui. À l'extrême gauche, avec la veste bleu clair, un ancien coéquipier, Christian Deshorme. L'homme à la casquette bleue, l'actuel président Vincent Deshorme, a joué à Momignies avec Bobby Böhmer. © Pierre Danvoye

" On avait joué un match contre des vétérans de Charleroi, après ça je lui ai demandé s'il n'avait pas envie de venir s'amuser à Momignies. Il a vite signé, c'était urgent parce qu'on était le dernier soir de la période de transferts. C'est seulement après que je lui ai montré les chiffres. Et je lui ai dit : -Si ce n'est pas assez pour toi, on déchire le contrat. Mais il ne venait pas pour l'argent. "

Les plus belles années de Böhmer

En 1997, on avait rencontré Böhmer pour une longue interview dans laquelle il nous avait tout dit sur son quotidien d'homme ruiné, poursuivi par les huissiers. Il nous avait lâché : " À la limite, c'est à Momignies que j'ai vécu la période la plus fabuleuse de ma carrière. On jouait sur des champs de patates, certains vestiaires n'avaient pas de douche. Un jour, un adversaire m'a demandé comment je pouvais m'amuser à ce niveau-là, après tout ce que j'avais connu. Je lui ai répondu que j'avais commencé ma carrière sur des champs de patates et que ça me faisait plaisir de la terminer dans le même décor. "

Et donc, on assiste à un Mominoise - Froidchapelle sur un terrain complètement gelé. Ne cherchez pas Mominoise sur Google Maps. C'est un nom fictif, fruit de la fusion entre Momignies et Macquenoise, deux villages bordant la frontière française. Macquenoise, principal lieu de tournage du film Rien à déclarer en 2010, par et avec Dany Boon. Avec, aussi, Benoît Poelvoorde, François Damiens, Karin Viard, Bouli Lanners et Olivier Gourmet. Rien de moins. Et 8 millions d'entrées dans les salles françaises. Ici, à dix bornes de Chimay, on se souvient avec amusement de grosses guindailles de Poelvoorde, les soirs de tournage.

© Pierre Danvoye

Synthétique et centenaire

Le président de l'ES Mominoise, Vincent Deshorme, a joué avec Böhmer. " Après les matches, il claquait sa prime sur le comptoir et il ne quittait pas la buvette avant qu'elle ait été entièrement dépensée. " Le responsable des jeunes, Jean-Marc Monin, faisait partie de l'équipe aussi. " La première chose qu'il a demandée en arrivant dans le vestiaire, c'était : -Il est où, le miroir ? " C'était l'artiste qui débarquait dans un noyau d'étudiants mais il s'est vite mis au diapason. Il venait un dimanche avec une blonde magnifique, le week-end d'après avec une brune encore plus belle. "

© Pierre Danvoye

L'ES Mominoise rame un peu aujourd'hui. Pendant l'été 2017, le club a perdu une trentaine de joueurs. Et donc, la saison qui a suivi a été compliquée, avec une ribambelle de jeunes. Verdict : pas un seul point en P3. Les vrais Héros du Gazon, ils étaient à Momignies. Mais le moral est bon. " On a 150 jeunes, trois équipes d'adultes, une équipe féminine et un chouette projet de terrain synthétique ", continue Jean-Marc Monin. La direction n'attend plus que la signature salvatrice. Tout le site serait rénové, pour un total de 700.000 euros. Ce n'est pas tout... Il y a aussi les cérémonies du centenaire, programmées à l'horizon 2020.

© Pierre Danvoye
© Pierre Danvoye
Six mois séparent les deux scènes. Gérard Linard fait la fête avec les Diables sur la pelouse de Saint-Pétersbourg après la victoire dans la petite finale. Gérard Linard est au bord du terrain de Momignies pour la visite de la JS Froidchapelle, premier club de Daniel Van Buyten. Le président de la fédération, qui habite dans le village voisin, mixe foot de tout en haut et foot de tout en bas. En juillet, il refaisait le monde avec les pontes de la FIFA. Aujourd'hui, à la mi-temps, il remue des vieux souvenirs avec quelques anciens coéquipiers. Parce que, oui, Gérard Linard a joué à Momignies. C'est même le seul club où il a été footballeur, dans les années 60 : " Je jouais centre-avant, je marquais pas mal. " Après ce match de P4 hennuyère, on le surprend en discussion avec ChristianDeshorme, qui jouait avec lui en Première. Ce Christian Deshorme a réussi un coup de malade dans les années 80. Il a amené Gerhard Böhmer, aka Bobby, à Momignies. Il a su convaincre le play-boy autrichien, star de Charleroi dans une autre vie, de s'arrêter l'espace de trois ans dans son club de P3. " On avait joué un match contre des vétérans de Charleroi, après ça je lui ai demandé s'il n'avait pas envie de venir s'amuser à Momignies. Il a vite signé, c'était urgent parce qu'on était le dernier soir de la période de transferts. C'est seulement après que je lui ai montré les chiffres. Et je lui ai dit : -Si ce n'est pas assez pour toi, on déchire le contrat. Mais il ne venait pas pour l'argent. " En 1997, on avait rencontré Böhmer pour une longue interview dans laquelle il nous avait tout dit sur son quotidien d'homme ruiné, poursuivi par les huissiers. Il nous avait lâché : " À la limite, c'est à Momignies que j'ai vécu la période la plus fabuleuse de ma carrière. On jouait sur des champs de patates, certains vestiaires n'avaient pas de douche. Un jour, un adversaire m'a demandé comment je pouvais m'amuser à ce niveau-là, après tout ce que j'avais connu. Je lui ai répondu que j'avais commencé ma carrière sur des champs de patates et que ça me faisait plaisir de la terminer dans le même décor. " Et donc, on assiste à un Mominoise - Froidchapelle sur un terrain complètement gelé. Ne cherchez pas Mominoise sur Google Maps. C'est un nom fictif, fruit de la fusion entre Momignies et Macquenoise, deux villages bordant la frontière française. Macquenoise, principal lieu de tournage du film Rien à déclarer en 2010, par et avec Dany Boon. Avec, aussi, Benoît Poelvoorde, François Damiens, Karin Viard, Bouli Lanners et Olivier Gourmet. Rien de moins. Et 8 millions d'entrées dans les salles françaises. Ici, à dix bornes de Chimay, on se souvient avec amusement de grosses guindailles de Poelvoorde, les soirs de tournage. Le président de l'ES Mominoise, Vincent Deshorme, a joué avec Böhmer. " Après les matches, il claquait sa prime sur le comptoir et il ne quittait pas la buvette avant qu'elle ait été entièrement dépensée. " Le responsable des jeunes, Jean-Marc Monin, faisait partie de l'équipe aussi. " La première chose qu'il a demandée en arrivant dans le vestiaire, c'était : -Il est où, le miroir ? " C'était l'artiste qui débarquait dans un noyau d'étudiants mais il s'est vite mis au diapason. Il venait un dimanche avec une blonde magnifique, le week-end d'après avec une brune encore plus belle. " L'ES Mominoise rame un peu aujourd'hui. Pendant l'été 2017, le club a perdu une trentaine de joueurs. Et donc, la saison qui a suivi a été compliquée, avec une ribambelle de jeunes. Verdict : pas un seul point en P3. Les vrais Héros du Gazon, ils étaient à Momignies. Mais le moral est bon. " On a 150 jeunes, trois équipes d'adultes, une équipe féminine et un chouette projet de terrain synthétique ", continue Jean-Marc Monin. La direction n'attend plus que la signature salvatrice. Tout le site serait rénové, pour un total de 700.000 euros. Ce n'est pas tout... Il y a aussi les cérémonies du centenaire, programmées à l'horizon 2020.