Depuis le 1er mars, Adrien Vanden Eede s'est lié à l'Excelsior Mouscron. L'ancien président du COIB, qui dirige aujourd'hui la société de marketing AVE & Partners (AVE comme... Adrien Vanden Eede), est chargé de trouver du sponsoring dans la région bruxelloise ou, au sens plus large, au niveau national et international.
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Depuis le 1er mars, Adrien Vanden Eede s'est lié à l'Excelsior Mouscron. L'ancien président du COIB, qui dirige aujourd'hui la société de marketing AVE & Partners (AVE comme... Adrien Vanden Eede), est chargé de trouver du sponsoring dans la région bruxelloise ou, au sens plus large, au niveau national et international. "L'idée est venue de Gino Gylain", explique-t-il. "Lorsqu'il était journaliste, il m'avait suivi dans ma carrière olympique et s'était rendu compte que j'avais réuni autour de moi un groupe de sponsors. Que ce soit au COIB ou au CIO. Il m'a présenté au président Jean-Pierre Detremmerie. Le courant est passé tout de suite. Cet homme est un visionnaire. Il a compris que le football était à la fois la meilleure manière... et la moins onéreuse pour faire connaître sa région. Mais il a aussi compris où se situent les limites. Car on peut investir beaucoup d'argent dans le football, à tort et à travers, et y perdre sa culotte. Ce n'est pas du tout le cas à Mouscron. Le club n'a pas le budget des grands clubs comme Anderlecht, le Standard ou Bruges, mais il est bien géré. On ne fait pas de folies sur le marché des transferts. Le budget augmente progressivement chaque année. Et si l'on a fait appel à moi, c'est pour le faire augmenter encore plus. Mon rôle est d'être l'antenne de l'Excelsior à Bruxelles. Dans la région du Hainaut Occidental, le club a déjà ratissé très large. Il s'agit d'intéresser des firmes ayant leur siège à Bruxelles. Je pense que c'est possible. Mouscron a un énorme avantage: il se situe au carrefour de plusieurs cultures. Au niveau du bilinguisme, seul Anderlecht peut se targuer de se trouver dans une situation aussi privilégiée. Bien que le club soit établi en région wallonne, il y a de nombreux néerlandophones parmi les collaborateurs les plus proches de Jean-Pierre Detremmerie. Que ce soit Gino Gylain, Hugo Broos ou - lorsqu'il reviendra du Japon - Lorenzo Staelens. Cela ne signifie pas que les francophones soient négligés. En outre, il y a l'attrait du nord de la France. Pour les firmes, c'est un atout non négligeable. Des sociétés ont des représentations dans le nord de la France. Lorsqu'on parle d'Euro-régions, Mouscron entre totalement dans le concept. Si l'Excelsior pouvait jouer une coupe européenne, ce serait encore un atout supplémentaire. Les firmes sont toujours très intéressées par des retombées internationales. L'Europe est certainement un objectif à se fixer. Lorsqu'il sera atteint, l'objectif suivant sera de rester européen. A une exception près, Mouscron a toujours terminé dans les cinq premiers. Il maintient le cap actuellement. Le plus difficile est de franchir la dernière marche. Pour cela, il faut un petit supplément d'argent et c'est notamment dans ce but que l'on a fait appel à moi. Pour l'instant, le succès de Lille fait un peu d'ombre à Mouscron. Si le LOSC jouait en D2 et que l'Excelsior était en tête du championnat de Belgique, plus de Français seraient peut-être tentés de franchir la frontière. C'est également valable pour le sponsoring. Vu leur proximité, Lille et Mouscron sont parfois tentés de pêcher dans le même étang". C'est la première fois qu'Adrien Vanden Eede (qui gravite aussi autour du golfeur Nicolas Colsaerts et des joueuses de tennis Justine Henin et Kim Clijsters) s'investit dans le football. "D'autres clubs, tant en football qu'en basket, m'avaient déjà contacté. J'avais toujours refusé parce que leur philosophie ne correspondait pas à la mienne. J'ai le privilège de pouvoir choisir mes clients. Si j'ai accepté Mouscron, c'est parce qu'il s'agit d'un club sain qui veut encore progresser. Les autres clubs qui m'avaient approché étaient plutôt des navires en train de couler où il fallait colmater les brèches. J'exagère peut-être en disant que Mouscron est un club exemplaire, mais je n'ai jamais entendu parler de dettes là-bas. Les installations sont de qualité. Beaucoup de clubs belges feraient bien de visiter la nouvelle tribune de Mouscron. J'ai été stupéfait en découvrant la salle de musculation, la piste de 30 mètres et le bassin de rééducation. J'ai aussi découvert, lors de ma première visite du stade, que les loges étaient utilisées en semaine... pour des cours de langue et de phonétique. Les deux salles de réception sont continuellement utilisées pour des réunions d'entreprises ou des banquets. Le problème du stade est son exigüité. Il est enfermé au milieu de villas. Derrière les deux buts, il est impossible de l'agrandir. Un projet de nouveau stade existe déjà. Il ne sera probablement pas construit dans l'immédiat, mais il est intéressant de constater que le projet existe. Pour l'instant, il y a une limite à Mouscron. Mais cette limite va être repoussée. Lorsqu'il faudra passer à l'action, je crois que le président redeviendra... bourgmestre. Lorsque je vois les problèmes qu'Anderlecht rencontre avec sa commune, je me dis que cela ne se passe pas à Mouscron. Il y a aussi un projet d'une centaine d'hectares à développer, où vont s'étendre un complexe de magasins et l'école des jeunes. Ce sera aussi capital pour la vie du club". En un mois, Adrien Vanden Eede a déjà eu le temps de se mettre en action. "Le club m'a fourni la liste des contrats en cours et de ceux qui se terminent, ainsi que les catégories qui sont libres car il faut respecter les sponsors déjà présents. Le club m'a demandé de refaire ce que j'avais fait au Comité Olympique: réunir un groupe de sponsors non concurrentiels, qui puissent aider d'une façon ou d'une autre. Tous les sponsors ne demandent pas à ce que leur nom figure sur le maillot. Des rendez-vous sont déjà pris pour Jean-Pierre Detremmerie avec des gens intéressés. Je dispose d'un réseau de relations non négligeable et je ne suis pas sensé pêcher des petits poissons". Un groupe de sponsors: toute la philosophie du club est résumée dans le mot groupe. "Le football est un sport d'équipe", poursuit Adrien Vanden Eede. "Il ne faut pas nécessairement avoir onze sponsors. On peut en avoir moins... ou plus. Quinze, par exemple, avec des réserves. Mais il faut éviter de placer son sort entre les mains d'un seul gros sponsor. C'est trop risqué. Avec onze sponsors, si l'un arrête, il en reste dix. Il faut aussi éviter de signer tous les contrats le même jour... afin qu'ils n'arrivent pas à échéance le même jour. Cette philosophie était exactement la mienne lorsque je travaillais au Comité Olympique". Le rôle d'Adrien Vanden Eede ne se limite pas au football. "Le contrat que j'ai signé avec Jean-Pierre Detremmerie prévoit aussi la recherche du sponsoring pour la ville de Mouscron et ses activités. Que ce soit son club de water-polo ou des manifestations culturelles. Cette pluralité des tâches m'a séduit également. Le président est fort attaché à la notion de culture. On le voit avec les deux expositions qui ont été mises sur pied: Auguste Rodin du 10 au 27 avril et Dali en juillet-août". Est-ce que, pour la saison 2001-2002 de football, c'est déjà trop tard? "Non, mais si l'on trouve des accords avec des firmes, il faudra éventuellement accepter qu'elles payent leur part le 2 janvier... à moins qu'il leur reste un petit fonds de caisse pour cette année-ci". L'association sport et culture plaît à Adrien Vanden Eede. "Dans mon portefeuille, je suis aussi l'unique agent du Théâtre de la Monnaie. Il est déjà question que Bernard Focroul vienne faire une conférence à Mouscron. Le Théâtre de Mouscron n'a que 500 places, mais je pense qu'une collaboration avec la Théâtre de la Monnaie serait un enrichissement pour l'ensemble de la région". Habitant dans le Brabant Wallon, Adrien Vanden Eede se rend une fois par semaine à Mouscron pour des réunions de travail. Il assiste aussi aux matches à domicile. "Mon rôle n'est pas tellement d'assister aux matches, mais plutôt d'y amener quelqu'un afin de lui montrer ce qu'il pourrait faire à Mouscron. Le convaincre de se déplacer est le plus difficile au départ. Il y a tout de même 120 kilomètres. Mais lorsqu'il est sur place, souvent, il se prend au jeu. Il apprécie l'ambiance conviviale et le fait de ne pas être considéré comme un numéro". Pour séduire les sponsors, des initiatives comme les conférences mensuelles Sport et Economie au petit-déjeuner peuvent être utiles. "J'ai assisté à la conférence d' Alain Courtois, le 29 mars. Le secrétaire-général de l'Union Belge s'est montré un brillant orateur. L'idée de ces conférences est formidable. Elle est inédite en Belgique, mais cela ne m'étonne pas. Ce n'est pas la première fois que l'Excelsior a des idées novatrices. Ces conférences servent notamment à positionner le club. Elles démontrent que l'Excelsior est capable de faire venir des orateurs prestigieux. L'un des orateurs précédents était le patron de Barco. Ce sont des personnages à la hauteur des ambitions du club. Ce qui est bien également, dans ce concept, ce sont les rencontres que les patrons d'entreprises effectuent à cette occasion. Il est important de fidéliser les sponsors. Pour cela, il faut les réunir, leur parler, leur exposer les objectifs. En anglais, on appelle cela de la cross fertilization. La Poste peut être intéressée à rencontrer des entreprises locales. Toff pourrait vendre des meubles à la Poste. J'invente, mais lorsque les patrons de ces entreprises se rencontrent, ils sont tentés de vouloir faire des choses ensemble. J'ai connu le cas au Comité Olympique et c'est tout profit pour le sport". Daniel Devos