C'est l'équipe du Standard qui nous donne du beau football,Nos joueurs sont les plus forts pour aller marquer des goals,
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C'est l'équipe du Standard qui nous donne du beau football,Nos joueurs sont les plus forts pour aller marquer des goals, Ils ont déjà tout cassé de la pointe du soulier, Ils feront chanter chanter le monde entier. Le Standard, hé hé hé... Un hymne qui avoue plusieurs dizaines d'années. Il a résonné plein tube vendredi soir après la victoire facile contre Charleroi. Sclessin rimait avec allégresse. Les joueurs s'embrassaient en allant remercier les kops, en allant s'agenouiller devant la foule. Guy Luzon leur tapait dans la main. Un commentaire télévisé en direct juste après le coup de sifflet final : " Dans cette équipe, il y a du répondant, de la formation, de la post-formation. " Quelques minutes plus tôt, même Astrit Ajdarevic avait été acclamé par les supporters après une astuce technique. On croyait rêver. Parce que deux bonnes heures plus tôt, et lors des jours précédents, Sclessin rimait surtout avec sinistrose. On ne vise pas tellement tous ces supporters qui marchaient vers le stade avec un maillot démodé, floqué Vainqueur ou Batshuayi, mais plutôt les discours et le scepticisme du coach. Style " Comment voulez-vous que je fixe des objectifs alors que je ne sais pas encore les moyens que j'aurai à ma disposition ? " ou " Ma seule certitude est qu'à l'heure actuelle, on n'est pas prêts pour jouer trois matches par semaine " ou encore " Vous voulez que je dise qu'on vise le titre ? OK mais une telle déclaration ne rime à rien aujourd'hui. Je vous donnerai les ambitions après le mercato. " Roland Duchâtelet a été à peine plus optimiste durant la semaie. A l'entendre, le Standard aura une équipe compétitive mais l'échéance à viser est plutôt en mars, au début des play-offs. Il a raison sur un point : mal négocier l'un ou l'autre match de championnat aujourd'hui n'est pas nécessairement catastrophique, on peut toujours se refaire. Mais le président se trompe sur un autre point : c'est dès cette semaine qu'il aurait fallu avoir un noyau au complet, pour jouer les tours préliminaires de la Ligue des Champions. A moins qu'il estime avoir déjà réussi sa Ligue des Champions en vendant William Vainqueur et Michy Batshuayi ? A deux, ils ont rapporté près de 14 millions, soit la somme qu'un club belge participant à la grande Coupe d'Europe peut palper. Mais ce raisonnement est alors purement financier, il n'a rien de sportif. Et c'est bien malheureux. A Liège, personne n'a oublié les rendez-vous de Ligue des Champions contre Arsenal, l'AZ et l'Olympiacos. C'était en 2009-2010 et on a aujourd'hui l'impression qu'il faudrait un miracle pour revivre de telles ambiances dès cette saison. Il faudra passer au-dessus du Panathinaikos puis, si ça marche, éliminer un adversaire d'un calibre encore supérieur. Pas simple avec le noyau actuel. Retour au duel contre Charleroi. Retour sur une feuille de match étonnante pour un club comme le Standard. Le point commun entre François Marquet, Tortol Lumanza (titulaires), Guillaume Hubert, Ali Yasar et Samy Mmaee (réservistes) ? Outre le fait que ce sont des noms dont on n'a jamais entendu parler, ils partagent la particularité de ne pas avoir une seule minute de D1 à leur compteur. Cinq bleus dans un groupe de dix-huit, c'est énorme. Et un autre réserviste, Yannis Mbombo, a juste joué deux bouts de matches en première division avant cette saison. Cela fait un joueur sur trois sans aucune expérience. On doit y ajouter deux gars qui découvrent notre D1 (Jorge Teixeira et Martin Milec), mais aussi un Ajdarevic dont on a l'impression qu'il n'est peut-être là qu'en transit, et un Frédéric Bulot qui avait été relégué dans le noyau B et qu'on a repêché dare-dare parce qu'il manquait de la main-d'oeuvre. Marquet (surtout) et Lumanza ont assumé brillamment. " Quand je donne une chance à un jeune, ça veut dire que je crois entièrement en lui ", dit Luzon après le match. L'Israélien rappelle l'exemple de Julien de Sart, lancé en cours de saison passée et qui a vite montré ce qu'il avait dans le ventre. Igor de Camargo pointe que " les gens savent maintenant que ces jeunes ont le niveau ". Le coach ajoute que " c'est fantastique de gagner avec des gamins dans l'équipe de départ ". Tout cela est très joli mais il y a une autre réalité : il faut dans un premier temps faire venir des renforts (quatre ou cinq), ensuite les intégrer. Le Standard n'aura donc pas son équipe type définitive avant plusieurs semaines. " Ce qu'on avait contre Charleroi, ce n'est évidemment pas assez pour jouer le top du classement et pour être compétitifs sur trois tableaux ", confirme Luzon. " Mon rêve va bien plus loin que ce 3-0. On doit rester modestes. Cette victoire ne change rien, j'ai toujours autant besoin de nouveaux joueurs. Le président est bien d'accord avec moi. " Un chiffre pour convaincre : " L'équipe actuelle vaut... 30 % de ce que j'ai en tête. " Quel avenir pour les jeunes découverts le week-end dernier ? On ne peut évidemment rien conclure, d'autant que Charleroi était en dessous de tout, mais on a quand même relevé des choses intéressantes. Le Standard a vendu William Vainqueur, il a prêté Yoni Buyens et Julien de Sart était indisponible : aucun des trois médians défensifs réguliers de la saison dernière n'était donc présent. C'est là que Luzon a lancé le duo Lumanza - Marquet et le résultat fut excellent. On a aussi vu des joueurs qui semblaient libérés, plus légers que la saison dernière. Comme s'ils étaient, à l'époque, un peu bloqués par l'un ou l'autre gros calibre à leurs côtés. Geoffrey Mujangi Bia et Mehdi Carcela ont été très bons. Peuvent-ils devenir des patrons de l'entrejeu, ce qu'ils ne pouvaient pas faire quand ils avaient un Vainqueur dans leurs parages / dans leurs pattes ? On verra lors des prochains matches. Et devant, on a vu un Imoh Ezekiel en bonne forme. Parce qu'il cherche toujours à se mettre en valeur, en espérant un transfert prochain ? Ou parce qu'il est débarrassé de la présence de Michy Batshuayi qui n'était pas toujours l'attaquant le plus collectif ? Igor de Camargo, lui aussi, a un concurrent sérieux en moins dans les pieds et il s'est déjà remis à sourire. Même raisonnement pour Dino Arslanagic en défense centrale : devoir se battre contre un duo Laurent Ciman - Kanu est compliqué. Le Brésilien n'est plus là, il y a une place à prendre, Arslanagic raisonne évidemment comme ça. " Le Standard a la meilleure académie de Belgique " : ça aussi, c'est sorti de la bouche de l'entraîneur. Effectivement, en plus d'être très jeunes, les joueurs cités ont fait une bonne partie de leur formation (ou carrément tout leur écolage) dans le club. Il faut y ajouter DeniMilosevic et le symbole de la jeune réussite rouche de la saison dernière, Julien de Sart. Déjà dans l'effectif de la saison passée, 50 % des joueurs du noyau pro (13 sur 26) étaient passés par le centre de formation. Un record national. Et ça explique une récompense remise récemment au Standard : le groupement BFC (Belgian Football Coaches) vient de lui décerner le titre honorifique " Centre d'Excellence ". C'est un trophée qui ne rapporte rien, pas un euro, mais à l'Académie Robert Louis-Dreyfus, on savoure. Son directeur général, ChristopheDessy, a ainsi lâché : " C'est la première fois en dix ans que le Standard est récompensé alors que nous sommes de loin le club qui fournit le plus d'efforts dans le domaine de la formation en Belgique. Est-ce que ce vote est crédible ? Je ne sais pas mais je trouve, en tout cas, que cela fait un certain temps que le Standard aurait mérité de l'avoir. " Dix ans après son inauguration, Roland Duchâtelet estime aujourd'hui que l'Académie doit encore être développée, agrandie, perfectionnée, modernisée. Une nouvelle surface d'entraînement vient d'être aménagée, sur plus de 20.000 mètres carrés. Un terrain en gazon naturel a été transformé en synthétique, sur le modèle d'une pelouse artificielle utilisée par l'Ajax. C'est le président lui-même qui a demandé ce changement. PAR PIERRE BILIC ET PIERRE DANVOYE - PHOTOS : BELGAIMAGEEn vendant Vainqueur et Batshuayi, Duchâtelet a déjà réussi sa Ligue des Champions. Mais le raisonnement n'est que financier.