Aimé Anthuenis était assez satisfait de la performance de son équipe après le succès acquis en match amical face à la Pologneil y a dix jours. Il était pour le moins important de se rassurer avant de se rendre, le 7 juin, chez les Bulgares. Tous les grands thèmes de réflexion, de la tactique à l'engagement physique, ont été abordés lors de ces 90 minutes de jeu.
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Aimé Anthuenis était assez satisfait de la performance de son équipe après le succès acquis en match amical face à la Pologneil y a dix jours. Il était pour le moins important de se rassurer avant de se rendre, le 7 juin, chez les Bulgares. Tous les grands thèmes de réflexion, de la tactique à l'engagement physique, ont été abordés lors de ces 90 minutes de jeu. Les Diables Rouges ont toujours le thermomètre en bouche mais la température a légèrement baissé. La pression avait été mise sur le jeune Gaby Mudingayi qui inaugurait sa tenue de Diable Rouge en ayant pour mission de contrôler le meneur de jeu polonais, Tomasz Zdebel. Le médian gantois ne s'est pas mal débrouillé en tant que pare-chocs de l'équipe nationale. Il a opté pour la simplicité, émergea quelques fois de l'axe balle au pied. Aimé Anthuenis avait raison de remarquer: "Je suis content de lui. J'ai absolument besoin d'un joueur de ce type dans la ligne médiane afin de libérer Walter Baseggio. Ce dernier a eu, tout au long du match, une série de bons ballons de distribution.J'ai souvent souligné les problèmes suscités par l'absence d'un joueur comme YvesVanderhaeghe. Junior s'est blessé et, à mon sens, compte tenu du fait que TimmySimons est indispensable en défense, je n'avais pas d'autres solutions que Gaby. Il cadre tout à fait avec la politique de rajeunissement de notre équipe nationale". Buffel confirmeMais cela ne veut pas dire pour autant que le Buffalo se retrouvera sur le terrain à Sofia, le 7 juin. Gaby Mudingayi fait désormais partie du noyau de l'équipe nationale mais il a besoin de temps de jeu avant de devenir un titulaire à part entière. Ne serait-il pas dangereux d'éventuellement le brûler en le lançant dans une bagarre décisive pour la phase finale de l'EURO 2004, comme ce sera le cas à Sofia? Là, on ne demandera pas à Aimé Anthuenis de rajeunir le noyau mais de former une équipe pour la gagne. En fonction de cet impératif, les questions restent nombreuses. Thomas Buffel a confirmé une fois de plus tout le bien qu'on pensait de lui. Son but, le premier en équipe nationale, et ses idées tout au long de la rencontre, en font, s'il était nécessaire de le rappeler, un joueur de base qui nous procurera encore beaucoup de plaisir. Wesley Sonck fut fidèle à lui-même et semble plus à l'aise désormais en équipe nationale que dans son club. Son coup franc victorieux valait le coup d'oeil On regrettera la nouvelle absence d' Emile Mpenza. Le fameux triangle offensif n'a pu être revu à l'oeuvre. Si le duo formé par Thomas et Wesley est intéressant, il manque cependant de présence dans le trafic aérien. Or, pour faire bouger les défenses actuelles, il faut de la taille, de la puissance, du poids. Cédric Roussel dispose de tous ces atouts et il aurait été intéressant de le voir au travail avec Buffel et Sonck. Le Montois est un bélier et un levier au centre de toutes les défenses. A Zagreb, le flanc droit avait souffert face à Milan Rapaic. C'est dans ce secteur que la Belgique avait perdu, en grande partie, pied en Croatie. Mbo Mpenza y a marqué des points. Ce n'était pas encore le Mbo qu'on avait vu au Japon, notamment face au Brésil, mais il a fait plus qu'acte de présence sur son aile. Il lui reste à accumuler les minutes de jeu en championnat et ce sera parfait pour Sofia. A gauche, Bart Goor est toujours à la recherche de sa facilité d'antan. Il ne joue pas beaucoup à Hertha Berlin et cela commence à se voir. Walter Baseggio est en forme. Son rendement ne fera qu'augmenter en équipe nationale. Ses longs ballons font du bien à tout le monde. Il éclaire le jeu et trouve facilement les attaquants. A moyen terme, quand l'équipe sera bien en place, le Mauve sera capable d'être le grand médian défensif de l'équipe nationale. Il suffirait alors de glisser un relais offensif à côté de lui. Plus tard, Thomas Buffel reculera forcément dans le jeu: belle piste aux étoiles. L'équipe nationale n'en est pas encore là. Il s'agit de d'abord tresser la trame défensive. Aimé Anthuenis ne fera sans doute pas appel à Glen De Boeck qui joue très bien pour le moment à Anderlecht. Or, le grand Mauveadore commander et en sa présence, Simons pourrait retrouver sa place dans la ligne médiane. L'Anderlechtois souffre du genou et, de toute façon, Anthuenis n'en veut pas et a installé le Soulier d'Or au poste de patron de la défense. Cela signifie-t-il que le coach fédéral s'impose un choix entre Joos Valgaeren et Daniel Van Buyten? Pas si sûr que cela. Quand on a des joueurs de ce format sous la main, il est quand même assez regrettable de se passer de l'un d'eux. Est-ce un choix cornélien? Van Buyten a marqué des points par rapport à Valgaeren contre la Pologne mais c'est une comptabilité assez difficile. Joos et Daniel ont l'habitude des grands rendez-vous: ce sont des atouts. Pas de grosses personnalitésLe gars du Celtic de Glasgow prendra part à la finale de la Coupe de l'UEFA face à Porto. "Je retrouverai ma place de titulaire en équipe nationale quand je jouerai dans un grand club", a remarqué Daniel Van Buyten avec humour et cynisme. Big Dan casse la baraque à Marseille, intéresse Manchester United et ne pourrait pas rendre service à l'équipe nationale? Cela ne tient pas la route. Aimé Anthuenis le sait et ce problème peut être résolu par une occupation du terrain qui conviendrait à tous. Le coach fédéral a dit, avant Belgique-Pologne, que Joos Valgaeren était susceptible de prendre position dans la ligne médiane comme ce fut le cas parfois à Malines et à Roda. Mais cela ne date pas d'hier. Le plus rationnel ne serait-il pas de composer un trio défensif Valgaeren-Simons-Van Buyten? Aussi simple que l'oeuf de Colomb? Valgaeren et Van Buyten jouent souvent de la sorte au Celtic et à Marseille. On pourrait remarquer que cette occupation est moins compacte que le 4-4-2 mais un trio défensif , clairement défini, est moderne. Ce serait une véritable muraille qui en fonction du coulissement des flancs ou du décrochage d'un médian axial peut se transformer en 4-4-2 souple pour reprendre une des expressions préférées d'Aimé Anthuenis. En gros, les joueurs, Timmy Simons en tête, préfèrent le 4-4-2. Dans les deux cas de figure (4-4-2 ou 3-5-2), Gaëtan Englebert pourrait rendre des services dans l'axe de la ligne médiane. Mais à Sofia, il s'agira de faire preuve de caractère, ce qui ne fut pas le cas à Zagreb où l'équipe se liquéfia en deuxième mi-temps. "Il manque quelques salopards dans cette équipe", a souligné Aimé Anthuenis avant Belgique-Pologne. Une belle image qui a fait rire tout le monde. Elle résumait un gros problème: il y a du talent mais pas de personnalités dominantes. Bart Goor a été nommé capitaine mais n'a pas encore imposé sa griffe comme le firent Jan Ceulemans, Enzo Scifo, Franky VanderElst ou Marc Wilmots. On le voit, si Aimé Anthuenis a avancé dans son étude de l'équipe nationale, les problèmes sportifs et mentaux demeurent importants. Le coach fédéral revendique encore un peu de patience car tout se fait pas à pas, dit-il. Pierre Bilic"Je serai titulaire en équipe nationale quand je jouerai dans un grand club" (Daniel Van Buyten) "Besoin d'un Gaby pour libérer Baseggio" (Aimé Anthuenis)