Pour les besoins de la première joute amicale de la nouvelle saison, en Norvège, Aimé Anthuenis, avait choisi de reconduire intégralement l'équipe qui s'était imposée lors du galop d'entraînement, aux Pays-Bas. Après avoir multiplié les essais afin de dégager un onze de base, le patron des Diables a, enfin, opté pour la continuité en lieu et place des tâtonnements. Une entreprise d'autant plus louable qu'il aurait aisément pu revoir sa copie ce coup-ci encore s'il l'avait voulu.
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Pour les besoins de la première joute amicale de la nouvelle saison, en Norvège, Aimé Anthuenis, avait choisi de reconduire intégralement l'équipe qui s'était imposée lors du galop d'entraînement, aux Pays-Bas. Après avoir multiplié les essais afin de dégager un onze de base, le patron des Diables a, enfin, opté pour la continuité en lieu et place des tâtonnements. Une entreprise d'autant plus louable qu'il aurait aisément pu revoir sa copie ce coup-ci encore s'il l'avait voulu. En l'espace de quelques semaines à peine, pas mal de certitudes s'étaient dissipées, fruits d'un changement de contexte pour certains Diables, ou de concurrence pour les autres. Sur les 20 joueurs retenus pour le déplacement au stade Ullevaal d'Oslo, pas moins de la moitié, à peu de choses près, n'étaient pas titulaires au sein de leurs clubs respectifs. Du poste de gardien, avec Tristan Peersman, jusqu'à la pointe de l'attaque, avec Wesley Sonck, tous les secteurs, sans exception, se trouvaient concernés. Ce qui n'a pas empêché les heureux élus d'Anthuenis, incontournables chez leurs employeurs respectifs ou non, de livrer une prestation d'ensemble de bonne facture, surtout en première période. Paradoxalement, la déception s'est sans doute située là où l'on s'y attendait le moins : chez Vincent Kompany qui après des débuts tonitruants, aussi bien à Anderlecht que dans le giron de l'équipe nationale, paraît marquer un peu le pas au cours de cette deuxième campagne placée théoriquement sous le signe de la confirmation. Loin de nous l'idée de vouloir brûler ce que nous avons adoré tout au long des mois passés mais ce garçon-là, laxiste dans le marquage et déficient dans le timing, doit se ressaisir au plus tôt, auquel cas son indolence risque de lui jouer un tour pendable. Il est symptomatique de constater, en tout cas, que ce n'est qu'après l'entrée au jeu de Daniel Van Buyten, en remplacement du Sportingman précisément, que la défense belge se montra enfin plus souveraine dans le trafic aérien. Pourtant, le nouvel arrivé au HSV n'aura pas vraiment gagné au change : dans l'intervalle, l'entraîneur norvégien, Aage Hareide, avait lancé sur le terrain deux authentiques spécialistes du jeu de tête : Ole-Martin Aarst et son compère Tore-Andre Flo. Or, à une exception près, aucun d'entre eux ne négocia durant la dernière demi-heure le moindre ballon valable du front. Cette intransigeance-là mérite assurément réflexion : dans le groupe des Diables. De plus, Big Dan est peut-être le seul arrière qui se tire aussi bien d'affaire, de la tête, tant dans sa propre surface de réparation que dans les 16 mètres adverses. Il suffit, à cet égard, de se souvenir du magnifique but égalisateur qu'il signa jadis en Ecosse, à Hampden Park, sous les ordres de Robert Waseige, dans l'optique de la qualification pour la Coupe du Monde 2002. Par contre, Timmy Simons, Vincent Kompany ou Joos Valgaren, sont habiles de la tête en attaque. Un constat qui s'applique aussi à Bertrand Crasson et Glen De Boeck.Peut-on remédier à cette carence dans le chef de ceux qui ont été prioritaires, jusqu'ici, aux yeux d'Anthuenis ? Une mise au point drastique s'impose, en tout cas, si l'on veut bien se rappeler que face à l'Allemagne, déjà, notre défense avait déjà manqué de répondant sur les balles hautes. Si, contre la Lituanie, le 4 septembre, il ne devrait pas y avoir péril en la demeure (du moins si l'ex-Brugeois Edgaras Jankauskas ne joue pas), la situation sera probablement tout autre en Espagne, lors de notre deuxième match qualificatif pour la Coupe du Monde 2006. Si les Diables laissent à Fernando Morientes autant de liberté dans les airs qu'à Frode Johnsen à Oslo, bonjour les dégâts ! Si des réglages restent manifestement à faire dans une défense qui a pris dix buts en cinq matches (2 contre la France et la Norvège et 3 contre la Turquie et l'Allemagne), les autres divisions posent nettement moins de casse-tête. Dans l'entrejeu, Bart Goor a visiblement retrouvé tout son éclat et quelques-unes de ses chevauchées fantastiques sur le flanc gauche ont semé le désarroi dans l'arrière-garde norvégienne. C'est d'ailleurs lui qui fut à l'origine du but d'ouverture des Diables, inscrit par son coéquipier à Rotterdam, Thomas Buffel. Celui-ci, égratigné par son entraîneur, Ruud Gullit, a répondu de la meilleure manière qui soit en paraphant deux goals de belle facture. Dans son rôle d'attaquant en retrait, il fait incontestablement de plus en plus songer à Marc Degryse par son impact sur la man£uvre ainsi que sa facilité à la conclusion. En charnière centrale, PhilippeClement et Sven Vermant se complètent plutôt bien, le joueur de Schalke compensant par un plus grand abattage ce qu'il concède en talent pur par rapport à son concurrent dans ce secteur, Walter Baseggio. A droite, enfin, le Standardman Roberto Bisconti a saisi pleinement sa chance dans une position excentrée inhabituelle pour lui. Il a effectué plusieurs bons relais sur ce flanc avec Eric Deflandre et en fin de compte, ce duo s'est montré plus entreprenant que son vis-à-vis dans l'autre couloir. Il est vrai que Didier Dheedene aura éprouvé pas mal de difficultés à juguler les assauts de son adversaire direct, Jan-Derek Sörensen. Reste l'attaque. En l'absence û temporaire, espérons-le û de son élément le plus doué, Emile Mpenza, son frère Mbo a pris le relais avec verve, répétant la bonne performance qu'il avait déjà paraphée face à la Hollande. Son principal temps fort aura été le prolongement 18 carats, de la tête, qui aura permis aux Diables de prendre pour la deuxième fois l'avance à la marque. Un petit problème quand même dans cette division offensive : la gestion du cas posé par Wesley Sonck. L'Ajacide, qui avait inscrit 10 buts en 14 sélections sous la coupe d'Aimé Anthuenis, n'a pas réellement apprécié de devoir faire banquette durant une heure à Oslo. A l'image de Peersman à Anderlecht, il a eu quelques paroles malheureuses en ce sens, sur lesquelles le coach fédéral n'a pas voulu réagir à chaud. Le bigboss des Diables, qui avait déclaré lors de la préparation du match qu'il ne tolérerait pas de dérapages du genre, se doit de crever l'abcès au plus tôt s'il ne veut pas se retrouver avec une affaire sous les bras. A choisir, il vaut mieux que Wes soit un poison sur le terrain, comme il l'a si fréquemment démontré, plutôt que dans le vestiaire... Bruno Govers " Il vaut mieux que Sonck soit UN POISON SUR LE TERRAIN QUE DANS LE VESTIAIRE