Cher parrain,

Tu habites toujours tout près de chez moi. Tu continues à apporter tes restes de nourriture à nos poules. Il y a quelques jours, en t'apercevant en chemin, depuis la salle de bains, je me suis rappelé tous les après-midis que Berend et moi avons passé chez toi et grand-mère. Nous pouvions toujours choisir ce qui allait nous être servi. Nous criions alors : " Des spaghettis ! " Ou : " Du pain de viande avec des cerises ! " Vous avez cuisiné pour nous quand maman est décédée. Nous pouvions aussi faire appel à vous pour notre lessive.

Quand j'avais achevé mes devoirs, je passais des heures à taper du ballon contre le mur de votre maison. Je me souviens l'avoir une fois expédié au-dessus du portail. La balle a roulé jusqu'à l'entrée, puis sur la rue, qui connaît un trafic intense. Je t'entends encore me dire, la voix sévère, que c'est dangereux. J'ai vraiment été impressionné.

Le mercredi, j'accompagnais souvent moeke au marché à Herk-de-Stad. J'avais toujours droit à un hot-dog. Pendant ce temps, tu restais confortablement installé dans ton relax, à regarder le biathlon ou le cyclisme à la télévision. Tu es fana de sport. Et ancien footballeur. Tu as joué dans les séries inférieures, mais tu m'as raconté que tu avais pu participer à un match amical contre les espoirs d'Anderlecht. Tu étais défenseur, comme moi. Mais tu jouais dans l'axe.

Tu es aussi un ancien entraîneur, mais jamais tu ne m'as poussé, pas plus que tu ne m'as assommé d'explications sur la manière de jouer. Tu préfères que les enfants trouvent eux-mêmes comment progresser. Mais tu n'as raté aucun de mes matches de jeunes. Et quand papa ou maman ne pouvaient pas me conduire à l'entraînement ou en sélection nationale à Tubize, tu t'en chargeais, avec ta Mercedes noire. Après un match, papa n'hésitait à me donner son avis. Toi, tu voyais toujours les aspects positifs et tu relevais ce que j'avais bien fait.

Quand je suis passé pro à Saint-Trond, tu t'es rendu toutes les deux semaines au Stayen. Tu assistais parfois aux matches en déplacement. Et la saison passée, tu es aussi venu aux matches à domicile de Genk. Ton dos t'en empêche depuis l'été. Tu as également eu plusieurs crises cardiaques. En ces temps de corona, tu fais donc partie des groupes à risque. Prends donc les mesures recommandées au sérieux. Et merci pour tout ce que vous avez fait pour moi, grand-mère et toi !

Sois prudent,

Je vous aime,

Casper

Cher parrain, Tu habites toujours tout près de chez moi. Tu continues à apporter tes restes de nourriture à nos poules. Il y a quelques jours, en t'apercevant en chemin, depuis la salle de bains, je me suis rappelé tous les après-midis que Berend et moi avons passé chez toi et grand-mère. Nous pouvions toujours choisir ce qui allait nous être servi. Nous criions alors : " Des spaghettis ! " Ou : " Du pain de viande avec des cerises ! " Vous avez cuisiné pour nous quand maman est décédée. Nous pouvions aussi faire appel à vous pour notre lessive. Quand j'avais achevé mes devoirs, je passais des heures à taper du ballon contre le mur de votre maison. Je me souviens l'avoir une fois expédié au-dessus du portail. La balle a roulé jusqu'à l'entrée, puis sur la rue, qui connaît un trafic intense. Je t'entends encore me dire, la voix sévère, que c'est dangereux. J'ai vraiment été impressionné. Le mercredi, j'accompagnais souvent moeke au marché à Herk-de-Stad. J'avais toujours droit à un hot-dog. Pendant ce temps, tu restais confortablement installé dans ton relax, à regarder le biathlon ou le cyclisme à la télévision. Tu es fana de sport. Et ancien footballeur. Tu as joué dans les séries inférieures, mais tu m'as raconté que tu avais pu participer à un match amical contre les espoirs d'Anderlecht. Tu étais défenseur, comme moi. Mais tu jouais dans l'axe. Tu es aussi un ancien entraîneur, mais jamais tu ne m'as poussé, pas plus que tu ne m'as assommé d'explications sur la manière de jouer. Tu préfères que les enfants trouvent eux-mêmes comment progresser. Mais tu n'as raté aucun de mes matches de jeunes. Et quand papa ou maman ne pouvaient pas me conduire à l'entraînement ou en sélection nationale à Tubize, tu t'en chargeais, avec ta Mercedes noire. Après un match, papa n'hésitait à me donner son avis. Toi, tu voyais toujours les aspects positifs et tu relevais ce que j'avais bien fait. Quand je suis passé pro à Saint-Trond, tu t'es rendu toutes les deux semaines au Stayen. Tu assistais parfois aux matches en déplacement. Et la saison passée, tu es aussi venu aux matches à domicile de Genk. Ton dos t'en empêche depuis l'été. Tu as également eu plusieurs crises cardiaques. En ces temps de corona, tu fais donc partie des groupes à risque. Prends donc les mesures recommandées au sérieux. Et merci pour tout ce que vous avez fait pour moi, grand-mère et toi ! Sois prudent, Je vous aime, Casper