Il a retrouvé la parole, dans les interviews comme sur le terrain. Après des déclarations, à chaud, à la mi-temps du match contre Lokeren en février qui laissaient entendre qu'il en avait marre du peu d'envie de certains de ses partenaires et suggérait de continuer avec ceux qui se sentaient encore concernés, Kevin De Bruyne s'était imposé un long silenziostampa.
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Il a retrouvé la parole, dans les interviews comme sur le terrain. Après des déclarations, à chaud, à la mi-temps du match contre Lokeren en février qui laissaient entendre qu'il en avait marre du peu d'envie de certains de ses partenaires et suggérait de continuer avec ceux qui se sentaient encore concernés, Kevin De Bruyne s'était imposé un long silenziostampa. KevinDeBruyne : Je ne regrette rien et j'assume tout ce que j'ai dit. Je n'ai peut-être pas choisi les bons mots pour m'exprimer. J'aurais sans doute dû prendre des pincettes. Mais voilà, je suis assez impulsif, j'étais frustré et c'est sorti. Même pas. Les dirigeants m'ont simplement demandé d'être plus diplomate. L'entraîneur m'a fait l'une ou l'autre remarque, mais ne m'a pas pris à part dans le vestiaire. Je ne retire rien de ce que j'ai dit. Et je ne regrette pas davantage le silence que je me suis imposé, plus qu'il ne m'a été imposé, par la suite. A un moment donné, je croulais sous les demandes d'interviews. Je ne refusais rien. En concertation avec le manager Dirk Degraen, on avait convenu de ne plus accorder d'interviews pendant un certain temps. Cela m'a permis de me reconcentrer sur mes prestations sur le terrain, mais aussi d'avoir un peu plus de temps libre à consacrer à mes amis, de retrouver le plaisir. Aujourd'hui, je parle à nouveau, avec parcimonie. Je ne suis fâché avec personne, mais il faut trouver un juste milieu. Se reposer est au moins aussi important que discuter avec la presse... Peut-être. Je n'ai jamais cité de noms de joueurs en particulier, mais il est un fait qu'en tant qu'équipe, on a redressé la tête et on a livré de meilleurs matches. Peut-être. Tout en précisant que cette sortie médiatique n'avait pas été préméditée. Ces réactions sont naturelles chez moi, elles font partie de mon caractère. Sur le terrain, je suis aussi impulsif. Il m'arrive aussi de réagir au quart de tour. Comme lors du contact violent avec Jonathan Blondel, à Bruges. Mais cela fait partie du football et l'incident a été vite aplani. Bien sûr. On a eu de nombreuses blessures cette saison. Aujourd'hui, certains blessés reviennent et retrouvent progressivement leur niveau. C'est aussi une explication. La chance nous sourit aussi davantage. Il y a eu des matches où le ballon n'a vraiment pas roulé pour nous. La roue est en train de tourner. S'il y a moyen d'arracher un ticket européen, on ne s'en privera pas. On sait que ce sera difficile, car on a entamé les play-offs avec un sérieux retard. Mais qui ne tente rien, n'a rien. Aucun match n'est facile. Tout le monde est capable de battre tout le monde dans ce top 6. C'est ainsi depuis le début. On a vécu beaucoup de choses : les blessures, le départ de certains joueurs, puis celui - totalement inattendu - de Frankie Vercauteren. Cela a encore compliqué la situation. Je n'irai pas jusque-là. Le départ précipité de Vercauteren a sans doute perturbé certains joueurs, mais c'est à eux qu'il faudrait le demander. Personnellement, j'étais un peu en retrait à ce moment-là. J'étais blessé et je suis resté en Belgique pour me soigner, alors que le groupe se trouvait à Haïfa où s'est disputé le tour préliminaire de la Ligue des Champions. C'est un peu logique. Il y a deux ans, on n'était nulle part. Puis, Vercauteren est arrivé. On a gagné les PO2, on a décroché notre ticket européen et, sur notre lancée, on a remporté le titre. Il est normal que les joueurs aient voulu profiter de la haute conjoncture pour essayer de monnayer un beau transfert. Je ne peux pas parler pour les autres. Simplement, je comprends que l'on puisse avoir envie de sauter sur une belle occasion car on n'est pas certain que le train repassera. Jouer dans un championnat plus prestigieux, gagner plus d'argent : aucun joueur ne crache dessus. Genk n'est pas non plus le " super top " en Belgique. Le Racing n'a pas les moyens d'offrir des contrats comme peut le faire Anderlecht, afin d'inciter ses meilleurs joueurs à rester. Personnellement, j'ai resigné à de meilleures conditions, il y a deux ans. J'ai un bon salaire. Comme on a gagné beaucoup de matches la saison dernière, les primes ont été importantes également. Il y a un an, j'ai reçu une nouvelle proposition, que j'ai refusée. J'étais déjà persuadé que ce serait ma dernière saison à Genk. Elles étaient parfois exagérées, mais je n'y ai jamais accordé trop d'importance. Il y a des remarques dont il faut tenir compte, et d'autres qui sortent sous le coup de l'émotion. Les gens ne remarquent pas toujours le travail qu'un joueur accomplit au service du groupe lorsqu'il sent qu'il manque de jus. Je sais qu'on espère toujours plus de moi. C'est la conséquence de mon nouveau statut. En Ligue des Champions, on attendait que je fasse la différence, alors que je revenais de blessure et que je n'avais pas encore retrouvé mon meilleur niveau. C'est valable pour l'équipe également. Compte tenu de la valeur des adversaires, on a livré quatre bons matches en C1... et deux mauvais. On s'est, malheureusement, surtout attardé sur les deux mauvais. Le fait que je sois physiquement en ordre l'explique en grande partie. J'ai été arrêté dans mon élan à plusieurs reprises cette saison. J'avais effectué une bonne préparation, mais je me suis blessé dès le deuxième match de compétition. J'ai fourni beaucoup d'efforts pour revenir, et lorsque j'étais au point, je me suis une nouvelle fois retrouvé sur la touche. Il a fallu tout recommencer, et aujourd'hui - touchons du bois - cela va de mieux en mieux. Devoir, à trois reprises, effectuer une préparation, c'est mentalement très dur. Je me suis toujours donné à fond, mais lorsqu'on n'a pas suffisamment de ressources, on va dans le rouge et on s'expose à une nouvelle baisse de régime. Pendant la saison, j'avais déjà dépanné à quelques reprises à ce poste. Jamais très longtemps, mais Mario Been avait déjà pu se rendre compte de mes capacités dans ce rôle. Il m'a repositionné dans l'axe à Westerlo, lors de l'avant-dernière journée de la phase classique, lorsque nous avons été menés 3-0 après un quart d'heure et qu'il a fallu mettre tout à l'attaque pour essayer de renverser la situation. A nouveau, j'ai sans doute donné satisfaction à Been, même si nous n'avons réussi à revenir qu'à 3-2. Je suis resté dans l'axe, d'autant qu'avec les nouvelles blessures dans l'effectif, il n'y avait plus beaucoup de solutions à l'entraîneur pour ce poste. On se connaît, effectivement : il y a des automatismes et une complémentarité entre nous. Avec les Espoirs, on a été champion deux fois d'affilée en inscrivant plus de cent buts. C'était une très belle génération. Aujourd'hui, cela fonctionne toujours très bien entre nous. En fait, dans les équipes de jeunes, j'ai toujours joué dans une position centrale, même si c'était un peu plus haut. C'est à ce poste que j'ai été formé. Par un concours de circonstances. A l'époque de Vercauteren, il n'y avait pas beaucoup de joueurs de flanc dans l'effectif. J'ai reçu ma chance et je l'ai saisie. C'est obligatoire. J'ai un tempérament offensif, mais en milieu de terrain, on ne peut pas prendre trop de risques : il faut assurer la couverture, monter à tour de rôle. Sur le flanc, on a parfois tendance à négliger le rôle défensif. Chaque fois qu'on reçoit le ballon, les gens attendent de vous que vous réussissiez une action. Cela implique une grosse explosivité, c'est très exigeant physiquement, et après un effort, on oublie parfois de revenir en défense. Aujourd'hui, dans mon nouveau rôle, je parcours sans doute plus de kilomètres, mais souvent au même rythme, alors que sur le flanc, ce sont des accélérations perpétuelles. C'est un autre type d'effort. Peut-être. Mes futurs employeurs peuvent s'apercevoir que je suis capable d'évoluer à plusieurs positions. J'ai plusieurs cordes à mon arc, je ne me limite pas à des actions sur le flanc. Pas directement. Le club a appelé mon agent pour lui dire qu'avec le changement d'entraîneur, il y avait d'autres priorités actuellement. Mais je continue à être suivi. Parfois un SMS ; pas chaque semaine. Ils étaient heureux pour moi. J'ai essuyé quelques plaisanteries, comme cela a été le cas pour d'autres joueurs de Genk lorsqu'ils ont officialisé un transfert, mais je n'ai pas senti de jalousie. De mon côté, je ne perds pas de vue que c'est en partie grâce à mes coéquipiers que j'ai pu réaliser ce beau transfert. Ils m'ont aidé dans mon évolution. Un peu, oui. Je ne peux pas dire que la perspective d'un transfert me rendait nerveux, mais on en parlait constamment et l'officialisation du contrat avec Chelsea a coupé court à toutes les rumeurs. Désormais, les choses sont claires. Les gens ne pourront plus dire : - Kevin parle beaucoup et rien ne se concrétise... Si je parle peut-être beaucoup, je ne suis quand même pas un bonimenteur. Chaque fois que j'ai évoqué un possible transfert, c'est parce qu'il y avait une offre concrète. Oui, et aussi le fruit de mon travail. A 17 ans, j'ai commencé tout en bas et j'ai beaucoup travaillé pour arriver à ce niveau. Pour moi, le plus important est de conserver un bon niveau et d'être épargné par les blessures. Je ne peux pas me permettre de me blesser. D'une part, parce que j'ai encore envie de disputer ces derniers matches en Belgique. Et d'autre part, parce que ce serait très dommage de louper la préparation pour la saison prochaine, où de grands défis m'attendent. Pas en match, parfois à l'entraînement. J'essaie d'éviter les contacts trop rugueux. Chelsea est un club du top mondial. J'espère que je pourrai y apprendre énormément et encore élever mon niveau. Je m'attends à être prêté. Et si tel est le cas, je n'ai encore aucune idée de ma destination. Je vais d'abord prendre quelques vacances, sans doute en compagnie de Jelle Vossen et Dimitri Daeseleire, et j'espère être prêt pour entamer la préparation avec les Blues. Si cette préparation se révèle excellente, il y a des chances que je puisse rester. J'estime toutefois moi-même que le pourcentage est très faible. J'ai vu le centre d'entraînement et Stamford Bridge. C'était l'essentiel. Pour le reste, je connais Londres : j'y suis encore allé à Noël pour rendre visite à une partie de la famille qui réside là-bas. Je ne pense pas que je vivrai dans le centre. D'une part, parce que le complexe d'entraînement de Chelsea est relativement excentré. Et d'autre part, parce que la vie à Londres est un peu trop frénétique. J'aime le calme. Si je ne veux pas d'un endroit mort, je fuis aussi l'agitation. Si l'on peut dire, oui. Mais je ne me dis pas : c'est la dernière fois que je joue à Bruges, à Anderlecht, au Standard... Je sais simplement que, mon tout dernier match cette saison, je le jouerai à Gand : là où tout a commencé pour moi. Le hasard fait parfois bien les choses. PAR DANIEL DEVOS - PHOTOS: IMAGEGLOBE/ KETELS" Je suis aussi impulsif sur le terrain que dans mes déclarations. C'est mon caractère. "" Je m'attends à ce que Chelsea me prête, mais je n'ai aucune idée de ma destination. "