Depuis qu'il est revenu à la compétition après 102 jours de revalidation (le 2 octobre dernier, il s'était occasionné une lésion du fémur), on parle beaucoup d' Alberto Aquilani (23 ans). A l'exception de sa récente sortie contre Manchester en Ligue des Champions, le médian de l'AS Rome a multiplié les prestations de grande qualité à tel point qu'il a retrouvé sa place en équipe nationale et est devenu le joueur le plus convoité du Calcio. Les supporters de l'AS Rome paniquent car, pour la première fois, Aquilani n'a pas rejeté sèchement les propositions qui lui ont été faites par les clubs italiens et étrangers, Chelsea et le Real Madrid en tête.
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Depuis qu'il est revenu à la compétition après 102 jours de revalidation (le 2 octobre dernier, il s'était occasionné une lésion du fémur), on parle beaucoup d' Alberto Aquilani (23 ans). A l'exception de sa récente sortie contre Manchester en Ligue des Champions, le médian de l'AS Rome a multiplié les prestations de grande qualité à tel point qu'il a retrouvé sa place en équipe nationale et est devenu le joueur le plus convoité du Calcio. Les supporters de l'AS Rome paniquent car, pour la première fois, Aquilani n'a pas rejeté sèchement les propositions qui lui ont été faites par les clubs italiens et étrangers, Chelsea et le Real Madrid en tête. Né à Rome, Aquilani a toujours supporté la Roma et rêvait de jouer à côté de son pote Daniele De Rossi, dont le père Alberto fut son premier coach chez les Giallorossi, et de son idole, Francesco Totti. En 2002, alors qu'il en était, à 18 ans, à son troisième stage d'avant-saison avec l'équipe Première, Aquilani refusa de quitter le club : la direction l'avait placé dans un lot de cinq joueurs en vue d'un échange avec EdgarDavids, le médian de la Juventus. A l'époque il se préparait à terminer sa dernière année d'humanités scientifiques et n'hésita pas : " Je serais con de prétendre que je ne suis pas fier qu'un club pareil s'intéresse à moi mais entre la Roma et la Juventus, je n'éprouve pas le moindre doute : la Roma pour la vie ". Aquilani a toujours eu les idées claires quant à son avenir. En 2001, il n'avait pas encore 17 ans quand un émissaire de Chelsea se présenta au siège du club pour entamer des négociations. Claudio, le père du joueur, se rendit à Londres et se vit proposer pour son fils un contrat de trois ans à 250.000 euros l'an. " Il faut être fou pour ne pas prendre cette proposition en considération. J'étais tenté mais je suis resté ", commentera Alberto. En fait, aucun contrat ne liait le joueur au club et c'est suite à l'intervention de BrunoConti, le responsable des équipes d'âge, que le jeune garçon accepta de rester après avoir signé un bail de cinq ans à moins de 100.000 euros (échéance en 2006 avec une clause prévoyant la révision en 2004 avec 500.000 euros nets lors de la dernière saison). Fabio Capello et FrancoBaldini, le coach et le directeur technique de l'époque, n'avaient pas eu trop de difficultés à le convaincre de rester. Il en alla de même quand, plusieurs mois plus tard, Arsenal vint frapper à la porte avec insistance. Mais quand le championnat 2002-2003 débute, Aquilani n'est pas d'humeur rigolote bien qu'il dise être très heureux de jouer à côté de son modèle, le milieu espagnol Pep Guardiola. Il reproche aux dirigeants italiens de ne pas miser sur les jeunes du cru : " Le problème de notre championnat est l'arrivée massive d'étrangers. Il y en a trop et pour nous, jeunes Italiens, les obstacles à surmonter sont énormes. Et les choses se sont également compliquées chez les jeunes. J'ai disputé la finale d'un tournoi contre Bologne qui avait aligné huit footballeurs étrangers. Comment peut-on faire des choses pareilles ? J'espère que l'on va réduire le nombre d'étrangers ici ". Le 17 décembre 2002, il fête sa première apparition chez les pros : il remplace au pied levé Guardiola, blessé lors du huitième de finale retour de la Coupe contre la Triestina. A la fin de la rencontre, le médian a le droit d'être fier de sa prestation mais la joie sera de courte durée : une grave blessure va le tenir à l'écart de la compétition pendant trois mois. Le 10 mai 2003, à trois journées de la fin, il fête sa première titularisation en championnat. Cela ne le remplit pas de joie car, pour un jeune, une seule chose compte : jouer. Et comme la D2 est une meilleure école que la Primavera, il rejoint la Triestina. 41 matches et 4 goals plus tard, il revient à la Roma à l'aube de la saison 2004-2005, un championnat chahuté durant lequel quatre entraîneurs vont se succéder. Chacun d'entre eux, principalement Luigi Del Neri, a ses idées. Aquilani a beau répéter que son rôle de prédilection est celui de médian central (poste qu'il a toujours occupé mise à part une saison chez les Pré-Minimes où il avait joué en attaque), il est aligné sur la gauche, pas vraiment sur le flanc mais suffisamment décentré par rapport à l'axe. Il râle parce qu'il est conscient qu'il ne possède pas la vitesse et le jump d'un ailier et qu'à cette position, il ne peut exploiter son sens de la passe et son tir puissant. Il disputera néanmoins 29 rencontres et en totalisera 24 (trois buts) en 2005-2006 (première saison de Luciano Spalletti). Le championnat suivant s'annonce comme celui de la consécration. Mais le 25 novembre, alors qu'il venait de décrocher sa première sélection avec la Squadra, il est victime à l'entraînement d'un accident au genou droit avec Taddei : six mois de revalidation. Il reviendra à temps pour participer à l'Euro Espoirs en juin aux Pays-Bas où il inscrira deux buts et fera partie du 11 de rêve du tournoi. La malchance ne l'a donc pas épargné cette saison mais même en jouant peu (19 matches, 10 fois titulaire) à cause des blessures, Aquilani est entré dans le collimateur de clubs italiens et étrangers prestigieux : l'Inter, la Juventus, Valence, Barcelone, Real Madrid et Chelsea dont le patron Roman Abramovich a bien l'intention de réussir le coup que ses prédécesseurs avaient raté. Et Aquilani, qui gagne 1 million par an et dont le contrat arrive à échéance en 2009, n'a pas fermé la porte : " Mis à part le trafic, Rome est la plus belle ville du monde. Je ne l'échangerais qu'avec Londres ". par nicolas ribaudo