Dimanche dernier, Andres Gomez a pris la mesure de John McEnroe au Nuveen Championship de Naples en Floride. Cela pourrait sembler anecdotique mais, depuis sa création en 1993, le circuit réservé aux vétérans ne cesse de grandir. A la base de cette organisation, un vieux de la vieille, Jimmy Connors.
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Dimanche dernier, Andres Gomez a pris la mesure de John McEnroe au Nuveen Championship de Naples en Floride. Cela pourrait sembler anecdotique mais, depuis sa création en 1993, le circuit réservé aux vétérans ne cesse de grandir. A la base de cette organisation, un vieux de la vieille, Jimmy Connors. "Mon idée, au départ, était de réunir sur un même circuit tous les joueurs contre qui j'avais joué", raconte Jimbo. "Je voulais absolument qu'ils reviennent sur un terrain. Mais pas uniquement pour paraître. Chaque fois que vous montez sur un terrain de tennis, vous mettez votre réputation en jeu. Peu importe contre qui vous jouez et quel tournoi vous disputez. Je me battrai toujours plus fort et plus longtemps que n'importe qui. J'aime me battre car j'estime que la seule question, dans un match de tennis, est de savoir qui va gagner. Il viendra un temps où je serai battu souvent mais tant que je peux donner tout ce que j'ai, je le ferai". L'un des premiers à avoir répondu à l'appel de son ex-ennemi est John McEnroe qui, après ses 35 ans, l'âge minimum requis pour jouer le circuit vétéran, a démontré qu'il n'avait rien perdu de sa hargne : "Je ne participe jamais à un tournoi sans avoir envie de le gagner. Je sais comment je dois jouer contre chacun de mes adversaires et je ferai toujours tout pour les battre", a-t-il annoncé au moment de rejoindre le Tour. "Et puis, je connais mon corps à la perfection. Certaines parties de mon jeu sont sans doute moins bonnes que par le passé mais j'ai conservé des beaux restes, comme mon service. Et si j'ai gardé gardé un contact avec la compétition, c'est parce que je l'adore. Cela fait partie de mon sang. De plus, je me maintiens en forme et il me donne une deuxième chance. 'espère que, très bientôt, nous allons avoir de nouveaux joueurs sur le tour. Je pense à Stefan Edberg et à Boris Becker. J'ai vraiment envie de les retrouver. Je pense que je jouerai encore 2 ou 3 ans, mais pas plus. En fait, je continuerai tant que je sentirai que je peux gagner les tournois. Quand j'ai perdu récemment contre Jimmy Connors, je me suis senti mal pendant plusieurs jours. Je travaille encore très dur et je veux encore m'améliorer même si c'est impossible. Je sais que je suis moins bon que quand j'avais 30 ans mais, bon, pour 42 ans, je suis encore pas mal. Enfin, du moins, je trouve. Je ne pense pas que mon style de jeu soit passéiste. Simplement, il est plus stylé que le jeu qui se pratique actuellement. Si les autres joueurs ne jouent pas de la même manière c'est parce que mon jeu nécessite une condition physique exemplaire et qu'il est très difficile de le copier. En fait, je prends la balle tellement tôt qu'il faut être concentré à 100% tout le temps, sur chaque frappe. De plus, tactiquement, j'ai toujours considéré qu'un match de tennis était comparable à une partie d'échec. Evidemment, aujourd'hui, avec la puissance du matériel et des joueurs, il est difficile de jouer comme moi. Mais il ne faut pas pour autant dire que le tennis ne peut plus produire de grands matches. Quand un joueur de fond de court comme Andre Agassi est opposé à un joueur de service-volée comme Patrick Rafter cela peut donner des matches éblouissants. Leur rencontre à Wimbledon l'an dernier est, pour moi, l'un des plus beaux matches de l'histoire de ce tournoi". "Je ne montais jamais sur le terrain sans avoir au moins trois ou quatre plans de bataille. Si vous commencez un match en pensant qu'une seule tactique suffira, vous serez perdant la plupart des fois. Il faut être capable de modifier ses plans si le premier ne fonctionne pas. C'est un peu le problème que rencontrent les joueurs de terre battue qui sont incapables de changer de rythme et de tactique et qui, une fois qu'ils sont menés, ne parviennent pas à revenir au score. Le tennis est fait de variations et mon jeu était fait de variations".Les plus réguliers sur le Tour sont Connors, McEnroe, Borg, Smith, Noah, Vilas, Solomon, Gomez, Mayer, etc. Dont coût? Un prize money global de 3 millions de dollars. Comme quoi, le tennis des vieux est encore rentable. C'est peut-être aussi cela qui a décidé Pat Cash a rejoindre le Nuveen Tour au début de cette année. Ses raisons : "Pour battre ce puant de John McEnroe. Non, sérieusement, pour une série de raisons. La première est que je suis enfin à nouveau capable de jouer au tennis. J'ai eu énormément de blessures pendant ma carrière et maintenant que ces blessures semblent être derrière moi, je suis heureux de pouvoir retrouver un circuit compétitif. Car les simples seniors ont disparu des tournois du Grand Chelem il y a quelques années. Personnellement, je suis pour que l'on réintroduise ce genre de compétitions car je suis certain que les spectateurs des tournois du Grand Chelem aimeraient revoir les champions de 35 ou 45 ans. Je pense cependant que la faute ne revient pas qu'aux organisateurs. La plupart des stars du passé ont des engagements avec des télévisions et doivent commenter les tournois du Grand Chelem. Ils n'ont donc pas la possibilité de jouer pendant la quinzaine. Pour quelques milliers de dollars, ils perdraient des contrats qui rapportent davantage et qui, surtout, peuvent tenir longtemps". Le prize money sur le circuit senior est tout de même important: "Quand je vois le nombre de téléspectateurs et de spectateurs qui suivent notre circuit, j'estime logique que nous soyons rémunérés de manière correcte. Vous savez, si vous regardez la liste des participants au Tour de cette année, on ne peut nier qu'elle rappelle furieusement le temps le plus excitant du tennis professionnel. Ce temps où des joueurs comme McEnroe, Connors, Noah, Becker, Wilander ou moi étions les vedettes". Que pense-t-il de Jimmy Connors, l'homme qui est à la base de ce circuit ? "J'ai joué contre lui dans un match exhibition l'an dernier. C'était incroyable. Je venais d'avoir 35 ans alors que lui en avait 47. J'ai finalement réussi à le battre mais au terme d'un match complètement fou".Bernard Ashed