Stephen Curry aura quasi tout gagné cette année. Du titre de champion du monde l'été dernier à celui de NBA tout récemment, le meneur des Warriors a encore ajouté le titre de MVP, meilleur joueur de la saison. Celui qui, il y a deux ans à peine, n'était même pas encore All-Star a mis la NBA et le monde du basket à ses pieds, chose que personne n'aurait imaginé.
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Stephen Curry aura quasi tout gagné cette année. Du titre de champion du monde l'été dernier à celui de NBA tout récemment, le meneur des Warriors a encore ajouté le titre de MVP, meilleur joueur de la saison. Celui qui, il y a deux ans à peine, n'était même pas encore All-Star a mis la NBA et le monde du basket à ses pieds, chose que personne n'aurait imaginé. Plus grand nombre de 3pts inscrits, meilleur pourcentage aux lancers-francs de la saison (91,6 %), près de 49 % aux tirs de plein jeu, Stephen Curry est clairement un shooteur hors-pair, capable de tirer dans toutes les positions et de n'importe où. Les différents cartons au score cette saison en attestent : 51 points à 10/16 à 3pts face à Dallas, 62 % de réussite à Washington, 8/12 à 3pts à Memphis... Meilleur shooteur de sa génération, il est déjà considéré comme le meilleur de l'histoire par ses pairs. En 2014 déjà, Kevin Durant des Oklahoma City Thunder tweetait qu'il était " le meilleur shooteur à avoir affronté ". Le retraité Steve Nash était encore plus dithyrambique dans un récent article du Bleacher Report : " Il est meilleur que tous ceux à qui je pense. Dans le shoot, la variété, le pourcentage, le fait de prendre feu,... il est bon partout ". Nash a de meilleurs pourcentages mais " il y a une différence de mentalité. J'étais bien plus conservateur et attendais la ligne des 3pts. Lui peut shooter de bien plus loin dans n'importe quelle position, ce que je n'ai jamais fait ". Même Magic Johnson a fait son petit classement personnel sur Twitter et l'a placé devant Reggie Miller, Ray Allen, Larry Bird et Jerry West, rien que ça. Dwyane Wade, consultant télé de luxe d'un soir, l'a complimenté en lui disant que " tous les enfants veulent être comme toi ". Pas décontenancé, le gendre idéal de l'Amérique lui a répondu : " C'est parce que je leur ressemble ". Car le meneur au visage d'adolescent n'est pas qu'un excellent shooteur, c'est un excellent joueur. Dans un collectif huilé, il joue autant pour lui que pour ses partenaires, en témoigne ses près de 8 passes décisives en moyenne sur la saison. Il n'oublie pas pour autant son travail défensif, poussé à l'époque par son ancien coach Mark Jackson qui l'obligeait à défendre sur le meilleur meneur adverse (2 interceptions de moyenne cette saison). Des statistiques qui se retrouvent au niveau collectif : meilleure défense de la saison, 2e meilleure attaque. La franchise fait également partie des équipes les plus dominatrices de l'histoire : avec 67 victoires pour 15 défaites, ils ont le 5e meilleur pourcentage de l'histoire de la NBA, le 3e des 40 dernières années. Seuls les Bulls de 1995-1996 et 1996-1997 de Michael Jordan auront fait mieux. Peu d'analystes et de commentateurs auront pourtant parié sur les Warriors, même après avoir fini la saison avec le meilleur bilan de l'année. Les expérimentés Spurs de Tim Duncan à l'Ouest et les Cavaliers de Lebron James à l'Est figuraient parmi les favoris. L'adage voulant qu'on ne gagne pas un titre en shootant essentiellement à 3pts et en délaissant le jeu intérieur. Né à Akron dans l'Ohio dans la même maternité qu'un certain Lebron James, Stephen suit son père sur les parquets NBA et grandit à Charlotte. Considéré comme trop petit et trop frêle, il a du mal à trouver une université de renom comme celles de Duke ou North Carolina pour jouer au basket. Le jeune Stephen doit se rabattre sur l'université de Davidson, considéré comme de seconde zone point de vue basket. Peu importe, il prouvera durant son cursus qu'il a au moins l'étoffe d'un bon joueur NBA en emmenant son équipe aux portes du Final Four NCAA, un exploit pour une si petite université. Pas une surprise pour son coach de l'époque Bob McKillop : " J'ai compris après quelques jours que j'avais devant moi un joueur qui irait en NBA : intelligent et collectif, et avec un bon shoot évidemment. " Mais pas forcément à ce niveau : " Je ne pense pas que quelqu'un aurait pu imaginer qu'il réalise tout cela " ajoute-t-il encore dans le Colorado Springs Gazette. Drafté par les Warriors en 2009, " BabyFace " a du mal à apposer sa griffe. Son association avec Monta Ellis ne porte pas ses fruits et il rate les playoffs les trois premières années, sa dernière étant marquée par des blessures. C'est avec l'arrivée de Klay Thompson et du coach Mark Jackson que les premiers résultats se font sentir. Ce dernier lui donne les clés de l'équipe et le responsabilise, tant en attaque qu'en défense. Mais c'est la venue du nouveau coach Steve Kerr en début de saison qui transcendera le " Chef " Curry et ses Warriors avec le titre de champion au bout, le premier depuis 1975. A l'image de son équipe, Stephen Curry a dominé la saison 2014-2015 avec notamment une écrasante avance sur James Harden des Houston Rockets pour le titre de MVP de la saison. Au final, seul le titre de meilleur joueur des finales lui aura échappé au profit de son coéquipier Andrew Iguodala, plus régulier. La suite ? Tenir sur la longueur. Le plus dur n'est pas d'arriver au sommet, c'est d'y rester. ?PAR GEORGES XOURAS - PHOTOS: EPA" Il est le meilleur. Dans le shoot, la variété, le pourcentage, le fait de prendre feu. " Steve Nash