Ce soir, au Slavia Prague, nul doute que la prestation individuelle de Daniel Zitka influera grandement sur la pérennité européenne du RSCA cette saison. Le gardien tchèque, de retour sur ses terres à cette occasion, est pleinement conscient du rôle crucial qu'il est appelé à jouer au stade Eden. Mais fort de ses bonnes performances depuis l'entame de la présente compétition, il se veut très confiant à l'aube de ce rendez-vous capital.
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Ce soir, au Slavia Prague, nul doute que la prestation individuelle de Daniel Zitka influera grandement sur la pérennité européenne du RSCA cette saison. Le gardien tchèque, de retour sur ses terres à cette occasion, est pleinement conscient du rôle crucial qu'il est appelé à jouer au stade Eden. Mais fort de ses bonnes performances depuis l'entame de la présente compétition, il se veut très confiant à l'aube de ce rendez-vous capital. Daniel Zitka : Si je réussis à préserver mes filets intacts, c'est gagné pour nous. Mais il serait hasardeux de spéculer sur un score vierge car nos dernières entrées en matière sur le terrain de l'adversaire, en Ligue des Champions, n'ont pas été convaincantes. Il suffit de se remémorer notre défaite par 1 à 0 à Benfica en 2004-05 ainsi que notre revers sur le même score au Neftchi Bakou au tour précédent de l'épreuve cette année. Aussi, je serais plus rassuré si, face à mes compatriotes, nous inscrivions un but. Dans ce cas de figure, l'opposant devrait inscrire trois goals afin de se qualifier. Et, dans l'état actuel des choses, je ne me vois pas encaisser semblable total en l'espace d'une seule et même rencontre (il rit). Je n'ai pas encore été exposé à ce genre de désagrément depuis la reprise. Dès lors, je ne vois pas pourquoi ce match, pour crucial qu'il soit, ferait figure d'exception. D'autant plus que je me sens gonflé à bloc en cette période. Je suis incontestablement plus serein que l'année passée. A cette époque, il est vrai, je ne savais pas très bien à quoi m'en tenir. J'avais, certes, obtenu la préséance sur Tristan Peersman pour débuter, tant en championnat de Belgique qu'en Coupe d'Europe, mais ma situation n'en était pas moins floue. Il suffit d'ailleurs de se rappeler les paroles de l'entraîneur Hugo Broos, qui avait dit à qui voulait l'entendre : - Daniel Zitka est titulaire mais ne me demandez pas pourquoi Tristan Peersman est numéro 2 car je n'ai pas d'explication rationnelle à formuler. Dans ces circonstances, chacun comprendra qu'il suffit de très peu pour que les plateaux de la balance penchent d'un côté ou de l'autre. Cette fois, en dépit de l'arrivée de Silvio Proto, j'ai le très net sentiment que ma place entre les perches ne tient pas qu'à un fil. D'emblée, le nouveau coach, Frankie Vercauteren, a affirmé que le meilleur gardien jouerait, qu'il s'agisse du Louviérois, Jan Van Steenberghe ou moi et, jusqu'à présent, il a tenu parole. Rien que cette honnêteté-là, pousse déjà à la sublimation. C'est sympa de sa part. J'ose espérer que ses prédictions se vérifieront (il rit). Je lui dois de toute façon une fière chandelle car si je me sens bien dans mon corps et dans ma tête, pour le moment, c'est dans une large mesure à Jan que j'en suis redevable. Il est mon compagnon de chambre et je dois avouer que son mental training me fait le plus grand bien. L'année passée, je me retrouvais avec Tristan Peersman et, qu'on le veuille ou non, on ressassait inévitablement tous nos problèmes. Quand l'un d'entre nous avait commis une faute, l'autre devait le consoler et vice-versa. Dans ces conditions, le climat n'était jamais des plus guillerets entre nous. Avec Jan, c'est tout à fait différent. C'est quelqu'un, tout d'abord, qui positive en toutes circonstances. Pour lui, le verre est toujours à moitié rempli plutôt qu'à moitié vide. D'autre part, il a un côté relax qui déteint immanquablement sur celui qui est dans ses parages. A son contact, je me sens réellement très bien. Au Sporting, c'est lui qui s'avère le plus précieux pour moi. Car il est tout à la fois : un entraîneur, un assistant, un confident, un psychologue, un collègue génial. Si je réalise une bonne saison, c'est sûr qu'il aura sa part de mérite. Non, je ne m'embarrasse pas de ces considérations. Je ne vais pas me mettre de pression supplémentaire sous prétexte que j'ai peut-être un beau coup à jouer d'un point de vue strictement personnel. Mon seul et unique souci est de contribuer à la qualification d'Anderlecht. S'il en est ainsi, et j'y crois dur comme fer, je serai tout simplement le plus heureux des Tchèques. Pour moi, ce serait également la plus belle manière de renvoyer l'ascenseur aux dirigeants du Sporting qui m'ont fait une fleur, au printemps passé, en prolongeant mon contrat de deux ans alors que j'étais encore en pleine revalidation suite à mon opération au bras. C'est un geste que je n'oublierai pas de sitôt et je veux le leur ristourner. Une qualification pour les poules de la Ligue des Champions constituerait bien évidemment la réplique idéale de ma part. C'était non seulement une surprise mais le meilleur moment de la saison, tout court, pour moi (ilrit). Vu les nombreux problèmes qui s'étaient amoncelés tout au long de cette campagne, ainsi que ma fracture, je m'attendais franchement à tout sauf à un tel geste de la part de la direction. C'était la grande classe. Bonne question. Il faudrait peut-être la poser aux dirigeants (il réfléchit)... Peut-être me sait-on gré, tout bonnement, d'avoir toujours fait contre mauvaise fortune bon c£ur. Contrairement à Tristan, sans doute trop enclin à dire tout ce qu'il avait sur le c£ur, j'ai toujours fait preuve de plus de retenue. Jamais je ne me suis répandu en propos négatifs. Au bout du compte, c'est peut-être ce détail qui a fait la différence. La grande différence entre n'importe quel joueur du champ et le keeper, c'est qu'il n'en faut jamais qu'un seul dans l'équipe. Il est déjà arrivé que Zet et Walt jouent de concert mais il n'est pas possible, malheureusement, de m'aligner en même temps que Silvio Proto. Un choix s'impose et je suis favorable à une certaine clarté. Il n'est pas bon de baigner dans le flou quand on est keeper. A mes yeux, il faut savoir ce qu'il en est, afin de bien se préparer psychiquement. Davantage aussi que le joueur du champ, qui peut tabler sur l'apport d'un partenaire s'il n'est pas à 100 %, le gardien, lui, se doit d'être constamment au top. Pour qu'il reste dans le rythme, je pense qu'il a besoin plus que tout autre de jouer très régulièrement. Un système de rotation s'impose moins dans son cas, car ce n'est pas tant la fatigue physique que nerveuse qui joue un rôle chez lui. Et ces paramètres sont foncièrement différents. Il faudra bien que je m'incline puisque c'est le boss qui décide, que ses vues soient justifiées ou non. D'autres rueraient peut-être dans les brancards ou clameraient tout haut leur mécontentement. Mais cette manière d'agir, très peu pour moi. Cette attitude est peut-être le résidu de l'éducation que j'ai eue au pays. Dans l'ancienne Tchécoslovaquie, on n'avait pas l'habitude de discuter ou de crier à l'injustice face à l'autorité. Ma grand-mère a dit un jour tout haut ce qu'elle pensait du régime communiste. Résultat des courses, elle a perdu son travail et n'en a plus jamais retrouvé. Moi, si je suis toujours à Anderlecht, c'est peut-être parce que j'encaisse les coups sans vitupérer. J'ai surtout accusé le coup quand j'ai eu mes problèmes au bras. Pour le reste, je ne me souviens que d'un moment pénible : pour avoir dû céder ma place à Tristan, j'ai manqué de ressort à l'entraînement et, tour à tour, Hugo Broos et Frankie Vercauteren m'ont reproché de ne pas être concentré à 100 %. Ils n'avaient pas tort car j'avais fait le strict minimum à cette occasion. Je n'avais pas envie de me dépenser ce jour-là, sous le coup de la déception. Mais j'ai rapidement repris le dessus. Le lendemain, je faisais déjà des extras. Et à présent que tout va bien, je ne compte plus mes heures sup' (il rit). Personnellement, non. Il ne faut toutefois pas être grand clerc pour se rendre compte que d'autres n'avaient pas confiance en moi. Ou que cette foi était mitigée, sous prétexte que je ne gagnais soi-disant pas de points pour mon équipe. Désolé, mais je pourrais citer quelques parties où j'ai bel et bien sauvé les meubles. Mais quand on est dans l'£il du cyclone, il est très difficile d'en sortir. Il est heureux, pour moi, que je ne m'arrête guère à une moindre prestation. J'oublie très vite le passé. Parfois, des journalistes m'interpellent sur l'une ou l'autre interventions malencontreuses que j'ai oubliées depuis longtemps (il rit). Moi-même, je tourne la page presque instantanément. C'est mieux ainsi. Dans mon esprit, un gardien des Diables Rouges en a tout simplement remplacé un autre. Et si j'ai réussi à tirer mon épingle du jeu face au premier, pourquoi devrais-je tant et plus redouter l'autre ? J'ai du respect pour Silvio mais je ne le crains pas. Je n'ai peur de personne à partir du moment où je suis traité sur un même pied. Je mettrai tout en £uvre en tout cas pour que le choix de l'entraîneur soit toujours cornélien. J'ai sans cesse été traité avec les mêmes égards que les autres, il n'y a pas de raison que cette situation change. De toute façon, les véritables clés du succès, c'est moi et personne d'autre qui les détient. De manière imagée, je dirai que, sur le terrain, Jacky Munaron est responsable de mon entrée. C'est lui qui doit me préparer à la fois physiquement et psychologiquement à mon match. Frankie Vercauteren, lui, est chargé du plat de résistance, en ce sens qu'il doit me tuyauter sur la manière de jouer de l'adversaire et les forces et faiblesses des attaquants que je serai amené à défier. Mais le dessert, la cerise sur le gâteau, c'est évidemment moi qui en suis responsable au premier degré. Après avoir tout emmagasiné, il faut que je réponde par une prestation sans faille. Bien malin qui pourrait répondre à cette question. Quand je n'étais qu'un illustre inconnu à Tatran Presov, Lokeren faisait figure de nouveau monde. Par après, c'est Anderlecht qui est devenu le plafond. Mais qui dit que je ne peux pas viser plus haut encore. A mon âge, les belles années commencent seulement. Mon meilleur match, le plus abouti, est encore à venir. Au Slavia Prague, qui sait ? (il rit). Bruno Govers" Jan Van Steenberghe EST TOUT POUR MOI " " Ma RETENUE m'a peut-être valu UN NOUVEAU CONTRAT "