Au Vélodrome, Marseille pédale un peu dans la choucroute pour le moment avec une position au classement général de la L1 indigne de ses talents, de son passé et de ses ambitions.
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Au Vélodrome, Marseille pédale un peu dans la choucroute pour le moment avec une position au classement général de la L1 indigne de ses talents, de son passé et de ses ambitions. " Cette présence dans le bas du classement est surprenante mais peut s'expliquer ", avance Michel De Wolf, 47 ans mais toujours bon pied bon £il, 10 ans après la fin de sa carrière de joueur. " Marseille a mis le paquet sur l'Intertoto afin d'arracher une place en Coupe de l'UEFA. C'est une longue campagne qui exige tout de suite une énorme dépense d'énergie. Marseille a reçu la note en championnat. De plus, l'OM n'a pas eu un zeste de réussite, fut notamment privé d'un penalty évident contre Ajaccio. Jusqu'à présent, la Coupe de l'UEFA est l'Europ Assistance de Marseille. Je suis persuadé que la machine va aussi se mettre en route dans le cadre du championnat. Cela dit, si l'OM ne sort pas le Germinal Beerschot, il y aura de la casse. La porcelaine, le coach, les dirigeants, les joueurs et le reste : tout volera par la fenêtre. Marseille est unique ". Les yeux de Michel De Wolf pétillent. Le gars de Clabecq sait de quoi il parle. Le Brabançon porta le maillot de Marseille en 1994-1995, décrocha le titre en L2 et a gardé de nombreux contacts dans les environs de la Canebière. Il est toujours invité à prendre part aux matches de bienfaisance organisés par les anciens. " Ce club, c'est une religion ", dit-il. " J'ai joué 499 matches de D1 en Belgique pour le compte du RWDM, de Gand, de Courtrai et d'Anderlecht. Ce n'est pas rien mais, chez nous, on oublie tout cinq minutes après le dernier match d'un joueur, pas à l'OM. Quand j'y suis invité, tout est payé : le billet d'avion, la voiture de location si c'est nécessaire, l'hôtel, les repas, etc. Quand j'étais joueur là-bas, il m'arrivait de revenir en Belgique avec un maillot de l'OM pour des amis. Je ne parvenais jamais à le payer. La réponse était toujours la même dans les magasins : -Pas question, nous gagnons notre vie grâce à vous. Aujourd'hui encore, on m'y accorde 50 % de réduction. En Belgique, la réponse est un peu différente et très sèche :- Non, il n'y a rien de prévu pour les anciens joueurs du club, c'est le prix plein, Monsieur... Cela donne une idée de la différence d'estime à l'égard des anciens entre l'OM, où je n'ai joué qu'une saison, et les bons clubs belges. Faut pas demander si j'avais eu la chance de porter les couleurs de Marseille durant cinq ans ". " Quand je joue avec les anciens, je suis l'équipier entre autres d' Eric Cantona, Basile Boli, Jean-Pierre Papin, Toni Cascarino, Carlos Mozer, C'est pas mal, non ? Je suis toujours prêt à y aller. Dès que Marseille hérita du Germinal Beerschot en Coupe de l'UEFA, les anciens m'ont contacté. Ils m'ont demandé un rapport technique sur le club anversois. Je l'ai terminé dimanche avant de l'envoyer par courrier électronique. Marseille ne s'est pas contenté de cela et le staff de l'équipe Première a observé attentivement son prochain adversaire européen. Je ne me suis pas du tout occupé des envoyés spéciaux de l'OM. A mon avis, Marseille désirait avoir, en plus, le rapport d'un habitué de la D1 belge. Via le réseau des anciens de l'OM, mon rapport aboutira sur le bureau du coach, Jean Fernandez. Mon travail d'observateur fut classique : tendances tactiques, habitudes sur les phases arrêtées, circuits préférentiels, principaux atouts des joueurs anversois ". Ce sont des notes importantes. Marseille ne peut pas se permettre de raturer sa copie européenne. En cas de succès, l'OM se retrouvera dans les poules de la Coupe de l'UEFA : ce n'est la Ligue des Champions mais cela vaut quand même son poids de sardines sur les quais du Vieux Port. Michel De Wolf a connu l'ambiance européenne avec Marseille en 1994-1995. " Tout cela alors que l'OM, deuxième derrière le PSG en 1993-1994, avait été rétrogradé en D2 suite à une cascade de soucis financiers et autres. ", rappelle- t-il. " Nous avons bouté Olympiacos hors de la Coupe de l'UEFA avant d'échouer, au deuxième tour face à Sion. Le Germinal Beerschot va découvrir un stade pas comme les autres. Marseille est un volcan. J'ai joué devant de grandes assemblées au cours de ma carrière, notamment plus de 100.000 spectateurs au Mexique. Ce n'était pas rien mais le Vélodrome, c'est à part. L'ambiance y était encore plus chaude avant les travaux de modernisation pour la Coupe du Monde '98. L'enceinte est désormais plus ouverte est une partie du bruit s'échappe, ne reste plus dans la cuvette. Cela paralysera certainement les joueurs anversois lors du match retour ". Par contre, la nervosité des dirigeants marseillais pourrait handicaper les joueurs de Jean Fernandez. Robert Louis-Dreyfus en aurait un peu assez d'investir des sommes folles là-bas. N'est-il pas lassé par les conflits internes qui hypothèquent tant l'influx du club. Les relations entre le Président du directoire, Pape Diouf, et le directeur sportif, José Anigo, ne sont pas des meilleures. Marseille, c'est Marseille avec son lot d'émotions, de guerres d'influence, de prises de pouvoir, etc. Il en allait de même en 1994-1995 avec Bernard Tapie à la man£uvre, qui revenait par la fenêtre après avoir été chassé par la fenêtre suite à l'affaire Valenciennes - OM. Nanard faisait l'équipe, le coach, Marc Bourrier devait obéir le doigt sur la couture du pantalon. " Tapie n'avait jamais joué au football mais il connaissait la musique ", affirme Michel De Wolf. " C'était un motivateur hors pair et un fin... tacticien. Bourrier était balayé : Non, non, celui-là jouera là et untel ailleurs. En ce qui me concerne, il fut le premier à me trouver des qualités de médian défensif. J'avais débuté difficilement à Marseille mais le public m'aimait bien car j'allais sans cesse au charbon. Tapie m'a dit très simplement : - Toi, le Belge, j'ai besoin de ton expérience dans la ligne médiane. Tu bouches les trous, tu récupères, tu corriges le jeu. C'est ce que j'ai fait avec pas mal de bonheur, il me semble. Cela m'amusait. Tapie voulait qu'on mette le feu dès le début du match pour planter tout de suite deux buts avant de gérer et de remettre une couche en début de deuxième mi-temps et cela marchait. Contre Sion, Tapie m'obligea de jouer avec un bras cassé. J'avais été sévèrement touché en championnat mais il s'en foutait : j'étais indispensable, disait-il, je devais donc jouer. J'ai tenu une mi-temps avec ce bras bien emballé et maintenu contre ma poitrine. Tony Cascarino a dénigré cette époque dans un livre. Il a parlé d'injections suspectes. C'est faux. On nous proposait parfois des produits homéopathiques. Le choix était libre, j'ai toujours refusé. L'OM était systématiquement contrôlé après chaque match et il n'y a jamais aucun cas positif. Tony s'est fait un peu de pub sur le dos de l'OM. Tapie était, en tout cas un personnage impressionnant : je l'aimais bien ". Durant l'automne 1994, Bourrier céda sa place à Luka Peruzovic (" Tout ce que Tapie lui disait rentrait par une oreille et sortait par l'autre ", avance Michel De Wolf) qui enleva le titre en L2. Ce fut un pas important dans l'histoire du club. Les sanctions imposées à l'OM prévoyaient une nouvelle dégradation en 1995-1996. Comme il avait accédé à la D1, Marseille pouvait rester en D2 au lieu de se retrouver en National. Michel De Wolf revint en Belgique, entraîna Lembeek, Grimbergen et Courtrai, avant de répondre à nouveau à l'appel du large. Le Brabançon donna un coup de main à son ami Bernard Casoni, coach de l'OM en CFA, et entraîna les jeunes de Marseille. Puis, Michel De Wolf coacha les jeunes et l'équipe Première de Manosque en CFA 2 où il fut champion. " En fait, mon trip, ce sont les jeunes ", dit-il. " J'adore bosser avec eux et j'ai beaucoup appris en France. Ce n'est pas pour rien qu'on ne fait pas mieux au monde que leurs centres de formation. On y travaille dans la patience et le métier d'entraîneur de jeunes nourrit son homme, pas en Belgique, hélas ". Marseille recevra le Germinal Beerschot avec tous les honneurs mais De Wolf prévient : " L'OM ne peut que gagner. Les supporters ne leur permettent rien d'autre, il faut y aller à fond pour la gagne. Les Marseillais ne supportent que la victoire ". Marseille n'a pas chômé durant la fin de la période des transferts. Au rayon des arrivées, on a noté l'engagement en dernière d'un arrière central slovène venu du Dinamo Zagreb, Bostjan Cesar, 1,91 m, 86 kg, afin de solidifier la ligne arrière. " Chaque année, ce club a le même problème : il faut tout reconstruire. J'ai quitté l'OM il y a un peu plus d'un an et il ne reste rien de cette équipe qui fut tout de même finaliste de la Coupe de l'UEFA ", dit Vedran Runje. " En travaillant plus calmement, l'OM serait présent chaque année en Ligue des Champions. Sa place est là, pas en Coupe de l'UEFA. Mais on n'a pas le temps à Marseille : tout doit aller vite, les nouveaux jouissent de peu de temps pour s'imposer. J'adore ce club, cette ambiance de feu, ces supporters. L'OM, on l'a dans la peau comme j'ai aussi le Standard dans le c£ur. Les supporters, c'est la richesse de Marseille : 50.000 fans à chaque match, c'est énorme. Ils sont exigeants, et alors ? N'ont-ils pas le droit de l'être ? Ils se posent des questions quand on vend Didier Drogba. On n'en trouvera pas un deuxième comme lui. Peguy Luyindula ne l'a pas remplacé et est parti. L'offre de Chelsea était tellement imposante. Mais si l'OM a gagné beaucoup d'argent grâce à ce transfert, il n'a jamais été remplacé. C'est ce qui énerve les supporters. L'équipe régresse au niveau de ses résultats. Marseille a cependant assez de talent pour remonter très vite la pente en L1. A mon avis, d'ailleurs, le championnat est plus important que la Coupe de l'UEFA. Pour le moment, on parle du Germinal Beerschot et de la bonne campagne en Intertoto. Mais seul le championnat permet de prendre part à la Ligue des Champions. " A Anvers, Marseille, toujours privé de Fabien Barthez suspendu pourrait aligner l'équipe suivante : Carasso ; Beye, Meïté, Nakata, Taiwo ; Ribéry, Lamouchi, Cana, Oruma ; Guimenez, Niang. Pierre Bilic" Les Marseillais ne supportent QUE LA VICTOIRE