L'encre aura coulé, sous la semelle de Thomas Chatelle ! Et quelle que soit la sanction finale, la semelle aura été importante par la polémique suscitée. Plus souvent que les tackles glissés, moins interprétées qu'eux, les semelles sont stigmatisées par les commentateurs. L'image est arrêtée sur des crampons qui écrasent une cheville, ça fait mal rien qu'à regarder, même pas besoin d'avoir en option la tête du gars qui hurle. Il ne reste plus qu'à conclure à l'agression, le terme implique la préméditation, et l'auteur du geste devient un salopard de tueur volontaire qui-n'a-pas-sa-place-sur-un-terrain-de-foot : le même soir que Chatelle, face à la cheville de Guillaume Gillet et même si l'arbitre avait cette fois la tête ailleurs, Stijn Wuytens n'a pas échappé à ce type d'analyse.
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L'encre aura coulé, sous la semelle de Thomas Chatelle ! Et quelle que soit la sanction finale, la semelle aura été importante par la polémique suscitée. Plus souvent que les tackles glissés, moins interprétées qu'eux, les semelles sont stigmatisées par les commentateurs. L'image est arrêtée sur des crampons qui écrasent une cheville, ça fait mal rien qu'à regarder, même pas besoin d'avoir en option la tête du gars qui hurle. Il ne reste plus qu'à conclure à l'agression, le terme implique la préméditation, et l'auteur du geste devient un salopard de tueur volontaire qui-n'a-pas-sa-place-sur-un-terrain-de-foot : le même soir que Chatelle, face à la cheville de Guillaume Gillet et même si l'arbitre avait cette fois la tête ailleurs, Stijn Wuytens n'a pas échappé à ce type d'analyse. L'épisode " Chatelle " vient cette fois nuancer la donne. D'abord parce que le passé de Thomas ne s'apparente pas à celui d'un tueur/arroseur... ce serait plutôt celui d'un tué/arrosé : plus d'une fois et longuement, le gars a morflé dans sa chair des suites de la virilité footeuse, réglementaire ou pas. Ensuite parce que Chatelle, qui cause clair, a remarquablement décrit la phase, il convient d'archiver ses dires pour juger des semelles futures : " Je n'ai aucune intention (de faire mal). Je veux prendre le ballon, et il (Hamdi Harbaoui) vient mettre son pied, juste au dernier moment, en dessous du mien : en repartant, je sens son pied en dessous et je m'appuie dessus. " Carton rouge, décrète Marcel Javaux à La Tribune, car l'intégrité physique de l'adversaire est mise en danger. L'ex-arbitre ajoute qu'une exclusion n'est plus forcément liée à une intention de faire mal, c'est vrai, l'exclusion n'est pas forcément... exclue si le semelleur joue le ballon ! Rappel bienvenu, trop de footeux l'ignorent encore ! Rapport au texte, Javaux s'appuie sur la Loi 12 du Board, qui parle de contact avec excès d'engagement, au risque de blesser l'adversaire. Mais c'est plus équivoque, Marcel ! Car les contacts/semelles ne sont pas tous excessivement engagés, ils peuvent n'être que téméraires selon la même foutue Loi 12, et ne valoir alors qu'un avertissement : en 2011 en France, une stat sur 190 rencontres de D1 avait recensé 194 semelles sifflées, seuls 15 % d'entre elles environ avaient débouché sur du carton rouge, et d'autres échappaient même au jaune : ce que permet aussi notre fameuse Loi 12, il suffit que le siffleur ne juge la semelle qu'imprudente... En expliquant qu'il n'a pas placé ses crampons sur une cheville, mais qu'une cheville est venue se placer sous ses crampons déjà en route, Chatelle dit la stricte vérité... en même temps qu'il fournit l'argumentation de défense à tous les accusés futurs pour semelles intempestives ! Une argumentation qui apparente davantage le contact par semelle à celui par tackle glissé...et à ses polémiques : lors d'un duel pour le ballon, il s'agit dans les deux cas de la vitesse gestuelle de l'un face à celle de l'autre. Et le contact (avec dégâts éventuels) a surtout lieu quand les vitesses sont équivalentes : quand l'un des deux, et parfois l'autre aussi, se gourre (de justesse ou comme un gros balourd) en s'imaginant parvenir, fastoche, premier sur le ballon. Chatelle s'est gourré, et Harbaoui aussi. Le foot est un sport de contact. Et tel Ponce-Pilate, le Board laisse les arbitres et leurs instances se démerder pour sévir : il les laisse pianoter (selon leur sensibilité, leur humeur ou les tuyaux des formateurs) sur le degré de dangerosité de ces contacts...bonjour boxon/deux poids/deux mesures, le Board n'est pas Boardel pour rien ! Autre témoignage, visionnez le lien ci-dessous (*), ça se passe l'an dernier à Metz. Un arbitre informe les pros sur ces semelles qui engendreront carton rouge. Toute sa causerie s'articule sur la notion de "geste technique non maîtrisé" : geste qui, parce que non maîtrisé, engendre la sanction. Anerie ! Comme si le foot n'était pas, par essence et parce qu'existe un adversaire, un sport où l'on s'efforce de maîtriser une technique, sans toujours y parvenir ! Y'a bien un joueur de Metz qui ne croit pas au boniment, mais ça n'ébranle pas le siffleur-conférencier.. (*) http://videos.lalibre.be/video/ sport/foot-semelles-tacles-et-arbitrage/?sig=iLyROoaf2cDu" Ne pas lâcher son homme d'une semelle sans lui mettre une semelle, c'est faisable ? "