En cette période de début des soldes, le Standard a d'emblée réalisé deux bonnes affaires en achetant au Racing Genk le gardien Sinan Bolat et l'attaquant Christian Benteke, dont les têtes étaient mises à prix pour la somme de 150.000 euros à peine. Ce qui n'est pas cher donné, vu leur jeune âge (20 ans pour le premier et 18 pour l'autre) et leur marge de progression. Tous deux arrivaient en bout de cycle au sein du club limbourgeois, puisque leur contrat venait à expiration le 30 juin prochain. Mais ni le Belgo-Turc ni le Belgo-Congolais n'avaient à c£ur de rempiler là-bas, l'un pour des raisons financières essentiellement et l'autre pour des considérations davantage sportives.
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En cette période de début des soldes, le Standard a d'emblée réalisé deux bonnes affaires en achetant au Racing Genk le gardien Sinan Bolat et l'attaquant Christian Benteke, dont les têtes étaient mises à prix pour la somme de 150.000 euros à peine. Ce qui n'est pas cher donné, vu leur jeune âge (20 ans pour le premier et 18 pour l'autre) et leur marge de progression. Tous deux arrivaient en bout de cycle au sein du club limbourgeois, puisque leur contrat venait à expiration le 30 juin prochain. Mais ni le Belgo-Turc ni le Belgo-Congolais n'avaient à c£ur de rempiler là-bas, l'un pour des raisons financières essentiellement et l'autre pour des considérations davantage sportives. Bolat avait juste six ans lorsque sa famille troqua la ville de Kayseri, dont elle était originaire, pour Zonhoven, dans le Limbourg. C'est là, au Melo local, que le garçon débuta. Au bout d'un an, il fut transféré au stade du Phénix. Après y avoir effectué toutes ses classes, il se vit récompensé avec un premier contrat pro en 2006. Un bail de deux ans qui passa à trois, suite aux bonnes dispositions du joueur. L'été passé, les deux parties se remirent à la table des négociations pour discuter d'une prolongation de bail. Mais l'affaire capota. " Les dirigeants avaient fait une offre de quatre saisons ", dit Kismet Eris, l'agent du joueur. " Nous avions formulé une contre-proposition pour trois ans, assorties de garanties sportives, puisque mon poulain n'avait disputé que cinq matches en équipe-fanion à ce moment. Pour progresser, il fallait qu'il joue et nous désirions savoir à quoi nous en tenir sur ce point. Dans la mesure où les responsables ne pouvaient faire des promesses, nous avions donné notre feu vert pour une période de quatre ans mais à condition que le joueur dispose dans ce cas d'un véhicule. Les responsables sont toutefois restés sur leurs positions et nous aussi. Dès ce moment, mon protégé a été considéré comme une tête de Turc, car il a été rétrogradé du statut de doublure de Logan Bailly à celui de troisième gardien, derrière Davino Verhulst. Ce qui ne l'a nullement empêché de se livrer corps et âme. Mais il était utopique, dans ces conditions, qu'il persévère là-bas sitôt son engagement terminé. Sinan a sa fierté et n'aime pas qu'on joue avec ses pieds. " La preuve : possédant la double nationalité belgo-turque, Bolat a suivi chez nous la filière menant jusqu'aux -19. Mais pour n'avoir été retenu qu'en qualité de n°3 à la faveur d'un déplacement en Slovaquie chez les -20, il a préféré opter pour la Turquie. Où, par le biais du Standard, il espère à présent se rapprocher de son modèle, Volkan Demirel. Reste à voir évidemment dans quelle mesure il pourra s'étoffer en bord de Meuse. Avec un nombre limité de matches au plus haut niveau, il n'a pas l'expérience d'un Aragon Espinoza qui accuse à la fois six ans et un nombre appréciable de rencontres de plus que lui, tant à l'échelon belge qu'européen. Mais le Standard ne brade pas ceux qui arrivent au terme de leur mandat. Comme le portier équatorien, voire Oguchi Onyewu ou Milan Jovanovic, tous ceux-là ne sont nullement poussés vers la porte de sortie. Même si le Serbe, pourrait être, après Dante Bonfim, le deuxième gros transfert sortant des Rouches lors de ce mercato. A propos du n°1, le directeur-général, Pierre François se veut évasif : " Espinoza a reçu une proposition du club et l'a rejetée ", affirme-t-il. " Chez nous, il est bien connu qu'on repasse rarement les plats. Nous cherchions une solution d'avenir pour le poste de gardien et notre titulaire en était une. Si le futur peut coïncider avec le présent, autrement dit avec le nouveau venu, c'est tant mieux. La parole, en la matière, est au staff. " Laszlo Bölöni, justement, est tout aussi circonspect : " J'ai vu Bolat à trois reprises cette saison et il ne m'a vraiment conquis qu'une seule fois. Les deux autres, c'était valable, sans plus. Nous ne l'aurions sans doute pas engagé si nous avions eu tous nos apaisements concernant la place de titulaire. Mais ni Aragon Espinoza, ni Jérémy De Vriendt et, dans une moindre mesure, Anthony Moris n'ont réussi à faire l'unanimité autour de leurs prestations. Tout reste ouvert. Si rien ne bouge, je n'exclus donc pas que le nouvel arrivé ait sa chance au cours des semaines et des mois à venir. A lui de faire ses preuves. " Guy Martens, entraîneur des gardiens à Genk, ne doute pas de cette issue : " Bolat est plus fort que Bailly au même âge. C'est un keeper moderne, habile techniquement aussi bien des mains que des pieds et qui lit le jeu de façon remarquable. Par rapport à Espinoza, qui ne maîtrise pas toujours la balle, tant s'en faut, il est d'une sûreté à toute épreuve. Le seul domaine où il est encore perfectible, ce sont les sorties. Sur ce plan, l'Equatorien a davantage de bouteille. Mais pour le reste, l'avantage est au plus jeune. " L'exercice en cours aurait dû être celui de l'affirmation de Benteke à Genk. L'attaquant y était passé à 15 ans mais était resté sur sa faim ces dernières semaines avant d'obtenir subitement du temps de jeu avant la trêve. " Dans mon système, il n'y a de place que pour une pointe ", admet Ronny Van Geneugden, le coach des Limbourgeois. " Marvin Ogunjimi, avec ses trois années d'expérience en plus par rapport à Benteke, était le plus approprié pour ce rôle. Mais c'était l'un ou l'autre. Je ne comprends pas sa démarche : si la concurrence d'une seule personne le rebute, qu'en sera-t-il au Standard, où il devra composer avec des joueurs d'un calibre autrement supérieur ? Je ne pense pas qu'il ait fait le bon choix. Si c'est lui qui a vraiment eu le mot de la fin dans cette affaire... Je pense qu'elle arrangeait surtout Kismet Eris. " Ce dernier s'empresse de démentir : " Au même titre que Bolat, Benteke serait resté à Genk si on y avait témoigné de plus de considération pour lui. Mais Benteke a été versé dans le noyau B en tout début de saison. Où est le respect ? Tout au long de la préparation, Christian a eu droit à 45 minutes de jeu à peine face à un pensionnaire de D3. Lors des matches aller du championnat, il a dû se satisfaire d'une apparition de 7 minutes contre le KV Courtrai, le 7 décembre, et de 89 autres contre Charleroi, une semaine plus tard. Et encore, parce qu'Ogunjimi était blessé, sans quoi il se serait assis dans le dug-out. Peut-on espérer qu'un joueur renvoie l'ascenseur dans ces conditions ? Je constate une chose : Genk gère très mal son blé en herbe. Autant il n'y a rien à redire sur l'écolage de la jeune classe, autant un problème se pose manifestement pour ce qui est de la post-formation. Et c'est cela, précisément, qui m'interpelle. Si Van Geneugden est concerné au premier degré par les résultats, moi, je dois veiller au bien-être de mes ouailles. Et il y avait sûrement à redire... "Que faut-il attendre du Belgo-Congolais chez les Rouches ? Mark Van Geersom, qui le connaît bien pour l'avoir sous ses ordres en sélection représentative des -19 est convaincu de son épanouissement, à condition de faire montre de patience : " C'est un véritable n°9. Il occupe donc la place la plus difficile sur le terrain, car en une fraction de seconde, il doit prendre dix décisions. Il est rare qu'on y fasse déjà le ménage à 18 ans. Seuls les tout grands, comme Johan Cruijff, avaient cette faculté-là. Mais s'il se donne le temps, il peut faire son trou au centre-avant. Il est grand, robuste, et possède un bon jeu de tête et une frappe appréciable. Seule sa technique laisse encore à désirer. Mais il est tout à fait capable de progresser sensiblement dans ce registre. Toutes proportions gardées, il me fait un peu songer à Jan Koller lors de ses débuts à Lokeren. En matière de savoir-faire, le Tchèque n'était pas un monstre non plus. Mais à mesure de travail, au contact d'un entourage de plus en plus huppé, il s'est métamorphosé au point de devenir des plus habiles ballon au pied. Je discerne personnellement, en lui, un mini-Koller. A terme, je le vois fort bien entrer en considération chez les Diables Rouges. Une association entre lui, en position la plus avancée, et Moussa Dembélé, légèrement en retrait, serait susceptible de faire des dégâts en tout cas. " par bruno govers - photos: belga