Le club l'a confirmé officiellement sur son site la semaine dernière : Charlton Athletic et Roland Duchâtelet ont trouvé un accord de reprise, qui fait des banlieusards londoniens un nouveau joyau de l'empire footballistique du président du Standard. Un homme fort qui possède déjà des parts de Carl Zeiss Iéna, de Saint-Trond, et d'Ujpest FC. Sans oublier les Rouches, bien sûr.
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Le club l'a confirmé officiellement sur son site la semaine dernière : Charlton Athletic et Roland Duchâtelet ont trouvé un accord de reprise, qui fait des banlieusards londoniens un nouveau joyau de l'empire footballistique du président du Standard. Un homme fort qui possède déjà des parts de Carl Zeiss Iéna, de Saint-Trond, et d'Ujpest FC. Sans oublier les Rouches, bien sûr. Charlton est un club du sud-est de Londres et un concurrent direct de Millwall et de Crystal Palace. Il a été un grand d'Angleterre des années 30 à la fin des années 50 et s'est encore distingué il y a deux décennies sous la direction d'Alan Curbishley, patron de The Valley de 1991 à 2006. Stable, le club a même constitué un modèle international grâce à son community work. Suite au départ de Curbishley, le club a replongé en eaux troubles, changeant d'entraîneur à peu près tous les trois mois sans que ça améliore son sort sportif. Chris Powell, engagé en janvier 2011, a ramené une certaine sérénité. L'ancien joueur est actuellement l'entraîneur le plus longtemps en poste en D2. En 2012, il a conduit Charlton vers le titre en D3. Le club a terminé neuvième la saison passée mais, cette année, il lutte pour son maintien. Durant leurs négociations avec la direction du club, les avocats de Duchâtelet ont eu affaire à des personnes étranges. L'actionnaire principal de Charlton (47,6 %), Tony Jimenez, était, ainsi, un promoteur immobilier. L'homme, qui s'est un jour dépeint comme un entrepreneur, a vu 16 des 17 entreprises dont il s'occupait au Royaume-Uni tomber en faillite. Il a également perdu un procès contre Dennis Wise à propos d'une somme de 600.000 euros qu'il devait investir au nom de Wise dans un projet de golf en France, ce qu'il n'aurait pas fait, selon l'ancien footballeur de Chelsea. Jimenez, qui a grandi dans le quartier de Charlton, parle couramment espagnol et a conçu des projets immobiliers en Espagne et à Dubaï. Le personnage a aussi ses entrées dans le monde du football. Son amitié avec Wise remonte au passage de celui-ci à Swindon. Il a aussi amené Juande Ramos à Tottenham et a été vice-président chargé du recrutement de Newcastle, avec Wise. Les deux hommes se chargeaient des transferts, au grand mécontentement de Kevin Keegan, qui a été remplacé par le Londonien Joe Kinnaer. Mike Ashley, l'actuel propriétaire, a traité la bande de Cockney Mafia quand il l'a virée. Malgré tout, Jimenez et Wise sont restés amis, le premier étant même le parrain d'un des enfants du second. Michael Slater, président et actionnaire minoritaire (23 %) de Charlton, vient de Stockport, Manchester, et est un supporter acharné de Manchester City. Il effectue même les déplacements européens - il a été malmené par la police madrilène - et a un abonnement pour les matches à domicile. Quand les deux clubs se produisent à domicile en même temps, il accorde quand même sa préférence à Charlton. Les deux hommes ont repris l'équipe fin 2010 pour une livre symbolique. Ils ont surtout hérité de dettes, qu'on estime à environ 17 millions d'euros. Deux ans plus tard, ils veulent se débarrasser du club. Leur premier recrutement, celui de Chris Powell, très populaire auprès des supporters, était destiné à séduire ceux-ci. À lire les commentaires actuels des sites, plus tôt les deux hommes partiront, mieux ce sera. On leur reproche une gestion trop économe. La politique de Duchâtelet fait parfois penser à l'histoire d'ENIC, l'English National Investment Company qui voulait acheter une équipe de football dans tous les pays européens, à la fin des années 90. ENIC a acheté des parts de Tottenham, de Vicenza, du FC Bâle, de l'AEK Athènes, du Slavia Prague et des Glasgow Rangers. L'UEFA s'est insurgée contre cette pratique et a décidé que les clubs appartenant à la même personne ne pouvaient pas se produire en même temps en Coupe d'Europe. ENIC a abandonné son projet, ne conservant que Tottenham. PAR PETER T'KINT