Six mois à peine après avoir perdu ses Hornets au profit de La Nouvelle Orléans, la ville de Charlotte vient d'apprendre qu'elle retrouvera une équipe professionnelle à l'aube de la saison 2004-2005, date du prochain élargissement de la NBA. Cette bonne nouvelle est le fruit de la combinaison de deux efforts, l'un public et l'autre privé.
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Six mois à peine après avoir perdu ses Hornets au profit de La Nouvelle Orléans, la ville de Charlotte vient d'apprendre qu'elle retrouvera une équipe professionnelle à l'aube de la saison 2004-2005, date du prochain élargissement de la NBA. Cette bonne nouvelle est le fruit de la combinaison de deux efforts, l'un public et l'autre privé. Il y a un an, un grand referendum dans la métropole de Caroline du Nord avait rejeté un projet de construction d'un nouveau stade de basket avec pour conséquence l'émigration de l'équipe en Louisiane. Après avoir réalisé les conséquences du vide (taxes, revenus, notoriété, image...) les élus de la ville, confortés par la sympathie et le soutien de la NBA, ont décidé tout de financer un nouveau stade à hauteur de 260 millions d'euros. Il ne restait plus qu'à trouver un investisseur privé désireux et capable d'avancer 300 millions de dollars pour l'achat de la franchise. Ce fut chose faite jeudi dernier quand Robert Johnson a été officiellement accepté par la ligue professionnelle en qualité de propriétaire de l'équipe qui reste bien entendu à composer et à nommer. Johnson (56 ans) est un personnage intéressant. Il est le premier milliardaire noir américain. Né au Mississippi au sein d'une famille de dix enfants et éduqué en Illinois et à Princeton, il a très tôt fait ses preuves de visionnaire. Constatant les progrès socio-démographiques constants de ses frères de couleur aux Etats-Unis au cours des années 70, il emprunte 15.000 dollars et fonda, en 79, la Black Entertainement Television, la toute première chaîne destinée essentiellement aux afro-américains. Le succès est immédiat et phénoménal. En 2000, le géant Viacom approche la BET et la rachète pour 3 milliards de dollars. Depuis cette année, Robert Johnson consacre la plupart de son temps à investir. Il devient le tout premier Noir propriétaire d'un club professionnel d'un sport majeur aux Etats-Unis. En acquérant la 30ème équipe de la NBA, il s'offre aussi les Charlotte Sting, l'équipe féminine de WNBA. Et ses ambitions sportives ne s'arrêtent pas là. Il confesse vouloir acheter les Montréal Expos (baseball) et les installer à Washington D.C., sa ville de résidence. Son arrivée dans le giron du basket n'est pas une décision désintéressée de la part de David Stern, le patron de la NBA. D'un point de vue politique et social, l'image d'un patron de couleur y est la bienvenue dans un championnat très largement dominé par les joueurs noirs. Tout le monde y trouve son compte sauf peut-être Larry Bird, que l'on dit très déçu et même très amer. A la tête d'un groupe d'une douzaine d'investisseurs, l'ancienne gloire des Boston Celtics avait lui aussi remis une offre d'achat de licence qui, hélas pour lui, n'a pas retenu l'attention de la ligue.