Charleroi attaque la FIFA : le pot de terre contre le pot de fer ? Ce n'est pas l'avis de Maître Jean-Pierre Deprez, l'avocat du Sporting. " Une personne physique est une personne physique, une personne juridique est une personne juridique ", dit-il. " Ce n'est pas l'importance de cette personne qui fait qu'elle gagne ou perd un procès. Le critère décisif pour les juges, c'est la justesse de la cause ".
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Charleroi attaque la FIFA : le pot de terre contre le pot de fer ? Ce n'est pas l'avis de Maître Jean-Pierre Deprez, l'avocat du Sporting. " Une personne physique est une personne physique, une personne juridique est une personne juridique ", dit-il. " Ce n'est pas l'importance de cette personne qui fait qu'elle gagne ou perd un procès. Le critère décisif pour les juges, c'est la justesse de la cause ". Cette cause part d'un match amical disputé en novembre dernier par le Maroc et le Burkina Faso. Le Zèbre Abdelmajid Oulmers, qui fêtait sa première apparition en équipe marocaine, fut sèchement tacklé par Lamine Traoré, le défenseur burkinabé d'Anderlecht. Verdict : rupture du ligament latéral de la cheville. Deux opérations plus tard, Oulmers n'a toujours pas rejoué. A Charleroi, on estime que le manque à gagner est évident. Impossible à chiffrer, mais le club commence par réclamer 100.000 euros à la FIFA, en attendant des nouvelles plus précises du rétablissement de son joueur. Après l'accident, le club s'est adressé à la fédé marocaine, qui a répondu qu'elle n'avait contracté aucune assurance pour ce match. Le Sporting aurait pu en prendre une, mais cela ne se fait jamais, vu le prix de la prime. C'est donc une perte sèche pour Charleroi, où on estime que l'indisponibilité d'Oulmers peut avoir eu des conséquences sur le niveau de l'équipe. Le Sporting va s'adresser au tribunal de commerce de Charleroi en espérant que celui-ci posera une question préjudicielle à la Cour de Justice des Communautés Européennes du genre : -Ne considérez-vous pas que les articles 36 à 40 des règlements de la FIFA sont contraires aux articles 81 et 82 du Traité de l'Union Européenne ?Ces articles 81 et 82 font référence à la liberté des prestations individuelles et aux abus de position dominante. " La FIFA a clairement une position dominante puisqu'elle est le sommet de la pyramide du football. Elle a un rôle régulateur et estime par exemple qu'une partie des bénéfices des Coupes du Monde doit aller aux fédérations nationales et pas aux clubs ", signale Maître Deprez. " Elle fait aussi entrave à la liberté des prestations individuelles en punissant les joueurs qui ne répondent pas aux convocations de leur fédération, ainsi que les clubs concernés. L'article 37 des règlements de la FIFA dit que les clubs sont tenus de mettre leurs joueurs à la disposition des fédérations et qu'ils n'auront droit à aucune indemnité si un joueur revient blessé d'un match international ". Le combat promet d'être rude (Deprez : " Je m'attends à ce que la FIFA multiplie les peaux de bananes sous nos pieds ") et long (plusieurs années). Première étape : que le tribunal de commerce de Charleroi se déclare compétent. S'il ne s'estime pas compétent, il peut renvoyer l'affaire à Zurich, ville siège de la FIFA. A Charleroi, on ne désespère pas d'être rejoint dans ce combat par d'autres clubs. (P. Danvoye)P.Danvoye