SUPPORTERS ROUCHES " Une nouvelle traversée du désert est inconcevable "

" Les veaux de Sclessin saluent l'âne que tu es " ou " Delire, parce que tu le veau bien " : le public du Standard ne cache jamais ses émotions et, entre des vagues anti- Dominique D'Onofrio, le journaliste de Belgacom TV en a pris pour son grade après s'être élevé contre l'attitude d'une frange du peuple rouche à Gand. L'humour était lisible et Marc Delire, qui adore les bons mots et s'est excusé sur le plateau de Studio 1 La Tribune, aura certainement découvert ces répliques avec un sourire.
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" Les veaux de Sclessin saluent l'âne que tu es " ou " Delire, parce que tu le veau bien " : le public du Standard ne cache jamais ses émotions et, entre des vagues anti- Dominique D'Onofrio, le journaliste de Belgacom TV en a pris pour son grade après s'être élevé contre l'attitude d'une frange du peuple rouche à Gand. L'humour était lisible et Marc Delire, qui adore les bons mots et s'est excusé sur le plateau de Studio 1 La Tribune, aura certainement découvert ces répliques avec un sourire. Les fans du Standard vivent leur passion comme personne en Belgique. Le volcan peut exploser de bonheur mais d'autres éruptions, inattendues, souvent indiquées, parfois injustes, sont le reflet de grandes attentes. Cette saison, les espoirs des croisés du Standard ont régulièrement été déçus. A Malines, en match retour des quarts de finale de la Coupe de Belgique (1-4 après le 2-0 de la première manche), ils ont vibré car le moteur de leur équipe a enfin tourné à haut régime. C'est ce qu'ils veulent, c'est ce qu'ils exigent mais le côté soupe au lait de certains supporters n'érode-il pas la confiance des joueurs et, par-delà, l'image de marque du Matricule 16 ? " Non, nous ne le pensons pas du tout ", signale Hedi Djebali, du Hell Side qui célèbre cette année ses 30 ans d'existence. " Après les deux titres, nous avons tous placé la barre très haut. L'équipe nous avait procuré tant de bonheur. A nos yeux, il est inconcevable de revivre une longue traversée du désert. Nous sommes aussi là pour réveiller les ambitions. Quand cela ne va pas, il faut le dire. Et, durant des mois, ce ne fut pas bon du tout. Cela fait mal au coeur. Différents facteurs expliquent ces errances : une interminable liste de blessés, un recrutement à tort et à travers, un coaching souvent foireux. " " Je ne fais pas partie de ceux qui ont tout cristallisé sur la tête du T1. Mais je comprends les nombreux spectateurs qui estiment que la tâche, énorme, l'a dépassé. Ce chouette gars est passé à côté de son sujet. Durant des mois, nous n'avons rien eu à nous mettre sous la dent. Il n'y avait pas de système de jeu et la défense a battu de l'aile. Derrière, c'était souvent n'importe quoi et ce secteur a été remanié à tours de bras avec à la clef un manque d'automatismes. Un chat n'y aurait pas retrouvé ses jeunes. Quand le coach a replacé Laurent Ciman au back droit alors qu'il est meilleur et indispensable dans l'axe, nous n'avons pas compris. C'était pitoyable et le Standard s'est obstiné à faire confiance à Eliaquim Mangala. Il a coûté un paquet de points Mangala et il signera probablement une belle carrière mais, pour le moment, il a une relance à la Etienne Delangre. " A 40 ans, Sébastien Imhoff est probablement le plus fidèle des supporters du Standard. Contre Genk, cet incroyable fan bruxellois en était à son 1.321e match officiel consécutif aux côtés de ses couleurs. Il se souvient de l'un ou l'autre déplacement annulé pour les supporters comme ce fut le cas en Bosnie, plongée dans la guerre. Malgré une maladie grave en progression, la chorée d' Hutington, Imhoff ne quitte pas le sillage des Liégeois : " Et il en sera ainsi jusqu'à mon dernier souffle. Le Standard, c'est ma vie. " Depuis le début de la saison, ses amis discutent sans cesse du jeu de leur club préféré. " Les débats sont régulièrement houleux ", avance Imhoff. " Je n'avais jamais vu cela et je suis déçu par le sens de tous ces échanges. C'est souvent virulent. Je comprends les déceptions : notre équipe ne se porte pas comme un charme : le classement général est assez éloquent. Le Standard a un certain standing et ne peut pas se permettre de jouer au yoyo. Mais il n'y a pas que les deux titres qui comptent. Je me souviens d'années bien plus difficiles, surtout sur le plan financier. Le Standard avait la corde au cou et une dette presque mortelle de 20 millions d'euros en 1998. Ce n'est pas une excuse mais, moi, je suis un supporter du club, pas un partisan de la victoire. Je vois bien que c'est dur mais ce n'est pas en démolissant qu'on apportera sa pierre à l'édifice. Cette hargne me fait mal : j'en ai pleuré. J'en arrive à m'isoler pour suivre les matches. Je ne peux plus entendre ces insultes. Mon club, ce n'est pas cela, c'est tous ensemble quand tout va bien mais aussi si cela ne rigole pas. L'effectif a tardé à se mettre en place avec des arrivées étalées durant des mois. Defour est revenu et cela va mieux. S'il n'avait pas été blessé, le bilan aurait été très différent. Dominique D'Onofrio a cherché, c'est vrai, mais qui ne l'aurait pas fait à sa place ? Laszlo Bölöni s'est souvent perdu lui aussi. " Au Standard, en interne, on reproche toujours au coach roumain " d'avoir détruit l'équipe et quelques années de boulot. Il ne travaillait pas assez non plus... "On a aussi été irrité par les bonnes relations que l'ancien T1 entretenait avec des groupes de supporters. Mais n'avait-il pas fêté avec eux le but de Sinan Bolat contre l'AZ ? N'allait-il pas discuter avec les supporters quand cela chauffait ? Bölöni a du charisme et n'a jamais été chahuté par les plus chauds partisans du Standard. Ceux-ci appréciaient ce leader qui leur a procuré un titre et de grandes joies européennes. Aujourd'hui encore, son nom est scandé sur l'air des lampions. Ces fans considéraient qu'il était quasiment un des leurs. Refroidi par quelques incidents, dont le jet de mottes de terre d'il y a quelques années, DD n'a jamais eu les mêmes contacts avec les supporters. Sébastien Imhoff précise de son côté : " Moi, même si je l'aime bien, je ne suis ni un pro ni un anti- DD. C'est le club qui importe et on ne peut pas tuer les gens comme cela. Il travaille et c'est en fin de saison qu'on fera les comptes. " Hedi Djebali croise les doigts pour que le Standard participe au débat des PO1 et atteigne la finale de la Coupe : " Je ne siffle pas DD non plus mais le courant ne passe pas entre une grande partie du stade et lui. Est-ce qu'un trophée en fin de saison changerait la donne ? Pour lui, oui, ce serait une revanche mais il ne sera jamais populaire. " Samedi, jour de match... Dans les médias et les conversations, le ton a changé. Normal, le Sporting a commencé à gagner. " L'espoir est là. Ils l'ont entretenu mais cela ne masque pas le fait que la saison est un échec et un fiasco ", lâche Sébastien Mascitelli, leader des Storm Ultras. " On a perdu énormément de crédit et d'identité. " Cela se confirme au stade. Le boulevard Zoé Drion, habituellement fermé lors des grosses affluences est ouvert. Pas de problème pour trouver un parking à moins de 100 mètres du stade. Le ton a peut-être changé mais pas les habitudes prises ces derniers mois. Malgré le retour des bons résultats et l'importance de l'enjeu, l'affluence est famélique pour voir ce Charleroi-Saint-Trond. " On parle de renouveau ( d'un air dubitatif, il souffle) ?", continue Mascitelli. " Oui, quand on voit qu'on n'était plus que 3.000 et qu'on est maintenant 5.000, alors si vous voulez, on peut parler d'engouement. " " La D2 ? On n'y est pas encore. Et puis, on joue aussi au football en D2 !. " Cette phrase de Philippe De Vleeschauwer, président des Amis du Sporting, résume l'atmosphère générale qui règne à Charleroi. Un mélange d'espoir, né des derniers résultats, et d'une longue résignation engendrée par le plus mauvais premier tour de l'histoire du Sporting de Charleroi. Car, telle une épée de Damoclès, l'ombre de la D2 plane depuis maintenant presque trois saisons sur la plus grande ville de Wallonie " On a senti un nouvel élan, un nouvel espoir suite au retour des victoires ", analyse Manu Salvé, ancrage carolo de La Dernière Heure, " mais cela ne s'est pas encore traduit en termes d'assistance. Cependant, on sent qu'il ne faudrait que peu de choses pour que cela reparte. " " Abbas Bayat a eu dix ans pour faire du Sporting un club du G5 ", argumente Georges Hupez, chef d'édition de la Nouvelle Gazette, journal emblématique de la région carolo. " Il aurait dû y parvenir. On ressort toujours l'image de la région sinistrée mais dans la participation au PNB, aucune commune dans le Hainaut n'arrive à la cheville de Charleroi, une ville qui compte tout de même 240.000 habitants. Comment expliquer que sur les 240.000, on n'arrive pas à en trouver 15.000 pour aller au stade ?" Et de se souvenir des précédents douloureux, des années calamiteuses comme celles de 1999-2000 ou 2003-2004. Dans l'épreuve, le peuple carolo s'était alors mobilisé. " En 2000, le record du nombre de cars affrétés pour un match en déplacement, qui datait de la finale de la Coupe en 1993, avait été battu pour une rencontre à Alost ", se souvient Hupez. " En 2004, pour ce match à Mons, le stade était plein. Certes, on parle de derby mais Mons n'a jamais déplacé les foules. On ne retrouve pas cette mobilisation cette année. Il n'y a pas eu de cris d'alerte ou de ralliement. En 2000 et 2004, certains avaient même lancé des autocollants avec - Charleroi en D1. Il y a clairement un divorce entre une frange du public plus neutre et son club. Cela se traduit par des milliers de supporters en moins, par des annulations de cars pour les déplacements. " " Mais il faut aussi voir le bon côté des choses ", tempère De Vleeschauwer. " Aujourd'hui, les clubs de supporters doivent se regrouper pour affréter un car. Cela signifie que l'unité est revenue parmi nous. Et puis, il faut nous comprendre : à Westerlo, on a fixé le prix des places à 25 euros. Or, c'est la crise pour tout le monde, surtout à Charleroi. Cependant, si ce match s'avère capital pour notre avenir en D1, je suis persuadé qu'il y aura un sursaut de mobilisation. L'instinct de survie... "Les acharnés sont toujours là. Les autres ont disparu. Ils reviendront peut-être avec le nouvel élan. " L'ambiance était morose ", explique De Vleeschauwer. " Une succession de défaites n'est jamais agréable. Cela se ressentait sur le caractère et le moral des gens. Il y avait davantage de nervosité et une espèce de fatalisme s'était installée. On cherchait des solutions et surtout des coupables. "Direction Marcinelle. Centre d'entraînement tant décrié ces dernières années. La construction de la nouvelle école des jeunes a débuté. Sur un terrain annexe, les espoirs disputent un match d'ETT contre leurs homologues de l'équipe nationale luxembourgeoise. En bord de terrain, les parents discutent le coup : " Le départ de Didier Beugnies a fait beaucoup de mal. " On parle des techniciens incompétents (" beaucoup ") et de ceux qu'on a laissé partir mais qui faisaient de l'excellent boulot (" Dante Brogno "). On évoque également la nouvelle politique des transferts, bien peu propice à l'éclosion des jeunes (" pour le match des Réserves face au Standard, il y avait dix pros. Seuls cinq gamins avaient été appelés ") et surtout du manque de considération que le club a pour ses jeunes talents (" Quand ils commettent une erreur, on les laisse en plan "). On parle aussi de la présence occasionnelle d' Eden Hazard, qui vient voir jouer son cousin. Pourtant, sur le terrain, le talent ne manque pas. Il y a le fils de Brogno, le jeune Quentin Becker ou le capitaine Thibaut Delplank. Un Sporting en D2 ne ferait pas leurs affaires. Mais un Sporting en D1 avec un noyau de 30 joueurs non plus. " Eux, ils veulent un jour percer en D1. Peu importe si c'est à Charleroi ou pas ", résume un papa. " Certains se disent que c'est plus facile de percer en D2 qu'en D1 ", analyse Raymond Hens, le responsable de l'école des jeunes. " Mais ce n'est pas garanti. On ne peut pas dire que Mons joue avec beaucoup de jeunes. Les gamins de moins de 14 ans sont encore animés par le jeu et ne se préoccupent pas de la position de l'équipe première. Ils sont plus attirés par Lionel Messi que par les joueurs du Sporting. Les plus âgés sont davantage peinés par les résultats. Lors du premier tour, certains se demandaient même s'ils ne seraient pas capables de faire aussi bien que ces couillons. " Pour ces jeunes, le Sporting est une référence mais pas une fin en soi. " La situation est difficile. Les conditions d'entraînements pas terribles, le matériel non plus. Alors, quand tu habites à Trazegnies ou à Anderlues, tu es vite à Mons ou à Valenciennes ", rajoute Hens. " Maintenant, on ne peut pas dire qu'ils ont vraiment envie de partir. Ils ont toujours connu ces conditions d'entraînement. Ils ne comparent donc pas avec ce qui se fait ailleurs ", dit un papa. " Certains se disent : On a le basket, on a RafaelNadal au Spiroudôme, a-t-on encore besoin du Sporting ? Pourtant, au marché, le dimanche, personne ne sait citer le nom d'un joueur de basket. Par contre, on connaît tous les joueurs du Sporting. D'un côté, on parle d'un spectacle ; de l'autre d'un sport avec tout le côté passionnel ", conclut Raymond Hens. La presse régionale suit tout cela de très près. Marc Gerardy ( Radio Contact) a pris toute la mesure de l'importance de son club : " Le bourgmestre Willy Demeyer est surtout un amateur de basket mais quand il est en mission à l'étranger, ses interlocuteurs s'intéressent prioritairement à trois choses en évoquant Liège : le Standard, la nouvelle gare des Guillemins et la sidérurgie. L'équipe actuelle a un gros déficit de matches références. Elle a trois repères : Standard-Anderlecht et les deux matches de Coupe contre Malines. C'est trop peu. Le groupe est inexpérimenté et le staff doit encore apprendre l'abc du métier à pas mal de joueurs. Il y a des jeunes qui n'ont pas encore terminé leur post-formation. Le Standard a perdu de gros talents en été et on ne reconstruit pas tout en quelques semaines. Le groupe des deux titres était difficile mais avait du caractère et du charisme. Ces gars-là avaient faim de succès. La saison passée, ils ont rentabilisé leur talent en misant, c'est vrai, plus sur l'Europe que sur le championnat mais actuellement, je vois des enfants gâtés sur le terrain. Ils estiment que tout leur est acquis. Or, ils doivent apprendre à gérer la célébrité et se faire respecter. Quand Defour n'est pas là cela manque de ligne de conduite et d'idées. Steven est bien le Wilfried Van Moer de l'époque actuelle. Sans lui, le jeu a souvent été misérable. Le capitaine permet à tout le monde de jouer dans de meilleures conditions. " La presse a sursauté quand Lucien D'Onofrio a annoncé qu'il attendait le mois de mai avant de prendre une décision à propos de son avenir au Standard. Les rumeurs ont éclaté comme un feu d'artifices. Restera, restera pas ? Achètera-t-il les parts de la famille Louis-Dreyfus ? Assistera-t-on comme en Angleterre à l'arrivée d'investisseurs russes ou arabes ? " On ne sait jamais mais je crois que D'Onofrio est surtout un grand stratège ", pense Yves Bouchard de La Meuse/La Gazette des sports. " Il n'a pas lancé cela par hasard. Avec ses mots, il a responsabilisé les joueurs, fait baisser la pression sur les épaules de son frère. C'est le chef qui parlait et c'était important. Il est peut-être un peu fatigué. Lucien s'est quand même beaucoup investi au Standard. Et quand on critique aussi vertement son frère, cela le désole certainement. Il a été marqué par la fin de règne de Bölöni. Etrange bonhomme qui nous a dit un jour : - Vous êtes presque la Securitatea. Nous n'en revenions pas. Le Roumain a un caractère très particulier. Quand le ressort s'est cassé, les dégâts étaient importants : tout était à refaire. Cette saison, les transferts de Lucien D'Onofrio ne sont pas aussi rentables qu'il l'espérait : cela peut arriver et ça l'énerve. Mais il ne quittera pas le Standard avant d'avoir terminé son triptyque. Il a rendu de la grandeur au club. Le centre de formation tourne à plein régime. Il ne manque plus qu'un stade à la page. Cette nouvelle enceinte pérennisera son £uvre. Je ne le vois pas partir avant que le nouveau stade soit construit. " La sinistrose et le fatalisme touchent également la presse régionale. " Comme dans tous les clubs, c'est plus gai de travailler quand ça fonctionne bien et que les résultats suivent ", reconnaît Manu Salvé. " De plus, le journaliste dépendant du Sporting se pose inévitablement la question de son avenir. Sa vie sera en effet différente s'il doit suivre le club en D2. Moins d'exposition médiatique, donc moins de place dans le journal, donc moins d'articles. " " Cela se ressent sur nos chiffres ", dit Hupez. " Notre creux coïncide quand même avec la période durant laquelle le Sporting commence à perdre et capitalise contre lui une forme d'antipathie. On est déjà un journal à teinte négative puisque Charleroi a été bazardé par l'affaire Dutroux et les scandales politiques. Et aujourd'hui, quand on parle du Sporting, c'est encore négatif ! Le Sporting représente plus de 50 unes par an. Mais il convient de relativiser. Quand le Sporting a terminé cinquième, cela ne nous a pas rapporté cent lecteurs en plus. Par contre, si on diminue d'une page la place occupée par le club, là, on perdrait des lecteurs. En cas de descente, le club mobiliserait toujours autant de place dans le journal. Du moins tant qu'il occupera cette position de leader sportif. "Bart Vandesompele, directeur de la communication de Base, important partenaire commercial des Rouches, n'a jamais sa langue en poche. Freedom of speech n'est pas pour rien le slogan de sa société. Après l'affaire Wasilewki- Witsel, il avait exprimé son désaccord avec ce genre d'événement et cela avait eu pour effet de crisper les relations entre le club et son sponsor. C'est le passé comme le prouve les nouvelles actions que les deux parties orchestrent de concert. Le football passionne Vandesompele : " Dominique D'Onofrio n'est pas Jésus-Christ. Je le connais bien. Et, à mon avis, c'est à la demande de son frère, Lucien, qu'il a accepté cette mission. Il le fait pour le club. D'après moi, l'idée n'est pas de le maintenir à ce poste durant des années. Dominique lutte avec les armes dont il dispose. Cet homme fait ce qu'il peut mais a déjà fait ses preuves, on l'oublie. Bref, il est d'abord victime de réactions émotionnelles. Il est la tête de Turc, le bouc émissaire idéal. Mais Dominique n'est pas LE problème. Les soucis du Standard ne m'ont pas étonné. L'effectif n'est pas assez fort. Je le trouve même limité. Il y a enfin une embellie et problème peut être résumé par le match Standard-Genk. Ce soir-là, les Limbourgeois se sont passés sans sourciller de Jelle Vossen et de Marvin Ogunjimi. Au Standard, quand un pilier n'est pas là, c'est tout un problème car la relève ne suit pas. Defour est indispensable et il est anormal que tout cale à cause d'un seul homme. Quand il n'est pas là, Axel Witsel recule pour aider sa défense. Il joue trop bas alors que ce joueur est d'abord de nature offensive. Je suis optimiste pour l'avenir. Il suffit d'examiner le classement des jeunes. Les équipes du Standard sont en tête dans toutes les catégories d'âge. Le centre de formation de l'Académie Robert Louis-Dreyfus regorge de talents. On y prépare des jeunes qui seront plus forts que la génération emmenée par Witsel. Le Standard est le principal réservoir de talents dans le sud du pays. En Flandre, c'est différent : une douzaine de clubs se disputent les meilleurs jeunes de la région. Il faudra toujours recruter à l'étranger mais la formation fera la différence et son Académie a permis au Standard d'innover et de prendre de l'avance. Dominique y a d'ailleurs livré un gros travail, le témoin étant désormais dans les mains de Jean-François de Sart. " Le Standard attire tous les regards en Wallonie. Un sponsor comme Peugeot Schyns s'est identifié à ce porte-drapeau. Responsable de la communication et du marketing de cette société, Bernard Lorquet ne doute pas : " Il est toujours plus agréable de truster les succès. Nous savons que les moments plus difficiles sont inévitables. N'en va-t-il pas ainsi dans tous les secteurs où la performance est au centre des préoccupations ? C'est un club qui travaille et qui avance. Cette attitude nous convient car c'est aussi la nôtre. Les contacts avec la direction du Standard sont agréables. Nos relations et amis sont heureux quand nous les invitons à passer une soirée de football à Sclessin : c'est un événement car c'est unique en Belgique. Il y a évidemment eu des manifestations de mauvaise humeur dans le public. Pour nous, cela fait partie de la vie d'un club qui est unique en son genre. " Plus qu'une place en D1, c'est l'identité d'un club après lequel court tous les sympathisants. " Le Sporting a changé. Ce n'est plus un club familial ", lance Hupez. " Dans les années 90, on sentait que le club faisait corps avec son terreau ", renchérit Salvé. " On n'en est plus là. La crise est passée par là, la vie en général a changé. Avant, lors d'un match, je recevais dix demandes de résultats par SMS. Maintenant, quand j'en reçois un, c'est beaucoup. "" Il y a une perte d'identité indéniable ", corrobore Jean-Pierre Cromphouldt, à la tête de Delta Soleil, un des sponsors du club qui organise les stages de l'équipe première. " Les gens passent et trépassent dans le club. Il n'y a plus de repères sur le terrain. Nous allons au stade pour des relations d'affaires. Point barre. Cela devient compliqué de vendre un match du Sporting, juste pour le football. Dans les business seats, il y a beaucoup moins de monde qu'avant et cela se voit, petit à petit, comme des cheveux qui disparaissent. L'ambiance football, bon enfant et populaire a disparu. Il n'y plus d'éclats de rire jusque minuit. Avant, c'étaient des verres et des verres. Aujourd'hui, une fois le match fini, on s'en va et du coup, on ne connaît plus grand monde. Mais madame est contente parce qu'on rentre plus tôt... " " Beaucoup de choses ont évolué dans le mauvais sens ", explique Stéphane Hottat, sponsor, à la tête d'une société de bureautique, Buroffice. " Le président n'a pas compris l'aspect émotif du football. La grande majorité des sponsors est composée de personnes qui ont réussi mais qui ont un lien (parent, grands-parents) avec le monde ouvrier. Alors quand on entend Abbas Bayat dire qu'il n'a pas l'habitude de dire merci à des gens qui sont payés par le club en faisant allusion à ses employés, moi, cela me choque. Un merci ne coûte rien. Je ne suis pas de gauche ; je suis même plutôt pro-américain et du style travailler plus pour gagner plus, mais je trouve que le président tient des propos beaucoup trop froids et capitalistes. Il paraît qu'il est charmant en privé mais qu'il le montre ! Le peuple carolo a besoin de cela. Moi, je ne vais plus au stade que quatre fois par an car il n'y a plus d'émotion et un mec comme moi qui ne va que quatre fois par an au stade, c'est un signe. Heureusement que le président a investi à la trêve, sinon les carottes étaient cuites. " Pourtant, MM. Cromphouldt et Hottat demeureront sponsors du club en cas de descente. Pas question de quitter un club en perdition. PAR PIERRE BILIC ET STÉPHANE VANDE VELDE" Dominique D'Onofrio n'est pas Jésus-Christ. " Bart Vandesompele, directeur chez Base " Quand Defour n'est pas là, le jeu a souvent été misérable. " Marc Gérardy, Radio Contact " Dans les business seats, il y a de moins en moins de monde et cela se voit comme un début de calvitie. " Sponsor carolo " Lucien D'Onofrio ne partira pas avant que le nouveau stade soit construit. " Yves Bouchard, La Meuse " Avant, c'étaient des verres et des verres jusque minuit. Aujourd'hui, on quitte le stade, une fois le match fini. Madame est contente... " Sponsor carolo