"Charleroi ne descendra pas. Tous ceux qui suivent notre D1 de près savent que cette formule est une loi non écrite du football belge. Cette petite phrase suggère beaucoup de choses, mais jusqu'il y a peu, elle était simplement basée sur des rumeurs qui refaisaient surface chaque fois que les Carolos se retrouvaient dans la zone rouge du classement. Ainsi, tout le monde a de nouveau bien rigolé quand l'attaquant de l'Antwerp Patrick Goots et le secrétaire de ce club, Paul Bistiaux, ont annoncé en mai de l'année dernière qu'il s'était vraiment passé quelque chose d'anormal ".
...

"Charleroi ne descendra pas. Tous ceux qui suivent notre D1 de près savent que cette formule est une loi non écrite du football belge. Cette petite phrase suggère beaucoup de choses, mais jusqu'il y a peu, elle était simplement basée sur des rumeurs qui refaisaient surface chaque fois que les Carolos se retrouvaient dans la zone rouge du classement. Ainsi, tout le monde a de nouveau bien rigolé quand l'attaquant de l'Antwerp Patrick Goots et le secrétaire de ce club, Paul Bistiaux, ont annoncé en mai de l'année dernière qu'il s'était vraiment passé quelque chose d'anormal ". Dans son éditorial de vendredi dernier, le journaliste flamand Rudy Nuyens ( Het Laatste Nieuws) n'y va pas avec le dos de la cuillère. Quand il écrit cette colonne, l' affaireCharleroi n'en est qu'à ses débuts : Jacky Mathijssen et plusieurs footballeurs (principalement de St-Trond) ont été interrogés par la justice, mais il n'y a encore eu aucune arrestation. Toutes les personnes convoquées à Hasselt ont pu regagner leur domicile le soir même. Le nom de Luc Nuyttens, figure centrale du scandale, n'a pas encore été cité. Pourtant, certains semblent déjà sûrs de leur fait : Charleroi a manipulé la dernière ligne droite du championnat 2003-2004. Charleroi ne descendra pas ; c'est vrai que, partout dans le pays, la formule est souvent revenue. Pourquoi ? Parce que c'est un club qui n'a jamais rien fait comme les autres. Un club médiatique, emblématique, électrique, volcanique. Un carrousel aux rumeurs. Par exemple : Jean-Claude Van Cauwenberghe ne peut pas se permettre une chute en D2 du premier club de sa ville, dont il est d'ailleurs président d'honneur. Prestige politique oblige. Ou encore : on ne descend pas en D2 avec un stade pareil û que la Ville a transformé en forçant quelque part la main à la justice et dont une tribune devra sans doute être partiellement démontée.Les Bayat, déménageurs en col blanc Le coup est plus d'une fois passé tout près, au cours des dernières années. Aujourd'hui encore, certains affirment que le match décisif de la dernière journée en 1999-2000, contre Anderlecht, était arrangé. Les Carolos ont-ils dédommagé financièrement les Mauves (déjà champions), à l'époque, pour assurer leur maintien ? Sans doute pas. Les Bruxellois ont-ils levé le pied pour leur coéquipier Enzo Scifo, qui venait de signer la convention de reprise du Sporting Charleroi ? Certainement. Quand Alin Stoica fit 0-1 d'un superbe tir des 30 mètres, un de ses partenaires lui lança : -Qu'est-ce que tu as foutu ? " Réponse du Roumain : -Désolé, je ne l'ai pas fait exprès. La saison dernière, c'est le match (à nouveau décisif) de la dernière journée contre Mons qui déclencha toutes sortes de rumeurs. Les Montois (sauvés quelques jours plus tôt) ont-il mis la pédale douce pour que les Zèbres restent en D1 ? Là encore, aucune preuve n'a été donnée. Mais le discours de Michel Wintacq (entraîneur adjoint de Mons), dès la partie terminée, fit du bruit : " On ne peut pas dire que nos joueurs se soient donnés à fond ce soir ". Certains en ont tiré leurs conclusions et personne n'a semblé vraiment étonné que le Sporting se soit finalement sauvé, tant on avait lu et entendu, au cours des jours précédents, que Mons ne ferait rien pour ennuyer Charleroi. Si le Sporting est aussi régulièrement suspecté de man£uvres interdites, il le doit notamment à quelques personnalités fortes qui font partie du cadre. Il y a Van Cauwenberghe, au bras long comme le Danube. Son Sporting, c'est quelque chose. Il y a aussi la dynastie Bayat. Un duo (l'oncle président Abbas et le neveu manager général Mogi) qui n'a pas froid aux yeux. Des déménageurs en col blanc. Dès son arrivée dans le football, le patron a enfoncé des portes à la Ligue Pro, voulant montrer de quel bois il se chauffait. Pas question, pour lui, de se laisser intimider par les gros bras de notre foot. Aujourd'hui, c'est surtout le manager qui fait parler de lui. Une pile électrique, un personnage qui vendrait des frigos aux esquimaux ! Il a fait du Sporting une machine commerciale qui tourne à plein rendement. Sur le terrain, ça roule aussi pour les Zèbres, depuis le début de cette saison. Tout cela ne plaît pas à tout le monde. D'où de nouvelles rumeurs : Charleroi en haut de l'affiche, ce n'est pas vraiment normal. Et maintenant un vrai scandale de corruption présumée. Tout a débuté il y a près d'un an. 28 février 2004Avant le match St-Trond û Charleroi de la 24e journée, les Trudonnaires entraînés par Jacky Mathijssen sont calés dans le ventre mou du classement : ils n'ont plus rien à espérer, plus rien à craindre, leur saison est d'ores et déjà réussie. Les Carolos occupent la 16e place, avec un point d'avance sur Heusden-Zolder et trois sur l'Antwerp. Charleroi s'impose 1-2, grâce à deux cadeaux défensifs exploités par Adekanmi Olufade, et fait la bonne opération du week-end dans le bas du classement. 20 mars 2004Avant le match Charleroi-Westerlo de la 26e journée, le Sporting est toujours dans le viseur de Heusden-Zolder (à quatre points) et de l'Antwerp (5 points). Les Zèbres gagnent 3-1 (buts d'Olufade, Grégory Dufer et Sébastien Chabaud) et se donnent à nouveau de l'air avant de retrouver les places descendantes. 8 mai 2004L'Antwerp s'incline à domicile contre St-Trond (1-2) lors de l'avant-dernière journée. Après le match, l'attaquant anversois Patrick Goots met le feu aux poudres. Il affirme avoir appris de son coéquipier Marcos Pereira (ancien joueur de St-Trond) que Charleroi (désormais entraîné par Jacky Mathijssen) aurait promis une prime de 2.500 euros à chaque joueur de St-Trond en cas de victoire à Deurne. 10 mai 2004L'Antwerp fait parvenir un dossier au procureur fédéral René Verstringhe. La commission d'enquête de l'Union Belge se met au travail, ses membres déclarant notamment : " Sur la base de ce que nous lisons dans la presse, il est normal de chercher à faire toute la lumière sur ce qui aurait pu se passer en marge du match Antwerp-St-Trond ". Des réserves sont aussi émises autour du match St-Trond-Charleroi. 11 mai 2004Le Trudonnaire Thomas Caers affirme que l'Anversois Bernt Evens lui a proposé sa prime de victoire si St-Trond laissait gagner l'Antwerp. Evens contre-attaque : " J'ai demandé à Caers pourquoi son équipe dépensait autant d'énergie dans ce match et il m'a répondu qu'il y avait 3.000 euros à la clé, par joueur, en cas de victoire ". Caers réplique : " Oui, 3.000 euros, c'était simplement notre prime de victoire ". 17 mai 2004Le parquet fédéral auditionne quatre joueurs de St-Trond : Thomas Caers, le gardien Dusan Belic, Désiré Mbonabucya et Peter Delorge. Des Anversois doivent également rendre des comptes : Bernt Evens, Patrick Goots, Marcos Pereira, le secrétaire Paul Bistiaux et le directeur commercial Carl Geeraerts. Un joueur du Lierse est aussi convoqué mais ne se présente pas : Jonas De Roeck aurait dû répondre d'insinuations faisant état d'une prime versée par Charleroi aux Lierrois pour qu'ils battent Heusden-Zolder (victoire 4-0). Toutes ces auditions ne donnent aucun résultat probant. 26 mai 2004Le parquet fédéral classe le dossier mais estime que Marcos Pereira a commis une tentative de falsification du championnat. Geeraerts a signalé à la fédération que, deux jours avant le match Antwerp- St-Trond, Pereira lui avait dit qu'il pouvait " arranger quelque chose " avec son ancien club. Pereira nie. 22 juin 2004L'Antwerp refile le dossier à la commission de contrôle de l'Union Belge et introduit une plainte au civil auprès du parquet de Hasselt. Ce club dit avoir recueilli un témoignage accablant de Gerrit Jacobs (futur membre du conseil d'administration de Beringen-Heusden-Zolder), pour qui Charleroi a faussé la fin de championnat. 30 juin 2004Jacobs témoigne devant le parquet de Hasselt et la commission de contrôle de la fédération : " Chrétien Dierckx, un ami du tennis, m'a confié que Charleroi ne descendrait jamais en D2. Il m'a dit que Charleroi avait acheté sa victoire à St-Trond pour 11.250 euros, et aussi sa victoire contre Westerlo pour 27.500 euros. Dierckx tient ces informations de la personne qui a fait la sale besogne pour Charleroi ". La commission de contrôle met l'affaire en continuation, dans l'attente des résultats d'une enquête plus approfondie par la justice civile. 5 juillet 2004Charleroi dépose plainte contre l'Antwerp et réclame 2,5 millions de dommages et intérêts pour atteinte à sa réputation. 3 février 2005Peter Delorge, Dusan Belic, Thomas Caers, Marcos Pereira, Désiré Mbonabucya, Patrick Goots, Jonas De Roeck et Jacky Mathijssen sont emmenés dès l'aube à Hasselt pour interrogatoire. Ils nient en bloc les suspicions retenues contre eux. 4 février 2005Le parquet de Hasselt décide d'une première arrestation. Luc Nuyttens, un supporter de St-Trond qui n'a aucune fonction officielle dans ce club, aurait servi de convoyeur de fonds partant de Charleroi pour arriver à St-Trond et Westerlo. Cet homme a trois faillites sur le dos et a aussi commis des malversations dans le monde politique. Pierre DanvoyeIMPOSSIBLE DE DESCENDRE EN D2 avec Van Cau et un stade pareil ?