Les Rayures du Zèbre : ce film connaîtra à coup sûr plus de succès que la saison navet du Sporting Charleroi. En cédant ses trois meilleurs joueurs (Onur Kaya : 500.000 euros, Danijel Milicevic : 750.000 euros, David Pollet : 2.000.000 euros), les Carolos ont bien rempli leur portefeuille mais pris de très gros risques sportifs, déjà payés cash contre Ostende. Mais ont-ils aussi vendu la peau de l'ours avant de l'avoir tué ? Le scénario aurait probablement été différent avec l'ancienne équipe. La défaite (0-1) contre les Côtiers inquiète fortement avant un voyage à Lokeren et la visite de deux ténors au Mambourg : le Standard et Zulte ...

Les Rayures du Zèbre : ce film connaîtra à coup sûr plus de succès que la saison navet du Sporting Charleroi. En cédant ses trois meilleurs joueurs (Onur Kaya : 500.000 euros, Danijel Milicevic : 750.000 euros, David Pollet : 2.000.000 euros), les Carolos ont bien rempli leur portefeuille mais pris de très gros risques sportifs, déjà payés cash contre Ostende. Mais ont-ils aussi vendu la peau de l'ours avant de l'avoir tué ? Le scénario aurait probablement été différent avec l'ancienne équipe. La défaite (0-1) contre les Côtiers inquiète fortement avant un voyage à Lokeren et la visite de deux ténors au Mambourg : le Standard et Zulte Waregem. Charleroi compte six points d'avance sur Waasland Beveren (15e), un matelas qui pourrait s'avérer bien maigre si le prochain triptyque tourne au cauchemar. Et, si c'est le cas, Felice Mazzu sera indiqué du doigt, personne n'en doute. Au-delà de ses compétences plus qu'évidentes, cet homme est un saint. Il savait, bien entendu, qu'on dépiauterait son équipe en cas de sauvetage probable dès la fin décembre. Presque tout est à refaire. D'autres, à sa place, auraient éclaté de colère. Ici, malgré des nouveaux venus, il ne peut aller au bout de ses idées. Dommage mais il n'a pas le choix pour ses débuts en D1. Silence ou... Mais, attention, Mazzu peut claquer la porte quand cela ne lui convient plus, comme il l'a prouvé au White Star. Les responsabilités de la baisse de régime actuelle se situent évidemment ailleurs. En ne songeant qu'à ses ardoises, Charleroi risque le hara-kiri sportif. N'aurait-il pas été plus intéressant de continuer la route avec Onur, Danijel et David avant de les vendre en fin de saison ? En se privant d'armes importantes sur le plan sportif, Charleroi indique que les PO2 ne l'intéressent quasiment plus et se résumeront en banc de réglages pour le prochain exercice. Il n'est pas sûr que le public se déplacera en masse pour assister à des joutes transformées en matches amicaux. Et attirera-t-on plus d'abonnés, et même de sponsors pour 2014-15 alors que Charleroi thésaurisera peut-être lors du prochain mercato d'hiver, au plus grand plaisir et profit de Mogi Bayat entre autres ? Charleroi n'est plus qu'une vitrine pour de multiples intérêts. Et il y a gros à parier qu'il faudra longtemps réduire la voilure en janvier, business oblige. Ce système semble en place. L'opération " Carolos are back " est sympathique et même médiatiquement bien pensée. Les loges sont certes bien remplies mais pas les travées du stade et l'absence de confort, et de toit n'explique pas tout. L'échec populaire se précise à l'horizon. Il y a 18 mois, un audit avait révélé que les dettes du club s'élevaient probablement à huit millions d'euros (5 selon d'autres sources), sans compter le prix de la reprise accordé à Abbas Bayat le remboursement des prêts en cours et les pertes d'exploitation. Ces chiffres avaient éloigné des repreneurs potentiels dont Lucien D'Onofrio. De plus, ils craignaient la présence d'autres cadavres dans les placards. Mehdi Bayat a relevé le défi mais les événements de janvier symbolisent le manque de véritable ambition sportive. Même si l'argent est le nerf de la guerre, un club ne peut pas être qu'un compte en banque. PAR PIERRE BILIC