Non, Liverpool Football Club ne règne pas en maître sur la ville, capitale européenne de la culture en 2008. Avec des moyens bien plus maigres, Everton constitue l'épine dans le pied des Reds. En 2005 déjà, les Blues avaient devancé leurs rivaux à la quatrième place du championnat qualificative pour la Ligue des Champions. Mais les Reds s'étaient consolés avec la Ligue des Champions. Cette saison, les hommes de David Moyes ont réalisé une saison exemplaire, luttant jusqu'au bout pour cette quatrième place. Mais cette fois, Liverpool a tenu bon.
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Non, Liverpool Football Club ne règne pas en maître sur la ville, capitale européenne de la culture en 2008. Avec des moyens bien plus maigres, Everton constitue l'épine dans le pied des Reds. En 2005 déjà, les Blues avaient devancé leurs rivaux à la quatrième place du championnat qualificative pour la Ligue des Champions. Mais les Reds s'étaient consolés avec la Ligue des Champions. Cette saison, les hommes de David Moyes ont réalisé une saison exemplaire, luttant jusqu'au bout pour cette quatrième place. Mais cette fois, Liverpool a tenu bon. Pourtant, entre 2005 et 2008, Everton a subi quelques changements. Moyes a voulu une équipe plus technique et a confié les clés de la maison à un Espagnol : Mikel Arteta. Trois ans plus tard, le Basque enchante Goodison Park et pour lui rendre la pareille, les fans lui ont inventé une chanson : He came from Spain to play in the rain, Follow follow follow, Everton is the team to follow, Because there's nobody betta, Than Mikel Arteta, He's the best little Spaniard we knooooo. Tout Liverpool le connaît mais sur le continent, son nom sonne creux. Et pourtant, à 25 ans, Arteta est un précurseur. Celui qui a ouvert la voie des îles à la colonie espagnole qui s'époumone désormais en Angleterre. Lui qui était parti aux Rangers en 2002. Car, rien ne prédisposait ce natif d'Antiguoko, ami d'enfance du médian défensif de Liverpool, Xabi Alonso, d'un jour filer à l'étranger. Mais voilà, son credo, c'est partir à l'aventure sans se retourner. Et jusqu'ici, son chemin d'errance lui a plutôt bien réussi : Barcelone, le PSG, les Rangers, la Real Sociedad et Everton. Un parcours atypique mais qui a de la gueule. A 15 ans, il commença son périple en rejoignant la fameuse Masia, l'école des jeunes du Barça. " J'ai disputé mon premier match à 16 ans. J'ai remplacé Pep Guardiola qui était mon idole et mon modèle par son jeu et son caractère. Tout d'un coup, je me retrouvais aux côtés de Rivaldo, Luis Figo, Patrick Kluivert et Luis Enrique ", explique-t-il aujourd'hui. Pourtant, l'aventure catalane se termina assez vite. Car, comment voulez-vous percer lorsque vous êtes en concurrence avec Xavi, Cesc Fabregas et Andres Iniesta ? Même quand on perpétue la tradition des médians élégants, marque de fabrique de Barcelone. " C'était mon rêve de jouer pour Barcelone mais Xavi est arrivé deux ans avant moi et il y avait toujours Guardiola ". Et comme le gamin n'a peur de rien, il prit le chemin de la France. Et comme il n'a vraiment peur de rien, il choisit le PSG. A l'époque où le club parisien était encore en Ligue 1. Ah, ils y sont encore pour quelques semaines ? C'était l'époque Luis Fernandez. Arteta n'y resta qu'un an et demi mais assez pour disputer la Ligue des Champions. De son passage dans la Ville Lumière, les Français se souviennent de son élégance, de sa vista mais aussi de son abnégation. Et aussi de son manque de régularité. Quoi de plus normal pour un gamin de 18 ans ! Mais le PSG ne sut pas le retenir. Et alors qu'on attendait le retour de l'enfant prodigue au pays, le voilà qui s'envole humer les brumes écossaises. Direction les Rangers pour un montant de 8,6 millions d'euros. Là, il devint l'icône locale, celui qui apporta une touche de génie au milieu des combattants aguerris. " Le football écossais m'a apporté énormément. Lorsque je suis arrivé en Angleterre, je connaissais la science du jeu britannique et l'importance des tacles. Tout cela, je le dois au football écossais ", dit-il aujourd'hui. En passant, sous la houlette d' Alex McLeish, aujourd'hui manager de Birmingham, il empocha le triplé en 2003 (championnat, Coupe d'Ecosse et Coupe de la Ligue). La deuxième saison ne fut pas aussi réussie et ce fut en boudant qu'il retourna se ressourcer (en prêt) six mois à San Sébastian. " Depuis que nous sommes petits, Xabi Alonso et moi avions projeté de jouer ensemble à la Real Sociedad. C'était également l'idée du président lorsqu'il m'a attiré des Rangers mais je venais à peine d'arriver que Xabi signait à Liverpool ". Aujourd'hui les deux amis évoluent pour les deux clubs rivaux de la ville. " Il faut éviter qu'on nous voit trop souvent ensemble en ville. Les supporters n'apprécient pas trop qu'un joueur d'Everton et de Liverpool se côtoient ", ajoute-t-il. Six mois après son arrivée à San Sébastian, Arteta était transféré pour 3,3 millions d'euros à Everton en 2005. En trois ans, il est devenu incontournable. Dans son club mais aussi en Angleterre. Au point d'être le joueur sur lequel on commet le plus de fautes. Il n'en fallait pas plus pour que la chaîne Sky Sports l'élise meilleur médian de Premier League devant Cristiano Ronaldo, Paul Scholes et Steven Gerrard. Ce qui l'autorise de porter le titre peu envieux de " meilleur joueur espagnol à ne compter aucune sélection ". Cela fait trois ans que l'Espagnol n'a plus bougé. C'est beaucoup pour quelqu'un qui a connu cinq clubs en trois ans ! Aujourd'hui, son niveau et ses performances (il fut élu deux années d'affilée joueur de l'année chez les Toffees) l'autorisent à nouveau à boucler ses valises. L'Atletico Madrid lui fait la cour. Mais Everton veut tout faire pour le garder ! par stéphane vande velde - photo: pro shots