Voici dix jours, Rudy Demotte conviait la presse aux "Chantiers du Sport" par lui initiés. Vous suivez la chose sportive bien au-delà des scores et performances, vous ne l'ignoriez donc pas: notre ministre des Sports et son bâton de pèlerin ont pris langue, en six réunions de par la Belgique francophone et profonde, avec quelque 800 personnes se souciant du sport chez nous. Emana des débats un document de synthèse, repensant la politique sportive de notre Communauté: document que R.Demotte souhaitait à présent débattre avec les férus naturels de la pensée sportive que sont les journalistes du même nom. Ou du moins avec ceux qui auraient le temps de venir, car il ne faudrait pas croire qu'il y avait eu autant de demandes d'accréditations que pour un Standard-Anderlecht en finale de la Coupe...
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Voici dix jours, Rudy Demotte conviait la presse aux "Chantiers du Sport" par lui initiés. Vous suivez la chose sportive bien au-delà des scores et performances, vous ne l'ignoriez donc pas: notre ministre des Sports et son bâton de pèlerin ont pris langue, en six réunions de par la Belgique francophone et profonde, avec quelque 800 personnes se souciant du sport chez nous. Emana des débats un document de synthèse, repensant la politique sportive de notre Communauté: document que R.Demotte souhaitait à présent débattre avec les férus naturels de la pensée sportive que sont les journalistes du même nom. Ou du moins avec ceux qui auraient le temps de venir, car il ne faudrait pas croire qu'il y avait eu autant de demandes d'accréditations que pour un Standard-Anderlecht en finale de la Coupe... La convocation disait 10h30, j'y suis venu comme un écolier en mal d'étude. Je croyais que ça durerait une petite journée, vu que j'avais lu le document et qu'il était dense. Et je n'avais pas pris mes tartines, vu que le sandwich sur le pouce serait sûrement fourni et pas dégueu. En fait, ça a démarré à 11h bien sonnées, et ça s'est clôturé dès 12h15 parce qu'il fallait passer à table: même que là-bas, au ministère, ils n'appellent pas ça un déjeuner, mais un "cocktail dînatoire". Leur maniement de la langue française m'a fort impressionné! Le débat fut donc bref, un peu comme si le coup de sifflet final avait immédiatement succédé à l'échauffement. Mais tout bien pesé ce n'était pas grave, vu qu'il est difficile d'aligner autre chose que des avis épars, fussent-ils pertinents, à ce genre de grand messe. L'important pour R.Demotte était que la presse ne se soit pas sentie exclue du processus consultatif; et que le document de synthèse existe noir sur blanc en étant du bon travail. Ce qu'il est.C'est exhaustif, structuré, les gars du cabinet ont bien bossé. Le document répertorie les manquements et bêtises du sport chez nous, en même temps qu'il ouvre des pistes sans rien imposer: pour espérer un jour pratiquer mieux le sport en Communauté française, via l'enveloppe de notre pognon qu'on daignera y consacrer. Je n'ai que deux petits regrets. Le premier est que le document réponde bien à la question "Comment faire du sport?", et mal à la question "Pourquoi en faire?". Quatre des cinq chantiers envisagent la formation, les infrastructures, les institutions, le haut niveau et se demandent COMMENT les améliorer: il s'agit de stratégies par rapport à des obstacles, les obstacles sont bien cernés et les stratégies proposées sont diverses. Ok, rien à redire. Mais le chantier appelé "Ethique ", celui sur lequel devraient s'articuler les quatre autres, celui qui doit nous révéler POURQUOI le sport est chouette, ce chantier-là est resté en friche. Il ne suffit pas de définir les valeurs sportives par défaut, en se penchant sur les dérives unanimement décriées qui ont nom dopage, corruption, affairisme... Si un jour on parvient par miracle à balayer ces saloperies, pourquoi sera-ce alors intrinsèquement bien et bon de faire du sport? Qu'on me l'explique! Il est trop vague de seulement répondre "épanouissement", trop réducteur d'argumenter "santé". J'aimerais qu'on me nuance l'éthique selon que le sport est de loisir ou de compète. Je voudrais connaître les valeurs respectives de l'haltérophilie et du basket, déceler les variantes d'épanouissement personnel selon qu'on choisit le karting ou le ping-pong. Bref: savoir si, une fois ses tares évacuées, le Sport notre idole est monolithiquement et naturellement bon ...ou au contraire si certains sports sont objectivement moins éthiques que d'autres? Là, les Chantiers du Sport me laissent gros Jeunejean comme devant... Deuxième regret, le document de synthèse pourrait s'avérer mort-né: vu que le lendemain, on apprenait que Marc Wilmots serait bientôt sénateur. Ca change tout. Willy the Best va fatalement te révolutionner le sport belge autrement que ce brave politicien de Rudy... PS: Demotte a dit qu'il payait encore le coach de Justine. Stop. Ce fut normal mais ça suffit. Justine a maintenant de quoi nourrir ad vitam Pierre-Yves et leur progéniture future. Que le fric du ministre aille à d'autres gamines pour espérer d'autres Justine.