Pour une fois, l'Italie démarre un tournoi majeur sans être vraiment classée dans les favoris. Après avoir affiché une forme étincelante lors des qualifications, de nombreux éléments donnent à penser que l'équipe de Cesare Prandelli est encore en chantier et qu'elle manquera sans doute de force de frappe.
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Pour une fois, l'Italie démarre un tournoi majeur sans être vraiment classée dans les favoris. Après avoir affiché une forme étincelante lors des qualifications, de nombreux éléments donnent à penser que l'équipe de Cesare Prandelli est encore en chantier et qu'elle manquera sans doute de force de frappe. Le premier match des Italiens aura lieu à Gdansk et les opposera à l'Espagne, une affiche alléchante dès le premier tour. Prandelli croit dur comme fer que son baptême du feu servira sa cause, puisqu'il ne devra pas faire un dessin à ses joueurs pour leur expliquer l'enjeu de ce match. En réalité, l'Italie devra vraiment hausser son niveau de jeu au maximum pour se sortir de ce groupe C. Se qualifier pour les quarts représente pour la Squadra Azzurra une tâche nettement plus compliquée que tous ce qu'elle a déjà accompli de juillet 2010 - lorsque Prandelli fut désigné sélectionneur - à maintenant. En ce moment, on peut même estimer que passer le premier tour et donc éviter l'ignominie de deux revers consécutifs en phase de poules d'un tournoi majeur, serait déjà vu comme positif. On pourrait arguer que l'Italie a dominé son groupe éliminatoire avec 8 victoires et 2 nuls en 10 matches, laissant l'Estonie (2e) à 10 points. Aucune équipe de la Botte n'a réussi mieux en qualifications pour l'EURO et 55 % des supporters italiens estiment qu'ils ont une bonne chance de remporter le tournoi. Néanmoins, leur série impressionnante de résultats lors des éliminatoires a été signée dans un contexte où la Serbie, qui aurait sans doute été le rival le plus dangereux, a été mise hors course après qu'un match à Gênes dut être arrêté après 6 minutes de jeu, un groupe de casseurs serbes ayant mis à sac la tribune. L'UEFA décida de sanctionner la Serbie et accorda à l'Italie une victoire 3-0 sur forfait, un beau bonus inattendu. A partir de ce moment, ils prirent le contrôle de leur groupe relativement faible. Cette équipe qui met l'emphase sur l'attaque et les passes rapides fait-elle réellement le poids ? L'énigmatique Mario Balotelli peut-il compenser l'absence de Giuseppe Rossi ? Et l'Italie peut-elle vraiment se permettre de se baser sur un talent aussi rebelle ? La ligne avant sera le plus grand casse-tête pour Prandelli, quoique le retour d' AntonioCassano juste à temps après son opération au c£ur de novembre 2011 est une bonne chose. Mais il manquera de rythme. Derrière et au milieu, Gianluigi Buffon, Giorgio Chiellini, Andrea Pirlo, Daniele De Rossi et Claudio Marchisio semblent être titulaires presque certains. Leur immense expérience aidera- t-elle l'Italie à se surpasser ? Il est clair que le sommet contre l'Espagne ne sera pas piqué des vers, alors que la Croatie a toujours posé des problèmes à la Squadra - en qualifications pour la CM 1998 et en phase finale en 2002. Mais c'est sans doute le clash avec l'Irlande de Giovanni Trapattoni qui attirera le plus l'attention. Prandelli a toutes les raisons d'être inquiet. PAR PADDY AGNEW (ESM), À ROMEL'énigmatique Balotelli peut-il compenser l'absence de Rossi ?