Le regard de Peter Delorge (26 ans) se trouble quelque peu quand on évoque le match contre Mons. St-Trond s'est incliné 2-0 au stade Tondreau et défenseur a été renvoyé sous la douche par Kris Bellon après deux cartes jaunes légères en l'espace d'une minute. " L'arbitre a été le héros du match ", avait commenté Delorge avec son ironie habituelle, en fin de soirée. Quelques jours plus tard, le capitaine n'a pas encore éliminé toute sa frustration.
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Le regard de Peter Delorge (26 ans) se trouble quelque peu quand on évoque le match contre Mons. St-Trond s'est incliné 2-0 au stade Tondreau et défenseur a été renvoyé sous la douche par Kris Bellon après deux cartes jaunes légères en l'espace d'une minute. " L'arbitre a été le héros du match ", avait commenté Delorge avec son ironie habituelle, en fin de soirée. Quelques jours plus tard, le capitaine n'a pas encore éliminé toute sa frustration. Peter Delorge : Immédiatement après la partie, j'ai téléphoné à un ami pour connaître le commentaire TV lors de mon exclusion. Tout le monde a vu qu'il n'y avait rien. C'est encore plus pénible. On peut analyser la situation sous n'importe quel angle, cette exclusion est ridicule et a faussé le résultat. Après la première exclusion de Sander Debroux, l'organisation est restée intacte. Nous en avions parlé après le match contre Anderlecht, car tout le monde avait quitté son poste, au fil du temps. Mais à neuf contre onze, ce n'est plus tenable. En plus, le premier but de Dahmane est entaché d'un soupçon de hors-jeu. Je me sens volé. J'espère que ce n'est pas le cas. Mon style de jeu me vaut peut-être une certaine réputation, surtout quand j'évoluais au médian défensif, mais il faut nuancer cela. Il s'agit généralement de fautes d'obstruction ou de tirages de maillot, rien de grave mais suffisant pour ralentir le rythme du jeu. C'est un fait : les joueurs des clubs plus modestes commettent plus de fautes, comme je l'ai expérimenté. Enfin, je ne veux pas aller trop loin et remettre en question le niveau de l'arbitrage : l'erreur est humaine et je reste quand même suspendu. Défensivement, le noyau est étriqué, mais cela ne peut plus constituer d'excuse à l'avenir. N'oubliez pas que le transfert du Hongrois Vilmos Vanczák va nous offrir plus de possibilités et que Claude Kalisa va bientôt revenir. En talent intrinsèque, il est sans conteste notre meilleur défenseur, et en plus, il sait diriger les autres. Le retard de condition de Cephas Chimedza est presque refait. Soit dit en passant, quand on le voit à l'entraînement, on peut encore en attendre beaucoup : il est calme en possession du ballon, il a une bonne passe et une bonne vista. La concurrence va maintenir les défenseurs affûtés. En attendant, pourquoi ne pas nous appuyer sur nos qualités offensives ? Pour ne citer qu'eux : Van Houdt, Munyaneza, Stolica, Mbonabucya, Sishuba. St-Trond a rarement eu autant de puissance offensive. C'est du luxe, quand on pense que dans le passé, le club a souvent dépendu d'un joueur comme Filip Fiers. Nous ne devons pas nous accrocher à un système de jeu en particulier cette année. Avec Vanczák, nous pouvons aussi bien évoluer avec trois défenseurs centraux, ce qui nous permet d'aligner un avant de plus. Je mentirais en affirmant n'avoir pas eu de problèmes au début mais j'en cherche les causes en moi-même. J'ai vraiment été en dessous de mon niveau sous Herman Vermeulen. Je m'attendais à tout moment à être renvoyé sur le banc et j'ai été étonné de rester aussi longtemps dans l'équipe. Ensuite, Thomas Caers m'a signifié qu'il m'emploierait surtout à l'arrière droit et je suppose que je vais y rester. Je m'incline. Le capitaine ne doit pas devenir un problème au sein de l'équipe ! Depuis la retraite de Peter Voets, ce poste constitue un problème récurrent. Evidemment, changer de position implique un temps d'adaptation. Pendant la préparation surtout, j'ai manqué de confiance. Un médian a l'habitude de jouer avec des gens derrière lui. Le défenseur n'a pas cette certitude. Il doit donc bannir tout risque de son jeu. Le plus pénible, c'est que des qualités de mon jeu sont subitement devenues des points d'interrogation. Ainsi, le jeu de position a toujours été un de mes points forts mais je dois le retravailler. Les qualités physiques requises sont différentes : sur le flanc, je dois placer de nombreux sprints brefs alors qu'un médian court généralement à un rythme constant. Au début, j'épuisais donc mes forces en début de match. Cela s'est arrangé. De temps à autre, j'essaie de donner des élans offensifs à mon jeu. Disons que je dois pouvoir monter trois fois par mi-temps sans perdre de vue mes tâches défensives. Contre Anderlecht, j'y suis très bien parvenu. J'ai reçu un crédit de temps pour m'épanouir à ce poste et je sens que je progresse à chaque rencontre. Il s'est imposé dans l'entrejeu et se retrouver à l'arrière droit le décevrait beaucoup aussi. La saison écoulée, il a signifié sans ambages qu'il ne se sentait pas bien dans sa peau à ce poste alors qu'il constitue une plus-value sérieuse dans l'entrejeu. Personnellement, j'oscille entre deux sentiments. En Espoirs nationaux, j'ai toujours été aligné à droite de la défense. Mes qualités me vouent peut-être à ce poste, même si ma préférence va toujours à la deuxième ligne. J'espère d'ailleurs reconquérir cette place. Un médian a davantage le ballon, et quel joueur n'en a pas envie ? En plus, il a plus de prise sur le déroulement du match, même si, surtout du temps de Danny Boffin, j'étais surtout l'aspirateur de service et que je devais me contenter de récupérer le ballon et de le renvoyer à un partenaire. Il s'agit d'une année de transition. Le groupe doit enfin être stable et consistant. Appelez ça un retour aux anciennes valeurs. St-Trond doit former un groupe solide et s'appuyer sur une organisation stricte. C'est ce qui explique l'échec de Marc Wilmots, qui voulait développer un football plus technique. St-Trond n'était tout simplement pas prêt pour sa vision. Si nous réussissons une saison convenable, nous pourrons ensuite aller de l'avant. Nous devons pouvoir rééditer ce que Jacky Mathijssen avait réalisé. Caers et Mathijssen ont d'ailleurs un style comparable. Tous deux connaissent bien la maison, puisqu'ils ont joué à St-Trond. Je pense que Thomas peut réussir ici. Il est avide d'apprendre et son ambition est tangible : il veut atteindre quelque chose, y compris pour lui-même. St-Trond ne constitue pas son terminus. Je vois plus loin. C'est pour ça que j'enrage tant d'avoir raté ma dernière saison. Dans ma tête, je joue pour un transfert. Au terme de cette saison, il me restera un an de contrat. Il y aura bientôt dix ans que je joue en équipe fanion de St-Trond ! C'est peut-être le moment de conférer un nouvel élan à ma carrière. Un club moyen des Pays-Bas m'intéressait. Bram Casto me dit beaucoup de bien de Roda JC. Je ne me sens pas brûlé au Staaien, mais plus tard, je me reprocherais de n'avoir joué que pour un seul club durant toute ma carrière. Je suis curieux de voir comment d'autres clubs fonctionnent. BERT BOONEN